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  Sommaire - Livres -  G - L -  Le dit d’Aka / Le nom du monde est forêt



"Le dit d’Aka / Le nom du monde est forêt "
de
Ursula Le Guin

Editeur :
Livre de Poche
 

"Le dit d’Aka / Le nom du monde est forêt "
de Ursula Le Guin



Le dit d’Aka

Sur Terre, on vit le futur d’un peuple qui a renié son passé.

Il y a des centaines de milliers d’années les Hains ont colonisé de nombreuses planètes dont la Terre. Mais suite à l’anéantissement de la civilisation « hainienne » les mondes peuplés d’humains se sont retrouvés isolés. La plupart ont oublié que d’autres planètes abritaient des êtres intelligents similaires à eux. Puis est apparu l’organisation de l’Ekumen cherchant à renouer avec toutes les anciennes colonies hainiennes.
Or suite au contact avec l’Ekumen la planète Aka a subi de profonds bouleversements politiques. Le pouvoir autoritaire a décrété la destruction des livres afin d’éradiquer l’écriture ancienne qui représentait un obstacle au progrès.
Désormais, les habitants de la planète Aka ne disposent plus que d’une seule langue et se sont vu interdire la religion.
C’est sur ce monde que se rend Sutty. Venue de la Terre qui a elle-même récemment connue une période obscurantiste cette observatrice de l’Ekumen cherche à découvrir les fragments enfouis de l’ancienne culture d’Aka
Appartenant au cycle de l’Ekumen, ce roman (1) s’inspire visiblement de la révolution culturelle chinoise.

(1) prix Locus du meilleur roman de science-fiction en 2001

Le Nom du monde est forêt

Malgré les fausses « directives », les gars de Central ne se laisseraient pas abattre en essayant d’utiliser de « petites armes de poing » d’autodéfense. Ils avaient des lance-flammes et des mitrailleuses.

Le capitaine Davidson exerce avec fierté sa mission consistant à prélever du bois sur la planète forestière « Athshe » rebaptisée « Nouvelle Tahiti ». Pour cela, ils utilisent la main d’oeuvre locale. Les Asthéens (des humanoïdes d’un mètre de haut) sont affectés à l’abattage. Or un des subordonnés de Davidson lui a expliqué que dans ses cours d’Histoire, il avait appris que l’esclavage n’avait jamais marché et ne donnait pas de bons résultats. Mais Davidson a aussitôt rectifié. Ce serait de l’esclavage si les travailleurs étaient humains. Or, ce n’est pas le cas. De toute façon, les natifs capturés sont membres du « Corps de Travail Autochtone Volontaire ».
Davidson ne croit pas que les natifs qu’il a baptisés « Créates » soient des êtres humains. Certes, on rencontre des humains non-terriens dans de nombreux mondes. Mais Davidson refuse de croire ceux qui affirment que le peuple de la planète Hain a jadis colonisé de nombreuses planètes dont la Terre. Pour lui, il est évident que le peuplement n’a pu venir que de la Terre, berceau de l’humanité, sans doute au temps de l’Atlantide. Ceux qui affirment que les Créates sont des descendants d’humains ayant évolué différemment pendant des centaines de milliers d’années sont des traîtres à la race humaine !
De toute façon, Davidson doit se rendre à l’astroport où viennent d’arriver plusieurs centaines de Terriennes devant servir d’épouses, sans oublier les « récréatives ». À son retour, il trouve l’exploitation forestière dévastée. Les autochtones se sont révoltés.
Les officiels du vaisseau spatial qui vient d’arriver semblent croire qu’il serait responsable de cette situation. Ridicule ! De plus, ce sont les humains non-terriens (traîtres à l’espèce humaine) qui voudraient porter un jugement sur ses actes !

Ce roman (2) met en évidence la notion d’humanité. Les colons terriens refusent aux Créates le statut d’être humain, ce qui permet leur esclavage. De leurs côtés, les Asthéens ont élaboré une société extrêmement pacifiste. Se tuer entre eux constitue un tabou qui ne peut être violé que par un fou. Faire la guerre aux envahisseurs serait inconcevable. Ils ont parfaitement compris que les nouveaux arrivants « umins » appartiennent à la même espèce qu’eux. Aussi, cela a nécessité un long cheminement mental pour cesser de considérer les Terriens comme des êtres humains. Ce sont des animaux, ils peuvent donc désormais être tués.

Précisons que l’anthropologue Alfred Louis Kroeber, le père d’Ursula Le Guin, étudia le cas du dernier Indien Yani. Ce dernier ne donna jamais son véritable nom. Aussi, Alfred Kroeber le dénomma « Ishi », ce qui signifie « homme » dans le langage Yani.

(2) Prix Hugo du meilleur roman court en 1973

Damien Dhondt

Auteur : Ursula Le Guin, Couverture : Jackie Paternoster _ Le dit d’Aka _ Titre original : « The telling », 2000 _ Traduction : Pierre-Paul Durastanti _ Le nom du monde est forêt _ Titre original : « The Word for World is Forest “, 1972 _ Traduction : Henry-Luc Planchat _ Edition Livre de poche _ juin 2005 _ Réédition, poche, 544 pages _ 9,10 euros






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