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  Sommaire - Interviews -  Alejandro Amenabar “Régression”
Interview de Alejandro Amenabar “Régression”
Par Marc Sessego

Dernier ajout : mardi 3 novembre 2015

"Alejandro Amenabar “Régression” "

 

Alejandro Amenabar “Régression”

SFMAG : Je suis un grand fan de votre travail, notamment vos autres films. Une question que je me posais : pourquoi écrivez-vous toujours vos propres scripts ?

AA : C’est assez amusant, vous êtes la troisième personne aujourd’hui à me poser cette question. Je pense que dans un pays comme la France, la plupart des réalisateurs écrivent leur propre script et, en Europe, ce n’est pas du tout inhabituel… en Espagne, c’est également très répandu. J’aimerais beaucoup faire d’autres scripts mais, en fait, je m’aperçois que les films sont un moyen pour moi de m’exprimer. Ecrire mes propres sujets est la meilleure manière de le faire.

SFMAG : Quel a été le « point de départ » pour créer cette histoire, pourquoi celle-ci en particulier ?

AA : J’ai pensé à l’horreur en général… c’est quelque chose que j’ai vraiment aimé quand j’étais enfant : j’ai commencé par l’horreur dans mon tout premier film et je voulais, en quelque sorte, revenir à ce premier film. Puis, j’ai pensé à plusieurs possibilités et le diable était l’une d’entre elles, mais je n’arrivais pas à trouver l’approche ; c’est alors que j’ai entendu parler de ce rite satanique et cela m’a vraiment parlé tout en faisant en même temps un film sur le cerveau et la pensée.

SFMAG : D’où vient votre intérêt pour les fantômes… les sciences occultes… ?

AA : Lorsque j’étais enfant j’avais un peu peur de tout ; j’avais peur de presque tout ! A un moment donné, il a fallu que je m’occupe de ce problème : j’avais peur d’être seul… j’avais peur du noir… mais je ne pouvais m’empêcher de regarder des films d’horreur. Mes parents ne me laissaient pas regarder ce genre de films mais j’avais ces voisins, juste à côté de notre maison, qui nous autorisaient moi et mon frère à regarder tous ces films d’horreur chez eux. Regarder des films d’horreur puis en faire m’a vraiment aidé à combattre mes peurs.

SFMAG : Avez-vous vos propres références cinéma ?

AA : Pour celui-ci mes références seraient les thrillers des années 70’ où le film n’est pas vraiment horrible… c’est un thriller. « Maraton Man », « All the president’s men », « Rosemary’s baby » certains de ces films avaient un côté sérieux, ils affrontaient leur sujet. Je pense que cela vous donne une idée réaliste du diable et cela explique ce qui se passe dans les années 80’. Pour moi c’était prendre tous ces films pour leur style mais le film se passant dans les années 90’.

SFMAG : Avez-vous eu le contrôle créatif ?

AA : Je peux dire que j’ai eu beaucoup de chance, je fais mes films comme je veux, ce qui ne veut pas dire que je n’écoute pas les gens. J’écoute tout le monde, les producteurs, l’équipe, j’écoute tout, mais au final je peux faire le film que je veux. A l’heure actuelle vous avez le director’s cut et mon film est mon film ! Il n’y aura rien à changer.

SFMAG : Pouvez-vous nous parler du cast ? Ethan et Emma sont « spot on »

AA : D’habitude je n’ai personne en tête quand j’écris. C’est difficile pour moi, j’essaie d’imaginer qui pourrait jouer le personnage… j’aime beaucoup Ethan Hawke, j’ai suivi sa carrière et je trouve que c’est un acteur américain européanisé, il a fait “Before Midnight”… il pouvait comprendre un script européen… nous avons eu de la chance car il a dit oui très vite. Il voulait savoir qui était le personnage et j’ai opté pour ne pas lui en dire trop sur le détective, quelque chose d’un peu télégraphié, essayons de savoir qui est ce type, déjà par la situation… et pour Emma, cela a été facile. Tout le monde la veut et nous avons pensé qu’elle dirait non mais je pense qu’elle veut changer totalement de registre.

SFMAG : Comment conceptualisez-vous vos films ? Ils sont visuellement superbes !

AA : Ces jours-ci je travaille énormément en « pré-vis » (pré-visualisation, ndlr). Cela ne veut pas dire que les acteurs doivent suivre la pré-vis, j’aime explorer les plateaux virtuellement, j’ai commencé à le faire sur « Agora », au lieu de tout faire sur le plateau vous pouvez tout anticiper auparavant. Visuellement cela vous donne accès à tout, cela me permet de voir toutes les possibilités, comme dans les thrillers des années 70’, mon directeur photo peut faire de très belles choses, très subtiles.

SFMAG : La séquence la plus difficile à tourner ?

AA : Certainement la scène du cimetière car c’était un reshoot. Nous avons tourné dans un vrai cimetière, le deuxième jour de tournage, et nous avons vu que cela ne fonctionnait pas. Je dirai que la dernière scène entre Emma et Ethan, je l’ai écrite et réécrite et cette scène a été très dure pour lui.

Propos recueillis par Marc Sessego le 16 octobre 2015

Corrections Andrée Cormier
Sincères remerciements à Alejandro Amenabar ainsi que François Frey et Olivia Malka de Kinéma Films.

Chronique du film dans sfmag no 89 en kiosques novembre-décembre 2015


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