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  Sommaire - Livres -  G - L -  La Tour Sombre-L’intégrale



"La Tour Sombre-L’intégrale"
de
Stephen King

Editeur :
J’ai Lu Grand Format
 

"La Tour Sombre-L’intégrale"
de Stephen King



La Tour Sombre :

Le Pistolero
Les Trois cartes
Terres Perdues
Magie et Cristal
Les Loups de la Calla
Concordence 1 (présenté par Robin Furth)

10/10

Inutile de nous voiler la face, l’événement éditorial de ce début d’année est sans contestation possible la réédition en intégrale du cycle de la Tour Sombre, enrichie par King lui-même, chaque volume bénéficiant d’un réajustement de la traduction ainsi que de nombreuses illustrations pleines pages qui forment un carnet central pour chaque tome. Enfin un équivalent aux éditions américaines, et en attendant une hypothétique nouvelle version du Stardust de Neil Gaiman avec les illlustrations d’origines...........

Qu’est ce donc que La Tour Sombre ??

La Tour Sombre, c’est tout d’abord le rêve d’un jeune homme, pas tout à fait sorti de l’enfance, pas encore rentré dans le monde des adultes, et peut-être pas près d’y rentrer. C’est l’histoire d’un fumeur invétéré, baladant une vieille machine à taper entre ses cours de fac et ses squats improvisés d’étudiant bohémien. C’est l’histoire d’un gamin qui, subissant le même choc que toute la génération Woodstock à la lecture des livres de Tolkien, se promis, lui aussi, de faire également un jour la même chose. Le temps passa, effaçant les rêves de gloire et d’écriture de tous les esprits sauf d’un, Stephen King. C’est qu’entre temps, ce dernier était devenu le monolithe de "L’Horror Story" et n’avait jamais abandonné l’idée de faire son propre "Lord of the Rings", mais pas comme on aurait pu le penser..........

King n’est pas un enfant de Tolkien, il ne veut pas se conformer à une "mimesis", mais produire sa propre oeuvre, son cycle monstre, non pas pour remplacer Tolkien, chose définitivement impossible, mais plutôt laisser à la postérité son propre chant, son testament littéraire en quelque sorte. C’est ainsi qu’il donna naissance, il y a très longtemps de cela, à un récit qui ressemblait à un vieux serial des années 30, un peu à la manière de Howard et certains de ses récits surnaturels se passant dans le grand Far-West. Sauf qu’avec King on aura une histoire basée sur une simple phrase, énoncé de la parabole d’un amnésique et fil d’Ariane d’une quête : L’Homme en noir fuyait à travers le désert, et le Pistolero le suivait... prémisse somme toute des plus simples. La quête se fait sous la forme d’une tentative de ré-appropriation identitaire mais en même temps d’un ré-enchantement, retour à un âge d’or connu jadis. Cet "Entre-deux-monde" est un monde parallèle, et les trois portes qui vont s’offrir à Roland vont inaugurer une quête, une odyssée, où le héros malgré lui fera, tel Ulysse, le recrutement d’un équipage, s’imposant de fait comme le Roi-Pêcheur, pêcheur d’âmes en peine, âmes à la dérive, et en même temps donneur d’une possible rédemption.

Donc, à partir de cette base narrative des plus simple, King va, au grès des années, engendrer une oeuvre puissante, sa propre "Tapisserie à la licorne", une fresque imbriquant espace et temps, un poème au ton résolument moderne planté dans des décors rappelant le Far-West américain et les décors apocalyptiques de Ballard, le tout saupoudré de terreur, de morts, d’espoirs, de défaites, de combats perdus d’avance, d’amours diaboliques et de réparties typiquement populaires propres au style de King. King voulait faire sa propre Odyssée, son poème, mais un dit singulièrement inscrit dans la modernité et par le "modus operandi" d’une narration symptomatique de l’écriture, d’une écriture qu’on pourrait nommer de "Populiste".

King nous joue donc sa propre légende celle de son propre chevalier des temps modernes. Roland, le héros principal, est un autre Roland de Ronceveau, un autre héros, un chevalier poursuivant une quête mystique à travers contrées désertiques, et "urbanités" en déliquescence. Mais ce Roland là est bien particulier, il est un homme de notre époque, on le suppose, d’un autre temps, on le soupçonne au fil des pages (un moyen-âge pour le moins étrange) . Roland traque un étrange personnage à l’apparence puritaine et au port élisabéthain, mais un sorcier en fait, l’homme en noir, Walter, le seul à détenir le secret pour accéder à la mythique Tour Sombre, lieux où se croisent espace et temps, topos de toutes les conjectures relayant en cela la première phrase, axiome du récit, par le substitut d’une construction matérielle et symbolique, Graal de tous les possibles humains.

Le Pistolero (Couverture de Gregoire Hénon, illustrations de Michael Whelan)

Un Pistolero erre dans un désert au milieu de nulle part, marchant sur les pas d’un mystérieux homme en noir. Ce premier volume use d’un style fluide mais méticuleux, comme si King (et c’est le cas) avait pris le temps d’y revenir. La narration, dépouillée et linéaire, évoque ces livres dotés d’une écriture qui même dans leur simplicité la plus évidente peuvent être qualifiés de Livres des bords (Cf Le Livre des sables, une histoire de l’éternité, Borges) , une parabole sur la perte, l’absence, le dépouillement. Dans ce far-west mythique dont les us et coutumes affichées évoquent parfois un autre temps, celui des colons gagnant les terres de peuplement de l’enfance de l’Amérique, Le Pistolero fait la connaissance de Jake, un enfant mort dans une autre réalité des mains même de l’homme en noir. Le Pistolero finira par rejoindre cet Homme en noir qui détient les clefs du mystère de cet eden perdu dont notre héros a parfois des bribes de souvenirs. Mais de se trouver face à face avec celui qui eu sa mère comme maîtresse il y a un prix à encourir. Et c’est le choix douloureux entre Jake et la Tour Sombre qui se posera au Pistolero, être maudit mais quêter l’objet de sa destinée ou abandonner son graal pour la vie d’un enfant. Jake tombe mais l’aura aidé dans son choix, celui de la Tour Sombre. Ainsi, dans un décors apocalyptique, un Golgotha alternatif, L’homme en Noir tirera les cartes au Pistolero, Tarot de sa destinée, Le Prisonnier, La Dame d’Ombre et La Mort, oeuvres qui s’imposeront au destin du Pistolero. Le récit, âpre comme il se doit, s’achève sur la plage ensanglantée par le soleil mourant.......

Geste moderne tout droit issue du Roi Lear de Shakespeare ainsi que du poème narratif de Robert Browning, "Le Chevalier Roland s’en vint à la Tour Noire", ce premier tome du cycle de La Tour Sombre a subit quelques modifications non négligeables qui redonnent de la vivacité au récit un peu juste de la première version. On reste donc toujours autant fasciné par ce récit qui est un peu la pierre angulaire de King, son Lord Of The Rings bariolé et fou, junkie et spaghetti, une fantasy qui aurait pu être filmée par la camera monolithique de Sergio leone, bref tous ces référentiels de "l’autre culture", celle d’un roi populaire des urbanités sans frontières. Espace et Temps s’annulent dans le cycle de la Tour Sombre, pour nous offrir cette fresque d’horror fantasy. Un chef d’oeuvre, tout simplement, un ovni qu’il nous faudra bien quelques années pour en digérer la force et la portée littéraire, dont les textes constitueront, il va sans dire, les poèmes sacrés de nos pauvretés existentielles et Graals du clochard, du dépravé, de ces âmes perdues sans plus aucune autre référence mythique qu’une bouteille de vin, boisson du peuple perdu, oublié, foutu. Grandiose !

Les Trois Cartes (couverture de Grégoire Hénon, illustrations intérieures de Phil Hale)

Le récit commence sept heures environ après la fin du premier tome. Beaucoups d’interrogations assaillent le Pistolero, questionnements sur sa quête, sur la Tour Sombre, sur Jake qu’il a dû abandonner lâchement. Mais bien plus, le Pistolero se réveille et vient de se rendre compte qu’il a été violemment mutilé par des "homarstruosités" pour le moins affamées. L’Homme en Noir, Walter, est ailleurs et Martens, le sorcier sur-puissant, commence à refaire surface dans la mémoire en bribe du Pistolero. L’index et le médius en moins, empoisonné par les mollusques, Le Pistolero part pour le Nord. Il se retrouvera face à trois portes temporelles, trois accès à notre monde par l’intermédiaire desquels il tentera de quêter les trois autres "chevaliers" gagnés à sa cause que les cartes lui ont prédis. De plus, il pourra probablement trouver un élixir pour soigner ses mutilations.......
Il y ramènera un camé des années 80, héroïnomane et paumé du nom d’Eddie, Hodetta Holmes/Detta Walker des années 60, qui sont deux esprits dans le corps d’une seule femme invalide. L’un est d’une grande bonté, plein de fragilité, l’autre est une affreuse et vulgaire folle, obsédée sexuelle et violente, emplie de haine contre le blanc, et qui complote en secret pour la mise à mort d’Eddie et du Pistolero. Enfin, le Pistolero ramènera des années 70 un psychopathe, infanticide et pervers du nom de Jack Mort, bourreau et père symbolique du duo schizophrène d’Odetta/Detta, et que le Pistolero arrache à son époque alors qu’il s’apprête à assassiner devinez qui ???? Jake, le gosse perdu par le Pistolero. Une persépctive qui donnera lieu à un étonnant paradoxe temporel........Hodetta et Detta vont finir par ne former qu’une seule et même personne, Susannah Dean, Jake Mort mourra et Eddie tombera amoureux. Quand au Pistolero, Roland de Gilead, il deviendra le solitaire sans mémoire, un peu comme un personnage à la dérive, loecraftien dans son pathos, pèlerin des ténèbres dans sa quête sans fin de la Tour Sombre, lieu symbolique de la mémoire (contrairement à la Tour de Sauron du Seigneur des Anneaux, qui est le lieu mythique du Dieu du mal) , clef du paradis perdu et but ultime, existentiel de cette troupe de marginaux qui entament dans ce deuxième tome un chemin sur le le mode de l’initiation, l’apprentissage guerrier mais aussi affectif.

Terres Perdues (couverture de Grégoire Hénon, illustrations intérieures de Ned Dameron)

Après une bataille dithyrambique opposant Roland, Eddie et Susannah contre Mir, l’ours gigantesque Robot, les trois Pistolero traquent la bête sur le "Sentier du rayon" qui serait en fait l’un des 6 rayons joignant les 12 portails délimitant les frontières de l’entre deux monde, et dont le centre serait le topos de toute leur quête, La Tour Sombre. S’en suit un épisode intermédiaire à la quête où Roland et ses trois frères d’armes vont, suite à la rectification du paradoxe temporel par "L’Anneau de la parole", et sous les auspices des visages de leurs pères respectifs, s’accomplir dans leurs missions individuelles. Jake adoptera un "bafou-bafouilleux", race de lémurien hybride et dotée de quelques paroles, qu’il nommera Ote. La quête prend son envol dans ce troisième opus, les péripéties augmentant à mesure que le groupe progresse, vaille que vaille, vers la symbolique "Tour Sombre". La troupe rejoint le bourg de River Crossing où Roland sera célébré comme le héraut d’un autre monde, terre perdue, eldorado. Les villageois auront tôt fait de leur indiquer l’existence d’un étrange monorail qui serait supposé rejoindre la Tour Sombre par la route des rayons. Etrange jeu de correspondances, cette ville évoque pour le jeune jake le nom du libraire chez lequel il avait acheté dans son monde des livres et qui se nommait Calvin Tower, l’un est un jeu de devinettes aux pages manquantes, l’autres un livre mettant en scène le train Charlie le Tchou-tchou, et il en est terrorisé. Quand à Roland Gilead, il se rend compte que le diminutif de Charlie, Char, évoque dans le langage de son monde natal, western moyenâgeux alternatif, ni plus ni moins que la mort. Tantine Talitha confira à Roland une croix qu’il devra ôter quand il arrivera devant la Tour Sombre. Dans ce troisième opus, les personnages hauts en couleurs se succèdent, que ce soit le géant David Quick, pilote d’un avion allemand échoué dans ce monde, Gasher, le bandit moribond et détestable, Andrex Quick, descendant de David Quick et surnommé l’homme Tic-Tac, Blane le Mono, entité survivante tapie sous la ville de Lud, Richard Fannin, l’étranger sans âge et démon de l’ancien monde, king nous joue sa petite apocalypse teintée de devinettes, trains fous jeté sur le monde, survivance informatisée, mécaniques secrètes psychopathe. Bref, un livre superbe, dont on sort abasourdi.......

Magie et Cristal (Couverture de Grégoire Hénon, Illustrations de Dave MacKean)

Eddie est un héros. Il a terrassé Blane par un zeste d’absurdité. La troupe échappera donc au train fou et nos héros poursuivront leur périple. Leur train débouche sur une petite ville située en un kansas alternatif, Topeka. Il ont quitté l’entre deux monde pour battre à présent la poussière de cette ville du monde du milieu, dévorée par une grippe meurtrière. Des inscriptions étranges font leur apparition sur les murs évoquant le Roi Cramoisi et commandant à rejoindre le Marcheur. King revient au Fléau, monument de jadis, pour faire vivre les mêmes péripéties à ses personnages. La Tour Sombre se prolonge et on a toujours l’impression de réviser toute l’oeuvre du roi de l’horreur tranquille. Religion Pastorale primitive, personnages emplis de croyances et superstitions (on pense à Carrie par certains aspects) , psychopathes (Jake La Mort) , science-fiction (ours, loups cybernétiques déphasés) , fantastique prophétique (le marcheur, la quête, rappellent furieusement ce monde protestant du Fléau autour du culte de la mère) , King ne cesse de revoir son oeuvre sous l’angle outré et pervers des rapports impossibles. Le fait d’avoir mis en relation des personnages différents à la limite du marginal, est une prouesse tout à fait originale. King invente son monde parallèle où vont errer les mêmes cohortes de marginaux et d’exclus, de monstres (qu’ils soient cybernétiques ou de chair, robe de prêtre, pasteur, pilote nazi issu d’une faille temporelle) en un monde touché par l’entropie. Les archétypes classique sont intelligemment mis en abîme au profit de personnages annexes bien plus riches. Pas de chevalier en armure mais un Pistolero armé de colts, autre image d’Excalibur, un peu comme l’a fait Gemmell avec son remarquable cycle de Bloodstone (les Pierres de sang chez Bragelonne).
Pas de sauveur, mais une nostalgie du Paradis perdu, La Tour Sombre est également très marquée par le pathos Miltonnien.

Les Loups de la Calla (couverture de Grégoire Hénon, Illustrations de Berni Wrightson)

Roland, Susannah, Eddie et Jake poursuivent leur périple. Ils font bientôt la rencontre le long du Sentier du Rayon des émissaires de la vallée de La Calla (un prêtre défroqué, un robot géant et trois fermiers) .
Ils sont touchés dans ce qu’ils ont de plus cher : leur progéniture. C’est que dans ce village à la population anormalement élevée en jumeaux, de mystérieuses créatures, "les Loups de Tonnefoudre", enlèvent tous les 30 ans des enfants à leurs familles, un jumeau de chaque paire en fait. Quelques mois plus tard on les retrouve en train d’errer vers le village, décérébrés, pour, suite à une croissance anormale et disproportionnée, finir par mourir jeunes. Les Pistoleros se verront dans l’obligation de prendre leur défense et de partir à la rencontre de ces mythiques loups dont on dit que la peau est aussi dure que du métal et les yeux des puits en fusion. Dans ce cinquième récit remarquable en tout point, King fait une subtile démarcation avec le déroulement de l’histoire. La Tour sombre est mise un peu en retrait, et ce même si des rencontres vont ouvrir de nouvelles pistes sur cette quête. L’histoire est recentrée sur ces mystérieux loups prédateur aux agissements étonnants. King n’a pas son pareil pour installer une intrigue forte, enivrante, parvenant à nous faire croire à certaines choses, pour ensuite à la fin expliquer l’inverse. Nos protagonistes vont alors entamer une terrible geste contre ces prédateurs redoutables, trouver un moyen d’aller et de venir entre le New-york de 1977 (avec lequel il a pris quelques libertés) et leur dimension. Coïncidences, correspondances romanesques, l’image de la Rose et de son rôle dans cette histoire, est une construction mythique des plus réussie. Quand à Susannah, elle va souffrir d’un nouveau dédoublement de personnalité des plus détonant.

Inutile de se le cacher, cette ré-édition est l’événement de cette rentrée, et ce cinquième volume une réussite narrative totalement aboutie, si bien qu’on est en droit d’espérer beaucoup du tome 6 en Mars 2005 ainsi que du tome 7 pour la rentrée scolaire 2005 (Septembre ou Octobre) , une fin qu’on ne voudrait pas voir arriver, tellement on se sent en communauté dans ce groupe de Pistoleros qui s’en vont quêter un graal sans autres armes que leurs colt à la Sergio Leone, leurs argots, leurs névroses et cet espoir de changer le monde, changer quelque chose du moins, tout en s’acceptant eux-même, s’aimer, et vivre du mieux possible, graal de tous les personnages de King. Par ce cycle, Stephen king nous prouve une fois de plus qu’il est le Roi de la littérature fantastique, et bien plus, Roi de cette "horreur tranquille" célébrée par tant de ses textes. Flirtant avec une Fantasy Urbaine décalée, des ersatz d’une Science-fiction alternative, une fantasy détachée des archétypes classiques, un fantastique "psychanalitique", un langage imagé et populaire, des mythes humanisés et un réalisme à la Dickens, King réalise là l’épopée des marginaux, de ceux qui se cachent en chacun de nous, même au coeur des plus normés d’entre nous, de ces rejetés, griffés, mutilés qui font parfois beaucoup pour le monde. Car si ces Pistoleros sont des héros c’est qu’ils nous ressemblent. La barrière avec le cénacle classique des héros est rompu avec King. Nous avons là les véritables héros de notre ère moderne, sans armure ni cheval, armé de leur gouaille et de leur désespoir, de quelques colts aussi, prêtés par l’accessoiriste de Sergio Leone ou de Clint Eastwood, battant le sol du Far-West légendaire où iront se balader également les archétypes urbains morts et ressuscités, errant de part cette dimension où tout n’est qu’entropie, où tout va vers sa résolution à mesure que la Tour Sombre approche. Une manière de chef d’oeuvre sous la forme d’une Odyssée que n’aurait pu rejeter Joyce ou Paul Auster.

Que dire de plus sur cette intégrale sinon applaudir les éditions J’ai lu pour leur remarquable travail, cette générosité éditoriale d’avoir enfin pu donner un équivalent français aux éditions américaines. Nous pouvons enfin avoir en main ces livres qui, munis de splendides illustrations adaptées à chaque tome, sont de véritables bijoux pour bibliophiles. Espérons qu’il y aura d’autres expériences de ce genre. Car il est quand même triste de constater qu’en tant que patrie du livre et de la Bibliophilie, nos éditions modernes sont des plus risibles au regard des éditions américaines ou anglaises. On attend toujours la version illustrée du Stardust de Gaiman..........

Concordance-1 Le guide officiel des quatre premiers volumes (Présenté par Robin Furth, couverture de Grégoire Hénon)

Au monument il fallait un bréviaire, à cette Bible de nos errances trans-urbaines il fallait une carte bien spéciale. King, aidé de son aide de camp, Robin Furth, nous donne là la référence absolue en matière de topographie, toponymie, personnages de sa fable, Entre-Deux-Mondes, fêtes, notre monde, portails magiques, le tout parachevé par quatre annexes dont la quatrième n’est ni plus ni moins qu’un relevé des 6 cartes réalisées sur l’Entre-Deux-mondes de Roland. Une réussite totale pour ce premier volume consacré au décryptage des quatre premiers tomes. Cela nous donne un éclairage particulier sur la richesse des noms de lieux, des personnages des romans, jusqu’à diverses significations propres à un langage de rue, au langage du monde ancien originaire de Roland, et de l’Entre-Deux-monde. Chef d’oeuvre de concision, d’objectivité et d’originalité tant par sa clarté que par son érudition, cet apocryphe est un commentaire indispensable pour mieux comprendre cette oeuvre de coeur et de tripes sanglantes, bien sûr. Un régal !

Le Pistolero, Les Trois Cartes, Terres Perdues, Magie et Cristal, Les Loups de la Calla, Concordance, Stephen King, Couvertures de Grégoire Hénon, 15 Euros, 19 Euros, 21 Euros, 24 Euros, 23 Euros, 15 Euros, J’ai lu.






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