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  Sommaire - DVD -  G - L -  Les Disparues
"Les Disparues"
de Ron Howard


Avec Tommy Lee Jones, Cate Blanchett, Eric Shweig
Gaumont Columbia TriStar Home Vidéo

De Ron Howard, le Richie Cunningham des Jours Heureux, on n’attendait pas une telle réussite, un western crépusculaire flirtant avec le Fantastique, voire l’Epouvante. Depuis qu’il est réalisateur, on lui doit le pire (son second film, la comédie Gung Ho est un navet réactionnaire et raciste, et son plus gros succès est l’insupportable Grinch !) comme le meilleur (Apollo 13, Cocoon, Portrait craché d’une famille modèle, le très contesté La rançon qui est aussi un excellent polar urbain, Un homme d’exception qui lui valut l’Oscar du meilleur réalisateur). D’ordinanre, ses films sont en plus de gros succès commerciaux. Sauf Les disparues qui fut un magistral flop, alors qu’il constitue sans problème son meilleur film à ce jour.

A la fin du 19ème siècle, au Nouveau-Mexique, Maggie voit son amant torturé à mort et ses filles kidnappées par un petit groupe d’apaches mené par un sorcier sanguinaire. Ils vont vendre les filles aux bandits mexicains. Maggie part à leur poursuite, aidée par son père, revenu depuis peu pour la voir alors qu’il l’avait abandonnée elle et sa mère pour aller vivre auprès des Indiens. La traque commence et ne s’achèvera que dans le sang et la mort.

Dans les bonus, pas des plus riches mais comprenant quelques brefs documentaires où intervient Ron Howard sur le conception et la genèse des disparues, ce dernier avoue qu’il a toujours été fan de westerns. Ca se voit sans problème, son film rendant un bel hommage à certains des plus grands titres du genre, dont La prisonnière du désert bien entendu. Tourné quasi intégralement en décors naturels, le film bénéficie d’une véracité bienvenue qui se conjugue à un aspect jusqu’ici peu abordé, à savoir le pouvoir mystique des sorciers indiens. Celui des Disparues fait peur : en plus d’un visage ingrat (je suis gentil, là !), il est purement mauvais et semble vraiment posséder des dons « magiques ». La manière dont il tue certains hommes est de la pure barbarie (enfermé dans une peau de bison qui cuit au dessus d’un feu !), qu’il peut aussi appliquer à tous ceux qui se mettent en travers de son chemin. Ron Howard ne cherche pas à prendre la défense des uns ou des autres mais seulement à faire un western digne de ce nom avec les éléments dont il dispose. Ses chevauchées sont brillamment réalisées, ses personnages des plus crédibles, et Les disparues surprend par son formalisme certes classique mais en même temps moderne, qui ne tombera jamais dans un hommage raté au genre comme le fut Silverado mais s’inscrivant plutôt bel et bien dans la mouvance des meilleurs westerns récents, genre ressuscité par Clint Eastwood avec Josey Wales hors la loi, Pale rider et surtout Impitoyable, et confirmé par Kevin Costner avec Danse avec les loups et son excellent Open range. On regrettera seulement des bonus un peu pauvres, mais qui ont au moins la qualité de se révéler intéressants, tant pour les brèves explications de Ron Howard que pour les premiers courts métrages du rouquin, compensant ainsi avec la révélation de deux fins alternatives qui étaient assez ratées, il faut bien le reconnaître pour une fois. En l’état, Les disparues constitue bel et bien la meilleure œuvre signée Ron Howard, qui plus est un western, son genre cinématographique préféré. Chapeau bas, Mr Howard.

Stéphane Thiellement

Note : film : 9/10 DVD : 6/10
Bonus (vostf) : scènes supplémentaires ; betisier ; 2 fins alternatives ; 5 petits documentaires sur les points de vue de Ron Howard ; 3 courts métrages de Ron Howard jeune.



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