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  Sommaire - BD -  Springald

"Springald " de Kazuhiro Fujita

L’inspecteur Rockenfield se rend au Black Museum, une aile étrange de Scotland Yard où sont entreposés de nombreux artefacts insolites. Il enquête sur Springald, alias Jack Talons Ressorts, un monstre qui a terrorisé Londres en 1837. Celui-ci agresse sexuellement des jeunes femmes. Le criminel ayant disparu de lui-même au bout de six mois… refait surface trois ans plus tard mais cette fois, pour meurtre ! Ce qui avait des allures de farce a pris un tour macabre : les victimes, toutes des femmes, sont retrouvées éventrées... Tout conduit à accuser Walter de la Poer Strade, un riche aristocrate espiègle et impertinent.

Ce manga est un one shot steampunk au trait nerveux et dont le charadesign fait écho aux anciens mangas que la France a connu dans les années 80/90. Les planches sont denses, ne sont jamais vides et ne font pas brouillon. Cela malgré la pluie londonienne. Les décors sont très réalistes et le background historique est bien là. La narration est claire et ne souffre jamais de baisses de rythme. Il s’agit d’une mise en abîme : l’enquête sur le meurtrier Jack est narrée par l’inspecteur Rockenfield à la conservatrice du Black Museum. A chaque début de chapitre, on la voit donc attendre impatiemment la suite de l’histoire. Le lecteur peut s’identifier aisément à elle, tandis que pour l’inspecteur, Fujita applique une excellente vue à la première personne : c’est comme si nous étions dans son corps comme on ne voit que ses mains.
Springald, est un un projet ambitieux et très différent de ce que avait proposé le mangaka jusqu’à présent (essentiellement des shonen d’aventures), puisque qu’il nous offre ici un seinen sombre et fortement documenté sur les légendes urbaines de l’époque victorienne.
A noter par exemple que le Black Museum existe bel et bien,et reste réservé aux professionnels de la police et de la justice. Les chapitres du manga sont entrecoupés de ’La Gazette’, des pages journalistiques (façon bulletin du Black Museum écrit par l’écrivain et traducteur Katsuo Jinka ) traitant du cas Jack Talons Ressorts (Jumping Jack en Angleterre) et se basant sur les faits du moment.
En fin de volume, une histoire bonus « Springald Legacy, Mother Goose » ( en référence à l’ensemble de contes et poèmes britanniques de Ma mère l’Oie) met à l’honneur la nièce de Poer Strade, toute aussi intrépide, qui souhaite se venger d’un photographe peu scrupuleux l’ayant fait poser nue.
La collection "Black Museum" se poursuit toujours au Japon, au gré des envies et inspirations de Fujita. De même qu’en France avec la parution d’un récit en deux tomes, Ghost & Lady. L’édition soignée de Kioon rend parfaitement le coté mystérieux et vintage du volume. La jaquette a un toucher granuleux, des dorures, des bords faussement usés.
Pari réussi pour Fujita qui réinterpréte ce mythe avec brio et minutie. A découvrir absolument.

Virginie Liégeon

Springald de Kazuhiro Fujita – Edition Kioon – septembre 2016 – 8,65 euros – 13 x 18 cm – 248 pages noir et blanc dont 4 pages couleur – sens de lecture japonais – à partir de 14 ans



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