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  Sommaire - Films -  A - F -  Colette (Id.)

"Colette (Id.) " de Wash Westmoreland

 


Scénario : Rebecca Lenkiewicz, Richard Glatzer, Wash Westmoreland.
Avec : Keira Knightley, Dominic West, Denise Gough, Fiona Shaw.
Distribué par Mars Films – 111 mn - Sortie le 16 Janvier 2019 - Note : 6/10
A la fin du 19ème siècle, la jeune provinciale Gabrielle Sidonie Colette veut s’échapper du giron familial, et épouse son premier et seul amant, l’écrivain Henri-Gauthier Villars dit Willy. Il lui fait découvrir Paris et les fastes des milieux artistiques, ce qui a pour conséquence de développer son propre talent dans le milieu littéraire, ce que repère très vite Willy. Ce dernier lui accord le bénéfice d’écrire des romans, à condition qu’ils soient publiés sous son nom à lui. C’est ainsi que nait « laudine » au succès foudroyant, protrait d’une jeune fille narré dans un style moderne et crû pour l’époque. Mais en plus de subir la rançon anonyme du succès, Claudine supporte de moins en moins les frasques de son mari. S’émancipant de son emprise, elle va vivre sa vie, faite d’aventures et d’expériences de toutes sortes, avant qu’elle ne se décide à sortir de l’ombre et à révéler qui a écrit « Claudine »…
Mettre en images une partie de la vie de Colette en un seul film peut sembler hasardeux, mais si la période est bien choisie, cela peut réussir. En se concentrant sur tout ce qui a entouré les parutions des « Claudine » avec un background assez rapide, et en terminant quasiment juste au moment où Colette reprit ses « droits », cette biographie s’acquitte plutôt bien de sa tâche, aidée il est vrai par une Keira Knightley en parfaite osmose avec son personnage – même si physiquement, elle s’avère bien plus séduisante, mais ceci est un simple point de vue… - tour à tour rebelle, aventureuse, sage, fidèle, curieuse, et surtout possédant un talent artistique qui va bouleverser les codes de la littérature de l’époque, allant sur des chemins où personne n’avait encore été, du moins sur une diffusion aussi publique. Et on découvre alors un portrait fascinant d’une femme en avance sur son temps, peut-être trop modernisé – qui est encore là pour témoigner de tous ces moments perdus aujourd’hui ?... – mais qui s’avère inédit sous cet angle sans tabous, très d’actualité aujourd’hui, ne cachant rien de sa bisexualité, de ses attitudes provocatrices, et dont la seule faiblesse fut ce mari qui usurpa son identité à ses fins, une frustration et une injustice que Colette mit du temps à faire exploser au grand jour, par amour, par gêne, par souci des convenances en ce temps-là... Tout cela aurait pu être une très grande œuvre mais une réalisation trop standardisée, trop littérale, trop sage, voir limite trop terne, empêche « Colette » d’aller encore plus loin, là où avec un tel scénario, on aurait pu découvrir un film que l’on aurait adoré aimer, au lieu de simplement être intéressé.

Stéphane THIELLEMENT

Ce film est également chroniqué par Marc Sessego dans le sfmag No 103 en kiosques le 18 janvier 2018 jusqu’au 18 avril.

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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