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  Sommaire - Interviews -  Pierre Gaulon
Interview de Pierre Gaulon
Par Emmanuel Collot

Dernier ajout : samedi 6 juin 2015

"Pierre Gaulon "

Bonjour, Pierre. Ton style inimitable semble démontrer un auteur aguerri aux choses du roman. Pourrais-tu nous expliquer comment tu en es arrivé là, la naissance du projet, sa concrétisation sur ton écran, les étapes successives ?

Bonjour !
Le projet de « Blizzard » est né il y a très longtemps. La trame de base est tirée d’un scénario de jeu de rôle alors que j’avais une douzaine d’années. Puis le texte a été repris pour me détendre alors que je passais le CAPES pour enfin se concrétiser il y a quelques années. Je n’ai pas tout de suite envoyé le roman chez un éditeur. La fantasy n’était pas mon genre habituel et j’ignorais totalement sa réelle valeur. Ma compagne m’a presque obligé à le sortir du placard pour l’envoyer au concours « géo du roman de l’ailleurs » où il a obtenu une bonne note. J’ai pris conscience qu’il n’était pas si mauvais et j’ai tenté ma chance chez les éditeurs.

T’es-tu exercé dans un autre genre avant de commencer cette belle carrière ? Et si oui, existe-t-il une vraie différence entre les genres que tu pratiques ?

En réalité, je crois que j’ai pratiqué un peu tous les genres ! Plus jeune j’écrivais énormément de poésies et de nouvelles. Au lycée, je me suis lancé dans une histoire de fantasy burlesque à la Terry Pratchett que je n’ai jamais terminée. Ensuite, j’ai élaboré un roman hybride entre le roman et le sonnet, publié à compte d’auteur. Toute cette période m’a permis de faire mes armes, de m’essayer à différents styles. En 2013, j’ai eu la chance de publier un polar historique aux éditions city (Hachette), puis un huis-clos toujours dans cette même maison d’édition. En mai 2015 sortira également un thriller fantastique post-apocalyptique dans la lignée de « la nuit a dévoré le monde » de Martin Page, aux éditions « Fleur sauvage » (une jeune maison d’éditon en laquelle je crois beaucoup). Personnellement, m’attaquer à un nouveau genre représente un défi et un jeu, le tout étant de s’adapter aux codes tout en essayant d’apporter quelque chose de nouveau.

Comment s’est passée ta rencontre avec Mnémos ? De Fred et Nathalie Weil à Coralie David, pourrais-tu expliquer aux lecteurs par quels processus est passé ton manuscrit ?

La première version de « Blizzard » était un one shot très court, une sorte de pilote de thriller/ fantasy. Frédéric a effectué plusieurs pages de remarques sur les qualités et défauts du roman. Le style nerveux style thriller lui plaisait mais il y avait selon lui de quoi en faire une saga. J’ai été très touché qu’un éditeur passionné prenne le temps d’élaborer une critique si constructive ! Rassuré par l’avis d’une maison d’édition telle que Mnémos, je me suis attelé avec beaucoup de plaisir à la tâche de restructuration du roman ! La rencontre avec Coralie David a été également très importante, elle m’a permis d’enrichir le monde et de donner plus de poids aux caractères de certains protagonistes. Encore une fois, je remercie « Mnémos » pour tout le travail accompli.

La première impression qu’on éprouve à la lecture de ton roman est celle d’un dépouillement absolu. On ne sait rien des personnages, ils nous sont présentés comme ça, de vrais self-made-men, et c’est là que l’intrigue prend toute sa puissance. Comment t’es venue l’idée de tels personnages et de cette histoire ?
Ce dépouillement était en effet voulu. Le fait de ne pas tout dire dès le début de l’histoire permettait de mettre les lecteurs dans le même état d’esprit que les protagonistes. Le personnage principal, Chasseur, ne se souvient que de bribes de son passé, pourquoi le lecteur en saurait-il plus que lui ? En étant directement immergé dans l’univers inhospitalier de Bankors, j’espérais que le lecteur soit plus à même de ressentir l’aridité de cette nature glacée. Dans un second temps, je voulais que ce roman reste un récit à suspens, héritage du thriller que j’ai davantage l’habitude d’écrire. Dans un polar, il paraîtrait inconcevable de dévoiler la fin de l’intrigue dès les premiers chapitres ou bien les tragiques événements qui ont rendu un inspecteur froid et taciturne. Il fallait que les éléments du monde ainsi que les histoires personnelles des héros apparaissent progressivement, au moment opportun.
Cette façon de procéder a gêné certains lecteurs de fantasy, habitués aux longues descriptions et aux rapports politiques complexes assénés dès le début du roman. Je ne pense pas que le Genolain soit pauvre, mais il se dévoile petit à petit, créant des histoires parallèles plus complexes qu’il n’y paraît à la première lecture.

Le climat très nordique, les usages de tes protagonistes, tout indique que tu t’es documenté ou du moins que tu sais de quoi tu parles. En quoi ta propre expérience participe de cette écriture si naturaliste ?

Je suis effectivement très attiré par la culture nordique et plus généralement, des pays « froids ». Mon rêve serait d’ailleurs d’aller visiter l’Islande, la Suède, la Finlande, le Canada… On retrouve ce côté « polar nordique » dans mon premier roman « La mort en rouge ». Le climat d’une histoire est pour moi très important car il contribue à créer une atmosphère qui lui est propre. Chacun de mes romans possède ainsi une ambiance liée aux paysages extérieurs. Dans « Noir ego », l’ambiance est lourde et noire, comme la tempête qui s’abat sur l’aire d’autoroute. Dans « enragés », la canicule écrasante rend l’atmosphère étouffante. Dans « Blizzard », Le blanc représente les souvenirs enfouis et s’associe symboliquement aux secrets inavoués.

T’es-tu inspiré d’auteurs classiques comme Frisson-Roche, Twain, London, Conrad ? Ou bien pourrais-tu nous citer d’autres inspirations autres que la littérature ?

En réalité, je crois que « Blizzard » est un concentré de toutes les lectures de ma jeunesse. Herbert, Lovecraft, Poe, Gemmel, London, Barjavel, K-dick… mais je travaille également par « scène » et le cinéma a également influencé mon travail. Le lecteur attentif pourra sans trop de mal retrouver des références à « Gladiateur », « Alien », « Saint Seiya », « Star wars »… J’adore également les « survivals » tels que « La peau froide », « Je suis une légende », « the road ». Pas étonnant qu’on retrouve donc dans le début du roman ce côté « Into the wild » !
Je lis énormément et je pense que toutes ces lectures se ressentent dans chacun de mes textes.

Le magique est étrange dans ton univers puisqu’il est abordé de façon assez simple, comme quelque chose de naturel mais qui va en se complexifiant. C’est très mentaliste, si on peut dire (Influence de Frank Herbert ?). En cela, par ce côté para-psychique, il est très proche de notre univers référentiel. En même temps, un terme comme « diaméline » évoque un aspect presque pharmaceutique dans la magie que tu mets en scène, comme si la magie pouvait se quantifier. D’où t’es venu cette idée ?

Dans cet univers, le « don obscur » est en effet « quantifiable », car puisé dans la vie elle-même. Les artefacts possèdent une « charge » magique et ne sont pas éternels. La diaméline pourrait en effet évoquer « l’épice » de Dune avec sa capacité à déformer le réel en réagissant aux ondes magiques et aux spectres de lumière. La magie est en réalité beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît au premier abord. Pour moi, le don obscur pourrait être assimilé au « nucléaire ». Une force terrible capable du plus grand bien comme du plus grand mal. La manière dont elle est employée en dernier recours par les humains et les mesures prises pour canaliser cette puissance après les premières guerres madrières n’est pas sans évoquer l’arme atomique.

On lit des termes comme « lévitation », plutôt rébarbatif de prime abord, mais qui, enrobé dans ta prose, produit une espèce d’effet de scène séduisant. C’est assez loin des poncifs du genre, très alimentés par le jeu de rôle. Même si tes maîtres restent Goodkind, Gemmell, cette approche moins systémique participe-t-elle selon toi d’un romanesque plus émancipé ? Et pourquoi ?

Je travaille énormément par « scène » sans me préoccuper de correspondre à telle ou telle case. J’essaie de donner un aspect très visuel afin que le lecteur garde quelques scènes marquantes en mémoire à la manière d’un film.

Quelque chose d’autre semble démarquer ton histoire de celles qu’on a l’habitude de lire dans le genre ; Tu sembles opérer à une sorte de renvoi inversé à notre propre histoire humaine puisque ici c’est la Fédération qui fait figure d’ennemi, face aux remugles d’une royauté elle aussi intransigeante (L’Inquisiteur) qui occupe le rôle de la résistance locale. Qu’est-ce qui t’a motivé dans ce choix crucial de personnages plus « chrétiens » pris dans un contexte différent de ce que le genre assène la plupart du temps aux lecteurs.

Je suis content que quelqu’un ait remarqué cette inversion dans le cadre politique habituellement décrit. L’histoire française fait que dès que l’on parle « révolution », on l’associe directement à la fin de la monarchie et à l’arrivée de la république. Ce rapport est ici inversé. La fédération ne porte de « fédération » que le nom et sous les airs de régime idéal, représente une dictature. Face à cette tyrannie, tout autre régime paraît rêvé. Dans ce roman, il n’y a pas de « bon » gouvernement. La royauté, même si elle semble un modèle plus élaboré, n’est cependant pas parfaite.

A ce propos, quel type de fédéralisme combattent tes personnages dans ton roman ? A l’américaine ? Ou un certain modèle plus ancien, soviétique ? Car, là, on n’arrive pas forcément à trancher. Et cet Inquisiteur, quel contrepoint incarne-t-il par rapport à la royauté ?

La gouvernance de la Fédération est assez largement inspirée de « la guerre froide » et du régime soviétique de l’après-guerre. Le contexte est similaire. Une grande guerre vient d’avoir lieu et un homme se sert de ce contexte politique particulier pour accéder au pouvoir. De façon plus précise, le règne de l’Inquisiteur pourrait être assimilé au Stalinisme. Une coexistence pacifique sur le plan « international » mais un culte de la personnalité. La traque des mages pourrait renvoyer aux grandes purges et aux goulags, voir à la fuite des cerveaux… L’Inquisiteur a cependant des motivations qui lui sont propres, une ambition de pouvoir un peu particulière qui sera expliquée dans le dernier tome de la trilogie.

On est surpris ensuite par les formes nominales usités dans ton roman. « Blizzard », « Chasseur », « Volcan », « La Boétie » sont des usages ramenant plus à une forme primitive du langage et dont la poésie procure à tes personnages et lieux un aspect plus éthéré. Comment cela t’est-il venu à l’esprit ?

Cela participe de ce dépouillement inaugural. Je n’ai pas cherché comme, dans « l’assassin royal » de Robin Hobb, à affubler les protagonistes d’un nom en fonction du caractère que leur rang est censé leur donner. Le lecteur n’est pas omniscient et ne connaît des personnages principaux que leur « surnom ». Leur origine est parfois expliquée comme pour Chasseur ou Volcan, mais pas pour Blizzard. Ce roman est un récit initiatique qui plongera les personnages dans leur quête d’identité. Comme si la découverte de leur vrai nom correspondait à un passage initiatique d’entrée dans l’âge d’homme.

On ne découvre pas vraiment de grande histoire d’amour dans ton roman, mais il semblerait que s’y cacherait une sorte d’hymne à l’amitié, un traité sur les rapports entre hommes et castes magiques ensuite, mais également une thématique comme la transformation. Ce nouveau démarquage par rapport au genre participerait-il d’un nouveau romanesque débarrassé des lieux communs habituels ?

Dans le second tome, Fender’oc explique à un personnage que le terme « amitié » n’existe pas chez les Esthètes, car la notion coule de source. Les concepts de solidarité, d’entraide, de sacrifices, me semblent prendre le pas sur la notion d’amour. Les ingrédients seraient pourtant possibles entre Chasseur et Juliette ou Iak et Juliette, mais en vérité, les personnages n’ont pas le temps de vivre leur idylle. Pris dans le tourbillon d’événements qui s’abat sur eux, tout se passe comme si la malédiction jetée sur le Genolain et le froid polaire avait figé aussi bien le paysage que le temps.

Pourrait-on parler d’une forme plus new âge de chamanisme qui régirait ton roman ou bien est-ce plus simple et finalement plus estompé en références religieuses ? Qu’est-ce qui régit ce monde ?

Comprendre la magie ne peut s’effectuer sans une explication physique de l’univers dans lequel évoluent les protagonistes et qui donne à la notion de « mort » une définition différente de notre acceptation habituelle. En parallèle du monde « vivant » coexiste un monde dit « mort », un « au-delà » dans son sens étymologique (à savoir un monde « éloigné ») semblable à ceux qu’évoquent la majorité des religions de la terre. Excepté qu’en Génolain, cet « au-delà » n’est pas symbolique, mais physique. Les créatures dites « mortes » évoluent en réalité sur un autre plan d’existence aride, dévasté et minéral, une autre dimension peuplée d’immondes créatures mues par l’instinct le plus primaire de tous : la volonté de se nourrir. La mort existe donc bel et bien mais dans un autre plan invisible aux yeux des vivants. Les deux univers ne sont séparés que par une sorte de filtre dimensionnel imperceptible par le commun des mortels.
De cet écran dimensionnel ne filtre que ce que les mages appellent "la brume des défunts". Le monde vivant n’est donc pas totalement imperméable à celui de l’au-delà et "la brume" mystique grignote de manière imperceptible l’essence des vivants pour nourrir ses propres membres.
Pour comprendre les relations tissées entre les deux mondes, il faut imaginer le concept de la respiration. Un être humain a besoin d’oxygène pour vivre et rejette du dioxyde de carbone. C’est ce que produit le filtre entre les mondes. Les créatures de l’ « au-delà » transforment leur essence morte en vie grâce aux essences « vivantes » des êtres du Genolain. Inversement quand un être vivant meure dans le Genolain, son « essence mortelle » est rejetée dans l’ « au-delà ».
Un cycle parfait et immuable, équilibre naturel qui perdure depuis la nuit des temps.
En ce sens, les mages, en permettant de faire le pont entre ces deux mondes, en étant l’intermédiaire entre les hommes et les esprits de la nature présents dans le don obscur, pourraient effectivement ressembler à des sortes de chamans.

A ce propos, certaines descriptions d’arènes, de lieux, semble indiquer « une sorte de melting pot urbain et géographique intégrant des traits latins à d’autres plus nordiques voir slaves (les steppes), quand ce n’est pas du continent américain (le Quabac/Québec) voire en des référents encore plus exotiques. On pense alors à un vaste corpus aux racines diffuses. Mais ce vitalisme qui l’anime nous renvoie à une expérience cathartique plus intimiste. C’est un axe somme toute très français car on n’y retrouve pas les chimères propres à la fantasy de base (dragons, elfes, etc...).

Ce mélange des différentes cultures est essentiellement axé sur le climat. Le « Genolain » connaît une ère glaciaire « instantanée » et « ciblée ». L’apparition de ce froid polaire qui paralyse le territoire est très récent puisqu’il coïncide avec l’arrivée de l’Inquisiteur au pouvoir. Imaginons un instant qu’une vague glaciaire persistante s’installait dans un pays méditerranée. L’histoire de ce pays disparaîtrait-elle ? N’y aurait-il plus trace des arènes ou autres types de constructions ? Je ne pense pas. On assiste donc à l’émergence d’une culture « du froid » qu’on pourrait assimiler à la culture nordique qui cohabite avec les anciennes rites d’une société de type occidentale, voir, latine.

L’élément animalier (les fauves) occupe également une grande place dans ton histoire, et semble une fois de plus faire référence à un écosystème plus slave (le lion sibérien, les ours, etc...), mais dans lequel on découvre aussi des spécimens issus d’autres milieux comme l’éléphant. Le lien qui les unirait aux hommes serait la mutation, la possibilité de se transformer en un personnage intermédiaire. Ce trait plus celtique (Les Berserkers) t’es-il apparu comme une évidence ou bien a-t-il fallu que tu passes par des étapes successives avant de le coucher sur papier ?

Encore une fois, le climat particulier du monde participe à cette mixité de la faune. Les animaux du Genolain sont en effet assez proches de ceux de la Taïga et de la forêt boréale. Mais les pays frontaliers comme le Mahar possèdent un écosystème qui s’associerait davantage à celui de l’Inde ou de l’Afrique.
La transformation est un des thèmes principaux du roman. Mutation de la topographie, de la flore, du climat, du système politique, pour trouver son paroxysme dans les Erzats, créatures littéralement irradiées par le don obscur. Une des étymologies de Berserk signifie « peau d’ours », or le meneur des créatures hybrides, Ordone, est un « grizzli-humain ». Mais le rapport est là encore inversé. Tandis que les Berserkers des légendes scandinaves sont pratiquement considérés comme des Dieux, les Erzats apparaissent au contraire comme des créatures ratées et presque démoniaques, qui n’auraient jamais dû voir le jour.
Les dresseurs forment également une communion avec les animaux, communion qui sera d’autant plus visible à la fin du second tome.

Parlons un peu des fameux « Esthètes » de ton roman. Ils semblent représenter une sorte de caste supérieure pratiquant un art obscur mais pourtant très en avance d’un point de vue technologique sur les hommes. A quoi correspondent-ils selon toi ? Des extraterrestres ou bien une autre humanité ayant su se détacher de leur bestialité ? D’ailleurs, le terme même « d’Esthète », renvoi à un emprunt carrément culturel évident. Est-ce de nouveau un trait propre à ton histoire personnelle, ton parcours ? As-tu fait des études en philosophie ?

Les Esthètes pourraient être assimilés aux cousins éloignés des humains, proches d’eux physiquement, mais qui, en s’enfermant dans leur galerie souterraine, ont choisi de fuir la rigueur du monde extérieur. Ce choix de se confiner dans un espace clos pourrait, d’un point de vue psychologique, renvoyer à la volonté de rejoindre le cocon sécuritaire de la matrice maternelle. Le but des Esthètes est de magnifier ces lieux intestins comme s’ils cherchaient à purifier les bases de l’espèce humaine, à commencer par la terre elle-même. D’un point de vue technologique, les Esthètes ont par rapport aux humains, plusieurs générations d’avance à de nombreux niveaux. Cette avancée sera particulièrement visible au cours du second tome dans lequel vingt ingénieurs Esthètes permettront à leurs alliés humains de tenir un siège contre les Erzats en utilisant des tactiques de poliorcétique proches de celles de Vauban tandis que les humains utilisent des stratégies de l’époque médiévale.
J’ai effectivement suivi des cours de lettres modernes et donné des cours de français et de philosophie. Quand je relis rétrospectivement mes textes, je ne peux m’empêcher de constater que toutes mes lectures transparaissent à travers.

Et ces « Mangeurs de lumière », que sont-ils par rapport aux Esthètes et aux hommes, d’un point de vue sacerdotal ?

A la base, les mangeurs de lumière sont des créatures créées dans le seul but de protéger le peuple des hommes du pouvoir dévastateur de la magie, un gardien froid dont les sorciers eurent l’idée après les guerres madrières pour se prémunir de l’éventuelle dérive de leur confrère. Les « mangeurs de lumière », ou « Iktems », sont, au même titre que les Erzats, l’exemple même du rapport paradoxal des peuples du Genolain avec le don obscur. Une puissance phénoménale censée être utile aux humains mais qui se retourne systématiquement contre eux.

La fin de ton roman est très ouverte et appelle à une suite. Pourrais-tu nous en dire plus à ce sujet ou bien en resteras-tu à un One Shot ?

Le roman a été construit en trois tomes, ce qui provoque peut-être ce sentiment de manque ou plutôt de frustration à la fin du premier volet, par rapport aux histoires personnelles ou à la construction du monde. Le second devrait sortir aux alentours d’août 2015. Une partie est axée sur le Grand tournoi et la révolte au sein d’Hasfar tandis que la seconde opère un retour dans le passé pour assister aux premières guerres madrières.

Bienvenue en fantasy, Pierre, et à très bientôt pour d’autres aventures.
Merci pour votre accueil et j’espère à très bientôt !


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