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  Sommaire - DVD -  M - R -  Massacre à la tronçonneuse
"Massacre à la tronçonneuse"
de Marcus Nispel

Avec Jessica Biel, R. Lee Ermey, Eric Balfour
Metropolitan Vidéo

Si l’idée d’un remake d’un classique comme Massacre à la tronçonneuse, surtout après trois séquelles qui n’arrivèrent jamais à égaler le modèle (dans l’ordre : la première réalisée par Hooper est une sorte de parodie exagérée et outrancière du premier ; la seconde est, malgré les coupes, la meilleure, retrouvant le côté crade et taré de l’original, avec un Viggo Mortensen des plus convaincants en séduisant taré psychopathe, et qui ressort bientôt en DVD en version intégrale ; la troisième et dernière est une sorte de remake fait par vengeance, puisque réalisée par le scénariste de l’original qui regrettait que tout ne soit pas dans le film dont un Leatherface travesti poursuivant une Renée Zellwigger alors en début de carrière), et produit de surcroît par Michael Bay (réalisateur des Bad boys, Rock, Pearl Harbour, tout le monde n’aime pas...), fit plus l’effet du scandale du moment, le résultat à l’arrivée en laissa plus d’un sans voix car loin d’être un total ratage, ce nouveau Massacre à la tronçonneuse se révèle plus qu’excellent.

L’histoire, on la connaît tous : un groupe de cinq jeunes tombent au cœur du Texas sur une famille de dégénérés pratiquant le cannibalisme, la nécrophilie. L’exécuteur est un colosse armé d’une tronçonneuse et portant le masque de peau d’une de ses victimes.

Quoi de neuf donc ? Un traitement plus moderne sur un plan technique et esthétique, devant beaucoup à son réalisateur venu des clips et de la publicité. Mais là où d’autres n’auraient été que les simples exécutants d’un producteur, Marcus Nispel possède une véritable identité doublé d’une forte personnalité. Le remake de Massacre à la tronçonneuse, il veut qu’on s’en souvienne comme de son premier film, et tout comme le scénariste et Michael Bay, il est hors de question d’en faire un film d’horreur comme tant d’autres, mais bel et bien un hommage à celui de Hooper conjugué à une vision personnelle traduite par d’incroyables séquences purement traumatisantes (le prologue avec l’auto-stoppeuse, la découverte de l’abattoir, la mort des jeunes, etc...) et dépourvues totalement de l’humour de circonstance très à la mode actuellement. Nispel, d’origine allemande, est sur le plateau un vrai fou, une bête de travail qui ne laisse rien au repos bien longtemps. En plus, très cultivé question peinture, il veut associer une certaine beauté visuelle à l’horreur de la situation. Et contre toute attente, ça marche. Dernier point, Leatherface n’a jamais été aussi traumatisant depuis sa création en 1974. En plus, petit hommage à Hooper, on voit pour la première fois son visage qui rappelle une scène de Massacres dans le train fantôme où un masque de Frankenstein cachait un visage encore plus hideux. Tout cela se découvre au fil du déroulement d’un film d’horreur incroyable, putride, gore, très peu coupé dans ses débordements sanglants (une scène l’est vraiment, une émasculation à la tronçonneuse), sérieux, et mené de main de maître par un Marcus Nispel dont on se souvient aujourd’hui (au passage, pour la petite histoire, il avait été embauché pour La fin des temps avec Schwarzenegger avant d’être viré et remplacé par Peter Hyams : maintenant, on peut se dire qu’on aurait eu un tout autre film...) : son Massacre à la tronçonneuse se situe sans problème juste en dessous de celui de Tobe Hooper. Maintenant, il faut aussi saluer une édition DVD qui en fait un Collector mérité. Il y deux morceaux de choix : le premier est un long making-of de 76 minutes qui retrace bien la mise en chantier du projet et surtout qui n’hésite pas à montrer les travers un peu dictatoriaux d’un réalisateur passionné et inspiré par son film. Lors de la scène où Lee Ermey met son flingue dans le bouche de Morgan, ce dernier vomissait systématiquement et on le voit, ce qui constitue pour Nispel un des plus grands moments de sa carrière en plus d’avoir fait cette scène près d’une vingtaine de fois ! Tout est donc montré, disséqué et pour une fois, c’est vraiment passionnant. Second morceau de choix, le reportage sur Ed Gein, un des serial-killer les plus célèbres des USA : là, aucun film ne possède la force de l’horreur que suscite ce documentaire. Cauchemardesque et impressionnant. A noter aussi le prologue et la fin alternatifs où on voit l’héroïne 30 ans plus tard, dans un asile, raconter l’histoire. L’éviction de ces 2 scènes donne au film plus d’impact finalement. Tel est ce DVD de Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel, pas du tout une honte ni une infamie sauf pour les puristes purs et durs conservés dans la naphtaline, mais bel et bien un des films d’horreur les plus terrifiants vus depuis longtemps.

Stéphane Thiellement

Note : film : 9/10 DVD : 10/10
Bonus (en vostf) : 3 commentaires audio dont le réalisateur, les acteurs, michael Bay, etc... ; vidéoclip « suffocate » par Motograder ; auditions de 3 acteurs ; les coulisses d’un massacre : reportage sur le tournage ; scènes coupées commentées ou non par le réalisateur ; début et fin alternatifs ; dessins de la maison et de Leatherface ; documentaire sur Ed Gein ; bandes-annonces.

Marcus Nispel le réalisateur


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