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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Le Massacre des Morts-vivants (1974)

"Le Massacre des Morts-vivants (1974)" de Jorge Grau


 


Ce film a été tourné 6 ans après la sortie du film La Nuit des Morts-vivant de George A. Romero. Plusieurs scènes de ce Massacre des Morts-vivants sont tournées de telle manière à montrer au spectateur que le réalisateur rend hommage à Romero. Il reprend les thèmes de Romero : les morts reviennent à la vie à cause d’une pollution, à cause d’une activité humaine néfaste…
Jorge Grau est espagnol. Le film est une coproduction italo-espagnole-anglaise… très vampirisée par les Italiens. Il est sorti en salles dans de nombreux pays et donc affublé de nombreux titres aussi divers que variés.
Venons-en au film.
Le premier plan est très joli avec un beau mouvement de la caméra. Mais le reste ne sera pas toujours du même niveau.
Et puis alors, dès le début, il y a, ah ! horreur ! une MACHINE qui envoie des ONDES…
Dès le début un petit hommage à Romero avec une jeune femme dans une voiture attaquée par un mort-vivant. Zombie que l’on retrouvera presque tout au long du film.
En général les acteurs ne sont pas bons à part le jeune homme, personnage principal du film, et dans une moindre mesure la jeune femme.
Comme il y a des morts violentes, la police s’en mêle avec un « commissaire » très borné. Ils l’appellent « commissaire »… Est-ce ainsi qu’on appelle ce genre de flic en Angleterre où se situe l’action du film ?
De fait, le scénario est très malin et habile (mais peut-être un peu lourd quand même) et fait en sorte que jamais le flic en question n’aperçoit le moindre mort-vivant, et persiste donc à croire que c’est le jeune le responsable de tous ces morts, victimes des zombies…
L’hôpital a l’air d’un château hanté alors qu’à l’intérieur il est très moderne. On ressent trop bien le tournage en deux lieux différents. Les zombies sont un peu ridicules. Le responsable des effets spéciaux utilise beaucoup les abats d’animaux, et tout cela est plus dégoûtant qu’effrayant. Enfin, les zombies s’enflamment comme de la paille. La fin est trop facile.
Je sais j’entends dire : « mais à cette époque ». Soit ! Le film mérite d’être vu, car c’est le précurseur du genre en Europe… Il sera suivi plus tard des chefs-d’œuvre de Lucio Fulci, qui n’ont, je crois, rien à devoir à ce film. A part, peut-être, Zombi 3 sorti en 1988 (qui a aussi d‘autres titres) dans lequel des produits chimiques zombifient les gens sur une île avec de méchants militaires comme dans Le Jour des Morts-vivants de Romero, sorti trois ans plus tôt. Un des plus mauvais films de Fulci… On ne peut pas toujours être bon.
Comme toujours aux éditions Artus films (ici en compagnie de Studiocanal) le supplément est particulièrement intéressant, avec David Didelot, qui récite sans erreur et sans jeter un œil sur un papier son savoir immense sur ce film, le réalisateur et ses acteurs, et sur l’histoire du cinéma bis. C’est excellent ! C’est donc notre ami David qui dit que ce film est le précurseur des films de zombies… En n’oubliant, comme il l’a dit lui-même, qu’il y a eu avant La Nuit des morts-vivants. En fait ce n’est que le deuxième précurseur.
Il y a une scène dans le film (pas très bien tournée) dans laquelle des bébés, semble-t-il contaminés par les radiations de la MACHINE, sont devenus agressifs et mordent le héros… C’est assez original à cette époque. Et c’est la même année, en 1974 que Larry Cohen sort son film Le Monstre est vivant, dans lequel une femme enfante d’un bébé monstre qui tue tout le personnel médical dans la salle d’accouchement. Prélude très saisissant, bien au-dessus de ce Massacre des Morts-vivants. Ce film de Larry Cohen sera suivi de deux suites et d’un remake bien des années plus tard. Ce thème du bébé monstre va se répandre dans le cinéma de genre comme la peste noire au Moyen-Âge…
David fait également un parallèle avec le film ultra ennuyeux de Jean Rollin Les Raisins de la mort tourné en 1978… Là ce sont les produits de traitement de la vigne qui zombifient les morts…
Enfin, bref, revenons à notre film Le Massacre des Morts-vivants : il est à voir comme un monument à la gloire du cinéma bis de morts-vivants qui a réussi le tour de force à faire des histoires de zombies, celles qui sont aujourd’hui les plus répandues et les plus regardées dans le genre fantastique…

Alain Pelosato



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