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  Sommaire - Interviews -  Cindy Van Wilder chroniqueuse des Outrepasseurs
Interview de Cindy Van Wilder chroniqueuse des Outrepasseurs
Par Damien Dhondt

Dernier ajout : samedi 8 août 2015

"Cindy Van Wilder chroniqueuse des Outrepasseurs "

Comment avez eu connaissance des Outrepasseurs ?

Je dirais d’abord que c’est un défi que m’a lancé une amie. Elle en avait certainement assez de m’entendre râler contre les contes de fées et sur Disney. Aussi elle m’a poussé à écrire ma propre version des contes de fées. De là est né tout un univers que je n’aurais pas pu envelopper dès le premier coup d’oeil, mais qui s’est peu à peu développé et qui, je l’espère, a trouvé son expansion dans la trilogie.

C’est une conception quelque peu agressive des contes de fées.

C’est vrai j’ai voulu revenir aux contes de fée originels, par exemple ceux qui n’étaient pas censurés, qui n’étaient pas expurgés de toute violence, de tout tabou, de tout trouble, de la sensualité, de la sexualité, etc. Bref, les versions qu’on a pu avoir par Grimm et Péraud et qui sont revenus un petit peu à leur origine : des divertissements pour adultes, pour égayer les longues veillées d’hiver et qui n’étaient absolument pas destinés aux enfants.

Il me semble que vous vous êtes inspirés de Pierre Dubois ?

Certainement, malheureusement je n’ai pas encore eu l’occasion de lui dire. Mais j’espère avoir l’occasion de le faire un jour.

Et de Pierre Grimbert ?

Malheureusement, je ne l’ai pas encore lu.

On aurait pu le penser, car parmi vos personnages se trouvent deux cousins nommés Pierre et Grimbert.

Ce n’était pas un clin d’oeil.

L’action se déroule sur deux époques. Mais curieusement c’est la partie du Moyen Âge qui dure le plus longtemps.

Dans ce premier tome je ne voulais pas une rencontre entre des personnages, d’un côté les petits novices innocents et de l’autre le grand mage, l’expert avec une barbe blanche. En fait ce que je voulais c’était une initiation, une épreuve qui marque psychologiquement. C’est assez dur de s’entendre dire "ah bonjour, j’appartiens à une société secrète". Je voulais vraiment que ce soit assez déterminant.

Cela nous procure une présentation assez instructive sur le Moyen Âge.

J’ai effectué des recherches sur le contexte de l’époque qui a brisé pas mal de mes préjugés sur le Moyen Âge. J’ai découvert une époque assez moderne. Sur le plan social on créait des villes à partir de rien. Les seigneurs n’ayant pas assez de main-d’oeuvre locale faisaient appel à de la main- d’oeuvre étrangère, par exemple pour faire des travaux d’aménagement sur le territoire. Cela se passait au XIII° siècle et c’est ce qui donne cette diversité incroyable dans cette Villeneuve où se passe l’action. Des paysans venus de différents endroits se sont assemblés en un seul lieu. Ils ont bénéficié des avantages offerts par le seigneur et en retour ils avaient à effectuer des taches précises. Cette diversité correspond à un contexte moderne.

La partie contemporaine permet d’apparenter "Les Outrepasseurs" au domaine de la fantasy urbaine. Quelle est votre opinion sur ce thème ?

C’est un thème que j’aime beaucoup et qu’on a peut-être trop souvent réduit ces derniers temps à ce qu’on appelle en francophonie de la "bit-lit". En fait il faut savoir que ce terme n’existe pas en anglais. Ils appellent cela "urban fantasy". La fantaisy urbaine est quelque chose de fascinant. Le merveilleux qu’on a l’habitude de voir dans les contes avec la forêt, le Moyen Âge, etc a été réinventé dans notre environnement quotidien, dans la ville. On ne l’a pas totalement exploité. Au contraire, c’est quelque chose qui se développe toujours.

Et le fantastique pur ?

C’est très difficile en fait de faire la différence entre fantasy urbaine et fantastique. Ce sont deux proches cousins qui parfois se confondent en un seul ensemble. Je ne peux pas dire que je suis la personne la mieux placée pour faire la différence. Mais pour moi ce sont deux thèmes qui n’arrêtent pas de s’alimenter et de s’influencer l’un l’autre.

Quel est le public auquel "Les Outrepasseurs" est destiné ?

Mon éditeur me destine à partir de 14-15 ans. Maintenant pour moi c’est destiné à un public de tout âge, des lecteurs de 11-12 ans jusqu’à de 70 ans. En fait, peu importe l’âge. Pour moi c’est vraiment l’expérience de lecture qui parle d’abord et qui est prédominante. J’aime beaucoup le "young adult" qui n’est pas un genre à proprement parler, mais plutôt plusieurs genres. Mais il peut très bien être classé comme fantastique pur. Cela ne me dérange pas du moment que le lecteur y trouve son plaisir. C’est ce qui est important.

Quel est l’avenir de la série ?

Elle est clôturée. Je suis très contente que le 3° tome soit publié. Quant à mon avenir à moi en tant qu’auteur j’aurais un prochain ouvrage qui va sortir en 2016 chez Gulf Stream dans la nouvelle collection "Électrogène". Par contre ce sera dans un environnement très différent des Outrepasseurs. Ce sera un thriller d’anticipation.

Isaac Asimov nous y a habitués.

Certainement, je n’ai aucune référence dans la matière. Je me suis éclaté à l’écrire.

Quelle est votre base culturelle ?

J’ai découvert assez tard la fantasy et le fantastique quand le Seigneur des Anneaux a été lancé au cinéma. Avant j’ai eu une grande admiration pour des auteurs classiques comme Hugo et Zola. Quand j’ai décidé de faire mon incursion dans le fantastique j’ai exploré les livres de Robin Hoob, George R.R. Martin et Charlotte Bousquet qui ont été prédominants dans ma découverte de l’imaginaire qui a été assez vaste et assez éclectique.

Et pour la science-fiction ?

Je la lis quand je la croise, par exemple le cycle des Pousse-Pierres d’Arnaud Duval aux Éditions du Riez (1).

(1) réédité chez Folio SF

Publié le 8 août 2015


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