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  Sommaire - Films -  M - R -  Mortal Engines (Id.)

"Mortal Engines (Id.) " de Christian Rivers

 

Scénaristes : Fran Walsh & Philipa Boyens & Peter Jackson, d’après le roman de Philip Reeve
Avec : Hera Hilmar, Hugo Weaving, Jehae, Stephen Lang.
Distribué par Universal Pictures International
128 mn - Sortie le 12 Décembre 2018- Note : 7/10

Un futur de quelques siècles, l’humanité s’est détruite en une mystérieuse guerre totale, qui a bouleversé l’ordre des choses. Désormais la Terre est le terrain de chasses des plus grandes mégalopoles d’antan, lesquelles se déplacent telles des tanks titanesques, partant à la poursuite des plus petites cités, qu’elles avalent littéralement, augmentant en même temps leurs population. Ce monde paradoxalement proche d’un univers à la Jules Verne est gouverné par Thaddeus Valentine, le créateur de ces titans de métal comme l’est Londres, la plus puissante de toutes les villes mobiles. Mais un jour, en absorbant une plus petite ville, Londres va connaitre enfin celle qui va révéler le vrai visage de Valentine. Car Hester Shaw a vu Valentine tuer sa mère et n’a plus qu’un but dans sa vie, la vengeance. Et même si tout ne se passe pas comme prévu, Hester va allumer la mèche qui va enfin faire exploser ce monde qui perd de plus en plus son humanité…
Ok d’accord, quand on voit le nom de Peter Jackson, l’espoir renait dans le monde du cinéma de rêve, grandiose, époustouflant, extraordinaire, et ce depuis ses films les plus intimes à ces géants qui ont fait sa renommée, ces chefs-d’œuvre que sont « Le Seigneur des Anneaux », « King-Kong », « Le Hobbitt », et même « Fantômes contre fantômes ». Dans le cas présent, il produit, il scénarise avec ses partenaires habituels le film, mais laisse les rênes à celui qui a été un des responsables des story-board et effets spéciaux de ses films, à savoir Christian Rivers. Donc de tout ça, une immense impatience prenait place dans l’âme des amateurs de blockbusters dignes de ce nom, en attendant le retour de James Cameron, et… Et force est d’avouer que visuellement, c’est scotchant. Ces villes – chars d’assaut « Leviathanesques » aux détails simplement… Géniaux, et encore le terme est faible, constituent évidemment le morceau de choix du film. Le look ensuite très « old school » de ce futur, qui fait plus penser à l’imagination d’un Jules Verne qu’à celle d’un George Lucas, paradoxalement rajeunit une science-fiction qui a encore du mal à surprendre parfois. Donc pour tous ces aspects, « Mortal Engines » remporte haut la main la palme du plaisir de geek et du simple quidam qui va aussi au cinéma pour être bluffé, émerveillé, emporté dans un ailleurs très loin de notre temps et de nos repères. Mais même avec les meilleurs pour restituer ce nouveau monde, sans le facteur humain, la sauce perd de sa saveur, et c’est là qu’est le bât qui blesse du film : les enjeux sont parfois obscurs (les Londoniens qui assistent aux « chasses » des autres villes comme à des jeux du cirque et qui par la suite, se mélangent aux autres populations), mais surtout certains personnages sont fades tels que le comparse d’Hester Shaw aux faux airs d’Eddie Redmayne, et surtout, on retombe dans des clichés du film de SF post-apocalyptique recentré sur les adolescents (« Le labyrinthe », « Hunger Games »…) qu’on en est très vite détaché, mais sans pour autant oublier qu’il s’agit de Peter Jackson derrière cette monumentale machine, et qu’on a connu le néo-zélandais bien plus rigoureux dans la richesse de ses personnages qu’ici ! Ca plus – pour finir – des références à d’autres films, parfois réussies – tel Shrike, véritable cauchemar sorti des enfers, très fortement inspiré par Terminator -, parfois moins, annihilent du coup l’identité de « Mortal Engines ». Alors oui, dans l’ensemble, c’est une bouffée d’air pur au milieu d’un monde surdominé par les super-héros Marvel & DC, mais on attendait tellement vieux de la part de ses créateurs, qu’on en revient pas aussi dithyrambiques qu’on le souhaitait. C’est du beau, du lourd, mais il manque cette magie pour faire du film une nouvelle réussite d’un des plus grands noms du 7ème Art actuel.

Stéphane THIELLEMENT

Important dossier sur ce film dans le numéro 103 de science fiction magazine à paraître autour du 15 janvier 2019. Avec des interviews de Peter Jackson et de toutte l’équipe du film.

Lire 2800 chroniques de films dans le livre d’Alain Pelosato :
123 ans de cinéma fantastique et de SF : Essais et données pour une histoire du cinéma fantastique 1895-2019



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