SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No102
102
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - TV -  SF et séries télé

Article précédent :
4e convention des séries télé de SF

SF et séries télé

Article suivant :
Tru Calling

EN SÉRIE

Par Nathalie Rebatet

Il n’y a pas que le cinéma pour faire la part belle à la science-fiction et au fantastique. Dès les années 50, les extraterrestres et monstres de tout poil sortent des salles obscures pour intégrer notre quotidien. Au fil des époques, des séries riches en suspens et en émotions se construisent une place dans le paysage télévisuel. Parmi elles, des incontournables et toujours des surprises d’imagination et de fantaisie.

« Les envahisseurs. Ces êtres étranges venus d’une autre planète. Leur destination : la Terre. Leur but : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout a commencé par une nuit sombre, le long d’une route solitaire de campagne, alors qu’il cherchait un raccourci qu’il ne trouva jamais. ». Voilà une rengaine hypnotique aux allures de leitmotiv d’anthologie. S’il n’a pas hanté vos esprits, le thème des Envahisseurs (The Invaders en version originale) de Dominic Frontiere vous est au moins familier. Il s’impose comme la marque de fabrication de ses créateurs, Larry Cohen et Alan A. Armer. Série emblématique du boom ufologique aux Etats-Unis dans les années soixante, Les Envahisseurs développait une histoire inquiétante d’invasion extraterrestre sur fond de complot. David Vincent ouvrait la voie à des générations de séries de science-fiction. Plus précisément, la série fantastique fait son apparition dans les années 50. Véritable petit film d’une durée de 50 minutes en moyenne, elle puise son inspiration dans différentes nouvelles et romans de science-fiction. Les pulps, des magazines recelant des trésors d’imagination et la culture populaire constituent une manne cathodique fabuleuse. Des standards de la littérature de science-fiction sont également revisités et rafraîchis. En 1958, L’homme invisible (The Invisible Man en version originale) d’H.G Wells reprend du service en noir et blanc sur le petit écran. Ralph Smart lui concocte de nouvelles aventures sur mesure. Tim Turner incarne ce personnage mythique qui décide sagement d’employer son pouvoir à des fins gouvernementales. La série trouve rapidement son public et cultive un mystère hors champ ingénieux en ne dévoilant ni le visage de son acteur principal ni son nom dans le générique. L’identité de l’homme invisible ne sera révélée par la presse qu’après un long suspens. La série télé s’attaque donc à un florilège de thèmes fondateurs et originaux de la science-fiction. Les scénarios sont souvent recherchés et soignés. La qualité esthétique optimisée par de nouveaux moyens techniques est mise au service d’approches allégoriques intelligentes de nombreux sujets de société. Pour notre plus grand plaisir, la série se griffe et de grands réalisateurs tels que Richard Donner ou Robert Zemeckis, le père de la trilogie Retour vers le futur mettent leurs talents et leurs philosophies à profit. Côté casting, la série nous réserve aussi de bonnes surprises. Des grands noms du cinéma hollywoodien tels que Brad Pitt, Demi Moore ou encore Kirk Douglas se sont amusés dans des rôles à contre-emploi dans Les Contes de la Crypte (Tales from the Crypt en version originale). Phénomène plus récent et en vogue, des « guest-stars » de prestige s’inscrivent au générique le temps de quelques épisodes. Christopher Reeve par exemple, le Superman du grand écran, prête occasionnellement ses traits à un personnage de Smallville. Cette initiative lui permet de rencontrer son émule du petit écran, Tom Welling qui interprète Clark Kent adolescent.

DES PETITS HOMMES VERTS

Bref la série devient en quelques années un genre majeur qui mérite amplement qu’on lui rende hommage. Parmi les thèmes traités par une profusion de séries, les épopées spatiales font les beaux jours de la télévision des années 60. Star Trek de Gene Roddenberry propose une science-fiction humanisée et devient une référence absolue. La série déborde des écrans de télévision et draine de nombreux fans. La série culte est née. Plusieurs séries dérivées de l’original Star Trek, Star Trek Next Generation, Star Trek Voyager, Star Trek Enterprise et Star Trek Deep Space 9, connaîtrons le succès dans le sillage de leur aînée. En 1965, Perdus dans l’espace (Lost in space en version originale), une déclinaison familiale de la science-fiction, explore le quotidien spatial d’une famille. Une décennie s’est écoulée, en 1975,c’est Cosmos 1999 (Space 1999 en version originale) vit ses heures de gloire. Les années 80, elles, sont propices au space opera V : Les visiteurs. Le créateur Kenneth Johnson se distingue en offrant une science-fiction vulgarisée et uniquement métaphorique pour illustrer la résistance. Dans les années 90, Babylon 5 et Farscape prolongent le rêve futuriste. Et les extraterrestres dans tout ça ? Les créateurs de série savent que le mystère fascine et dans la terminologie télévisuelle, ils sont un ingrédient du succès. Les petits hommes verts ne sont donc pas en reste et leur présentation varie sensiblement d’une série à l’autre. En fait, ce sont surtout leurs intentions qui divergent. De l’invasion extraterrestre étouffée par un complot international aux extraterrestres teenagers de Roswell (Roswell High en version originale), l’éventail de situations est large.

Mais les téléspectateurs sont friands de conspiration mondialisée et le filon est largement exploité. Les Envahisseurs ont donné le ton, X-Files exacerbe notre penchant paranoïaque en montant une histoire de complot oppressante dans une ambiance de faux-semblants et de révélations vertigineuses. Dark Skies, l’impossible vérité (Darkskies en version originale) joue sur le même registre et Chris Carter, non content de nous avoir inquiétés avec X-Files reprend le thème de la conspiration qui lui est cher avec Millenium. « Panaroia is a good thing ! » explique-t-il. Des extraterrestres aux super héros, il n’y a qu’un pas à franchir et les personnages des comics sont aussi intéressants à mettre en mouvement pour la télévision. Batman, L’incroyable Hulk (The Incredible Hulk en version originale), Wonder Woman (The new original Wonder Woman en version originale), nombre d’entre eux prennent vie sous les traits d’acteurs qui mettent toute leur conviction dans des cascades de plus en plus époustouflantes. Superman continue de sauver des vies dans Loïs et Clark, les nouvelles aventures de Superman et les progrès des effets spéciaux le rendent plus vrai que nature dans Smallville.





DES HEROÏNES

Les années 60 marquent l’apparition de nouveaux héros aux pouvoirs diverses et variés. Steve Austin est L’homme qui valait trois milliards et sa copine Super Jamie est la preuve que les femmes fortes ont droit de cité. Les facultés extraordinaires et les responsabilités logiques qu’elles imputent ne sont pas une exclusivité masculine. Toute une génération d’héroïnes a la cote auprès du public. Les femmes se démènent autant que leurs homologues masculins pour sauver le monde des griffes de toute une panoplie de monstres à vous coller des sueurs froides. Pour autant, l’humour n’est pas absent et agrémente souvent les situations et les dialogues. Buffy, la Tueuse, repousse la menace vampirique dans la série éponyme Buffy contre les vampires (Buffy the vampire slayer en version originale) tandis que Max, génétiquement modifiée est plus sombre mais tout aussi prête à donner des coups de main dans Dark Angel de James Cameron. Plus proche de nous mais quand même détentrice de visions prémonitoires, Samantha Waters, elle, se charge de traquer des tueurs en série dans Profiler. Bien sûr Steve Austin n’est pas le seul représentant de la gente masculine dans la lutte contre le Mal. Angel, le vampire de Buffy a sa propre série Angel, un spin-off ou dérivé en français, également conçu par Joss Whedon. L’action ne se situe plus à Sunnydale mais à Los Angeles et l’univers recréé y est plus noir et plus violent. Plus humain, le non moins génial Jarod du Caméléon (The Pretender en version originale) ne rechigne jamais à faire acte de générosité même s’il passe le plus clair de son temps à échapper au Centre. En réalité que du beau linge et de quoi se dire que le monde est en sécurité pour un bon moment. Autre fil conducteur de prédilection, le voyage est une matière première très riche à partir de laquelle des intrigues imaginatives sont élaborées. Sliders, les monde parallèles (Sliders en version originale) s’articule autour d’une idée de départ de Tracy Tormé et Robert K. Weiss : le voyage inter dimensionnel. Cette thématique sous-entend une infinité de possibilités pour les nouveaux mondes visités par les protagonistes. Mais bien avant Quinn Mallory, le héros de Sliders, Au cœur du temps (The time tunnel en version originale) mettait déjà en scène des personnages remontant le temps et assistant aux grands évènements historiques. Leur voyage temporel s’effectuait grâce à une machine extraordinaire appelée Chronographe. De 1989 à 1993, Scott Bakula dans la peau du scientifique Sam Beckett prend le relais. Cette fois, son âme est seule à traverser les époques marquantes et chaque épisode correspond à une identité différente. Cette originalité, une bonne dose d’humour et de bons sentiments remportent sans mal l’adhésion du public. Produit d’un point de vue plus pessimiste et typiquement « Chris Carterien », dans Harsh Realm, il est question de voyage virtuel et d’univers militaire au premier plan. Vous l’aurez compris, la série a gagné ses lettres de noblesse dans la variété de tons et de mises en scène. De la pure science-fiction au fantastique, en passant par l’épouvante avec des créations aussi intrigantes que The Crow, starway to heaven ou Poltergeist, les aventuriers du surnaturel, la télévision comme le cinéma a ses classiques. Des « top of mind » connus sur le bout des doigts par les fans et reconnus par une majorité de téléspectateurs. La Quatrième dimension (The Twilight zone en version originale), Au-delà du Réel (The Outer limits en version originale) ou Les Envahisseurs sont autant de pionniers d’un genre faste qui figurent aujourd’hui dans le patrimoine télévisuel. Les séries sont adaptées au cinéma et les films trouvent des prolongements à la télévision. Des productions comme La Planète des singes ou actuellement Stargate SG-1 offrent une continuité à des aventures cinématographiques pleines de possibilités. En d’autres termes, la vague série déferlera encore longtemps sur les ondes herziennes. Et c’est plutôt une bonne nouvelle car c’est une vague pleine de promesses et de surprises. Tout ce qu’on aime. Alors sachez que « ce n’est pas une défaillance de votre téléviseur. ». « N’essayez pas de régler l’image », la série fantastique est encore là pour un bon bout de temps. Le public va pouvoir continuer de « partager les angoisses et les mystères qui gisent dans les plus profonds abysses... »... au-delà du réel.

Voir également dans la rubrique "TV" des dossiers sur les séries télé :

X-files - Disparitions - Tru Calling - Battlestar Galactica 2003




Retour au sommaire des infos TV

S'inscrire à infosfmag
Adresse du service :fr.groups.yahoo.com