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  Sommaire - BD -  Platinum End Tome 1

"Platinum End Tome 1 " de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

 

Mirai Kakehashi, un étudiant japonais contemporain, ne supporte plus sa vie sans bonheur. Il décide alors de se suicider en sautant du toit d’un immeuble. Tandis qu’il se jette dans le vide, il est rattrapé par un ange. Le garçon n’est pas impressionné et souhaite simplement mourir. L’ange lui propose alors de lui offrir ses pouvoirs et conclu un marché. Doté d’ailes et de la flèche de l’amour, il se sent revivre... jusqu’à ce que l’ange lui annonce que l’oncle et la tante qui l’élèvent sont les commanditaires du meurtre de ses parents. Il utilise donc ses nouveaux pouvoirs pour se venger, mais il est rapidement effrayé par leur portée. C’est ainsi que l’ange lui explique qu’il fait désormais partie d’une lutte divine où dieu lui-même démissionne de son poste. Treize anges sont en conséquence chargés de se trouver un poulain humain afin d’entrer dans une compétition de 999 jours au bout desquels le vainqueur se verra promu Dieu. Mirai va devoir user de toute son intelligence pour s’en sortir.

Ce manga est la nouvelle série des auteurs de Death Note. Elle est donc très attendue internationalement.
On reconnaît immédiatement la patte des auteurs dès les premières cases. On ne peut s’empêcher de tenter la comparaison avec Death Note, surtout lorsqu’apparait le héros : Mirai ressemble beaucoup physiquement à Kira. Mais l’analogie va vite voler en éclat (et nous rassurer) : Mirai semble n’être qu’un pleutre, bien qu’il paraisse très intelligent. On s’attend donc à voir évoluer un personnage très intéressant. De même, l’ange pourrait être l’exact opposé de Ryuk : ici l’ange est blanc, aux traits féminins très plaisants. Elle semble même un peu niaise... mais sans doute pour mieux cacher son but.
Coté scénario, on retrouve de nombreux clichés japonais : l’étudiant solitaire qui pense au suicide (En 2013, 27 300 personnes se sont données la mort au Japon. Cela correspond à une moyenne de 75 suicides par jour, pour des raisons variées. Même si ce chiffre a tendance à diminuer ces dernières années, le taux de suicide reste très élevé par rapport aux autres pays. D’autre part, le fait que le suicide soit la première cause de mortalité chez les 15 à 39 ans représente un réel problème. Le suicide des jeunes de 15 à 34 ans en particulier, première cause de décès de cette classe d’âge, est propre au Japon parmi les pays du G7.), les jeux mortels entre candidats à la Battle Royale, et plus loin les super-héros habillés comme des mécha (ici Metropoliman en fin de volume). Cela donne une impression de réalisme pour les fans et cela contrebalance totalement l’idée farfelue de Dieu qui démissionne de son poste !
Le manga s’avère être rapidement plus mature que son prédécesseur : vengeance, filles dénudées, sexe, meurtres... On voit tout de suite que la série est destinée à un public plus adulte. Ce qui ne fait qu’augmenter l’anticipation.
Platinum End propose une réflexion sur la responsabilité, le vivre ensemble et le respect d’autrui. La finesse du trait de Takeshi Obata et la fantaisie funèbre de Tsugumi Ohba sont bien au rendez-vous pour nous offrir une nouvelle série fantastique (dans tous les sens du mot) et encore plus sombre.

Virginie Liégeon

Platinum End tome 1 de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba – Editions Kazé – mai 2016 – sens de lecture japonaise – noir et blanc - 192 pages – 6,99 euros



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