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  Sommaire - Interviews -  Jerôme Huck
Interview de Jerôme Huck
Par Emmanuel Collot

Dernier ajout : samedi 6 juin 2015

"Jerôme Huck "

Quand on jette un regard sur l’abondance des publications concernant le phénomène ovni, on se retrouve souvent face à deux écueils. D’une part, cette tentation de n’y voir là qu’un épi-phénomène issu du modernisme scientifique et d’un « accident » qui en 1947 stratifia à peu près toutes les passions après le dégoût de la seconde guerre mondiale, un peu comme le fut le spiritisme préfigurant la psychanalyse et s’éloignant du totalitarisme religieux au début du vingtième siècle.
D’autre part, cette peur de n’y voir là qu’un vaste sujet interdit, sorte de boîte de Pandore qui, à chaque fois qu’on l’entre-ouvre, déverse sa quantité d’absurdités comme de faits maudits.
Or, c’est bien là que l’histoire du livre de Jérôme Huck commence, quand on s’attache à ces faits maudits qui interpellent, le scientifique qu’on fait taire et le publique qu’on trompe.

A l’occasion de la sortie du livre de Jérôme Huck, « le Feu des Magiciens », scandaleusement ignoré par la critique et par les grands éditeurs, a voulu pour une fois prendre le risque de s’interroger sur un genre d’investigation ayant déjà fait couler beaucoup d’encre et vis à vis duquel on ne peut s’empêcher aussi de parler parfois de pure « science-fiction » à vocation sociologique. Car, bien loin de la biographie qui, elle, n’a pas besoin de citer des sources la plupart du temps, Huck nous dresse une sorte de vaste panorama circonstancié où la chose « ovni » se voit décortiquée, repensée, comme d’un terrain qui bien loin de rejeter la science n’a toujours fait que la prendre comme sa meilleure alliée. Et la magie opère, on se met à lire Huck comme d’un nouveau chemin d’initiation, mais au cœur duquel la raison n’est à aucun instant abusée.

Interview d’un grand chercheur, au même titre qu’un certain Jacques Bergier.

Bonjour Jérôme. Commençons par le titre de ton livre, « Le Feu des Magiciens ». Comme tu le dis dans ta préface, il s’inscrit dans la droite file du mouvement inspiré jadis par le couple Pauwels et Bergier et leur livre « Le matin des magiciens ». Pourrais-tu nous expliquer les raisons de cette filiation dont tu sembles si reconnaissant ? Quelque part, ton livre leur rend hommage à plus d’un titre.

Bonjour Emmanuel et merci de toute l’attention que tu portes à mon travail !
Pour Jacques Bergier, son Matin des Magiciens était une sorte de couteau suisse de l’intelligence. Ce livre est surtout une invitation, pour le lecteur, à explorer, par lui-même, de nombreux sujets tabous, tabous pour la science, tabous pour l’histoire... L’Espionnage Scientifique de Bergier est le livre qui m’a le plus inspiré pour reprendre à zéro le problème des ovnis. Bergier fut le premier à créer un réseau d’espionnage scientifique lors de la deuxième guerre mondiale, l’organisation « Marco Polo » qui faisait la chasse aux armes secrètes allemandes comme les V1 et V2.

Quels problèmes as-tu rencontré quand tu es parti à la recherche d’un éditeur ?

Je ne suis pas parti à la recherche d’un éditeur ! J’ai participé au livre Jacques Bergier Une Légende... Un Mythe-Hommages, sous la houlette du Dr Claudine. Elle a très bien connu Jacques Bergier. Trouver un éditeur pour cet ouvrage collectif ne fut pas une mince affaire malgré le renom des participants comme Jacques Vallée, Richard D. Nolane ou encore Claude Seignolle et, bien sur, Claudine Brelet. Alors un gros livre comme le mien n’a aucune chance de trouver le chemin d’un éditeur... Je suis un parfait inconnu.

Bien loin du catalogage propre à ce genre d’ouvrage, tu sembles te soumettre à une vaste investigation prenant en compte avant tout les enquêtes et commissions menées sur ce terrain. Cette analyse par le haut révèle aux lecteurs des informations jusque là inédites indiquant bien qu’il y a un fossé qui sépare les rapports officiels de ceux motivés par des intentions extérieures, surtout aux États-Unis. Que ressort-il de tout ça ? Et est-ce la même chose partout ailleurs ?

L’information et la désinformation font partie intégrante de notre monde. Pour le sujet des ovnis, le rapport Cometa, tout comme le livre de François Parmentier, Ovni : 60 ans de désinformation, montrent toute l’ampleur que la manipulation de l’information joue au sein du phénomène ovni. Les témoignages figurant dans les rapports officiels sont intéressants. Les conclusions ou les résumés de ces rapports sont en flagrante contradiction avec les données. Jimmy Guieu ou l’astronome Pierre Guérin l’avaient parfaitement compris il y a des décennies maintenant. Une bonne commission permet d’enterrer un problème que l’on soit aux USA, en Russie ou en France !

Jérôme, pourrais-tu expliquer aux lecteurs pourquoi tu t’es intéressé à un phénomène télévisuel comme la série "Le prisonnier" pour asseoir certaines de tes idées ? Et pourquoi cette série plutôt qu’une autre ?

Le Prisonnier est une série extraordinaire ! Pour moi, elle doit tout a un homme : Patrick McGoohan, ne serait-ce que pour son jeu magistral ! De nombreuses interprétations existent, une histoire d’agents secrets, une critique au vitriol de notre monde, les extraterrestres qui nous contrôleraient... Des thèses universitaires ont vu le jour ! Patrick McGoohan n’a jamais donné la clef, sauf à dire que c’était au spectateur de chercher ! Le Prisonnier est une énigme, tout comme le phénomène ovni. Le premier rôdeur se présentait sous la forme d’un disque, presque d’une soucoupe volante, avec des secteurs noirs et blancs. Trop sophistiqué, l’engin a coulé. Il y a aussi les hommes en noir si chers aux ufologues. L’information, tout comme la désinformation, y tiennent une place énorme. Patrick McGoohan ne cache rien à son audience. IL suffit d’être attentif, très attentif ! Le langage tient une part importante dans mon livre. Le langage de tous les jours, les langues anciennes ou encore les mathématiques comme langage scientifique. La traduction en français du Prisonnier est une abomination. Certains passages sont mal traduits ou passés sous silence. Comme le badge Triangulum, que j’ai déjà décrit, Patrick McGoohan a joué avec le langage. Au fil de l’histoire, certains grands auteurs, comme Hergé, ont fait de même. J’en parle aussi dans mon livre. Le Prisonnier est un tournant dans mon livre ou je reprends l’énigme des ovnis à zéro. Il n’est pas possible de faire une suite au Prisonnier, même s’il y a une tentative récente de mini-série. Il vaut voir l’ensemble des épisodes du Prisonnier comme un tout.

L’axe central de ton livre demeure celui de l’aéronautique. S’il est permis à présent de reconnaître qu’il y a bien eu un échange technologique entre l’Allemagne de la fin de la seconde guerre mondiale et les États-Unis, ainsi qu’avec le Canada (le fameux « Arrow »), cela s’est-il arrêté aux avions supersoniques ? Il existe des croquis de soucoupes volantes allemandes circulant librement sur internet, et qui décriraient dans le détail un grand nombre d’engins parfaitement cohérents. Quel degré de vérité accorderais-tu donc à ces thèses, concernant les « Haunebeus » et autres « Vimata », chantés par bon nombre de fanatiques de la chose ? Ces avions modernes mais encore chimériques que sont les TR3B et autres AURORA, n’en seraient-ils pas la descendance humaine directe ? Car il semblerait que les vaisseaux triangulaires soient de facture récente contrairement aux soucoupes volantes.

Avec ma formation et mon expérience, l’aéronautique tient un part certaine dans mon livre.
Je ne ne prête aucun intérêt, par exemple, au fameux et fumeux V7 des nazis ! Une des leçons tirées du Matin des Magiciens s’exprime dans le réalisme fantastique ! La réalité est déjà plus extraordinaire ! Un petit exemple.

Pendant, la seconde guerre mondiale, les militaires américains vont explorer toutes les applications possibles de l’énergie nucléaire. Pour mémoire, Jacques Bergier participa activement à cette recherche nucléaire dans les années 1930-1940. Il y a bien sur la bombe atomique et le réacteur nucléaire à cette époque. Mais la propulsion nucléaire est déjà dans les cartons... En 1970, la propulsion nucléaire spatiale, sous forme d’un moteur fusée est au point. La soute de la navette spatiale fut dimensionnée pour emporter ce réacteur-fusée en orbite basse. Ainsi, un vaisseau spatial nucléaire pouvait être assemblé, dans la proche banlieue de la Terre, à partir d’un modèle générique de réacteur-fusée.

Le célèbre Von Braun, transfuge allemand du Projet Paperclip, avait d’ailleurs écrit son livre Mars Projekt très tôt, en 1953 ! Von Braun voulait la Lune, les nazis lui ont fait faire des âneries ! Il a finalement décroché la Lune grâce aux américains. Au début des années 1970, il manqua à l’Amérique un président visionnaire, capable de concrétiser ce rêve américain, mettre un homme sur Mars sous une quinzaine d’années...

Dans le domaine militaire, l’argent des programmes noirs permet des réalisations concrètes qui vont du prototype à des unités complètes d’aéronefs ou l’acquisition d’appareils étrangers, étranger ne voulant pas forcément dire alien... mais russe, tout simplement. Cela ne se limite pas à l’aéronautique, la torpille Chkval à supercavitation pourrait être un bon exemple, figurant en bonne place sur une liste d’achat US.

Les vaisseaux triangulaires sont anciens, bien antérieurs à 1900, j’ai cité des cas tirés des écrits de Charles Fort... Pierre Guérin s’est d’ailleurs complètement trompé sur ce sujet dans son livre testament OVNI : les mécanismes d’une désinformation.

Tu nous parles donc d’une histoire des Ovnis, que tu ferais remonter selon certains documents à 50000 mille ans. Et brusquement, le lecteur commence à se rendre compte que ce phénomène ne peut être réductif à du psychologisme et autres effets plasmatiques mais bien à des faits avérés. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi la plupart des ouvrages sur le genre se refusent à cet historicisme, préférant poser comme point de départ l’année 1947 ?

Aimé Michel a cité des cas très anciens, tout comme John Keel ou Jacques vallée ! Dans un passé proche, les revues et journaux scientifiques n’hésitaient pas à citer les anomalies observées. Charles Fort a d’ailleurs collectionné ces faits maudits qu’il a regroupés dans 4 ouvrages.

L’histoire ne retient que certains faits. Roswell tombe à point nommé. A l’époque, les fusée V2 vont permettre le développement de l’exploration spatiale. Le grand public s’y intéresse. Les médias et moyens de communication modernes sont la pour relayer cette information.

Les romains les nommaient « Boucliers de Saturne » et bien d’autres cultures comme celle du Japon comportent des récits légendaires parlant déjà des Ovnis. Dès lors, la théorie consistant à démonter la thèse Ovni en invoquant des maquettes, des illusions d’optiques, des créations au plasma, ou des cerfs-volant résiste mal à un phénomène remontant aux racines de notre humanité. Pourquoi donc ce black-out obstiné de la part de certains, et cette propagande presque illuminée de la part d’autres ?

Les associations ont collecté les données associées au phénomène ovni. L’analyse de ces données n’a jamais été faite, rien que sur l’aspect historique ! Le tout est resté au niveau du judiciaire. In fine, chacun a pris parti pour un camp ou un autre, sans preuve valable. Tout cela n’a débouché sur rien de constructif. La subtilité de mon livre est de faire passer le phénomène ovni dans le domaine scientifique. J’apporte la preuve de la réalité du phénomène ovni mais il se pourrait que ce ne soit pas du tout ce que les ufologues attendaient !

Pourquoi ne parle-t-on jamais d’Ovnis en Afrique ? Les pays du Maghreb, très proches du continent européen, seraient-ils plus épargnés par le phénomène ou bien y aurait-il un plus grand interdit qui planerait sur les phénomènes atmosphériques physiques non identifiés ?

Les ovnis sont un phénomène à l’échelle mondiale ! Il suffit d’explorer les livres de Jean-Claude Bourret, pour avoir le témoignage de Jean-Pierre Chapel, journaliste, qui a observé
un ovni au Sahara... Je parle aussi de l’Iran dans mon livre. La barrière de la langue me semble le premier problème pour diffuser l’information !

Concernant la vague Belge, tu te montres plus évasif. Crois-tu comme certains qu’il s’agirait d’un gouvernement occulte installé sur terre depuis longtemps (anciens astronautes) ou bien d’extraterrestres ? S’il s’agit d’une technologie humaine, elle semble trop en avance sur son temps. Or, la même chose ne fut-elle pas dite sur les premiers avions furtifs américains dans les années 60/70 ? Cela dit, la théorie d’une hallucination collective affectant même les radars serait également plausible. Que peut-on dire de raisonnable à ce sujet ?

Comme je suis ingénieur et scientifique, la vague belge ne me pose presque aucun problème ! La technologie correspond à des technologies développées aux USA à partir des années 1970 ! L’implication des États-Unis dans cette vague comme acteur ou observateur m’apparaît certaine. Je publie dans mon livre un badge associé à un programme noir américain. Il montre un globe terrestre avec un ovni triangulaire. L’engin est relié au sol par un faisceau lumineux qui part de la Belgique ! La légende est : Triangulum, du latin de cuisine, qui est la contraction de Triangle et de Belgium ! Cette vague belge va s’étendre principalement de la chute du mur de Berlin à l’écroulement de l’Union Soviétique, avec une marge d’erreur de 15 jours à chaque fois ! Tout cela me semble bien concerner l’humain ! Le seul petit souci que j’ai est la capacité d’accélération ou de déplacement de ces triangles, mais pas obligatoirement associé à la vague belge.

Le « Mothman » de Keel n’aurait-il pas également beaucoup de choses à dire ? Surtout que là nous avons une créature légendaire usant de moyens modernes pour communiquer (le téléphone, la fibre). Pourrait-on dire que Keel annonçait déjà dans ses livres l’internet, la centralisation des information, le piratage, et cet étrange prédicatif fait de prophétisme, de télépathie et de théories mathématiques plus ou moins douteuses ? On a l’impression que les ET ont non seulement toujours été là, mais qu’en plus ils sembleraient bel et bien avoir abandonné depuis longtemps leurs soucoupes pour un comportement plus « nomade ». De plus, malgré les incohérences de langage, ces ET là semblent nous parler. Un peu comme le firent les Umites de Jean-Pierre Petit. Et c’est ici à la fois étrange et comique car si le « Mothman » usait bien d’une technologie sophistiquée pour communiquer, chez nous ce furent des lettres qui mirent en contact Petit et ces Umites. Comme si, à moins évolué technologiquement correspondrait un mode de transmission plus rustique. Qu’en penses-tu ?

John Keel est souvent cité dans mon livre, même s’il n’est pas ma pierre d’achoppement ! Dans son ouvrage The Eight Tower, John Keel nous met justement en garde contre toute croyance ou prophétie, un jeu qui dure depuis très longtemps selon Keel !
Beaucoup se sont laissés prendre au jeu de cette communication, quelle que soit son origine.
J’ai aussi parlé de la charmante bourgade de Point Pleasant et du Mothman, un cas parmi de nombreux autres semblables !
Aimé Michel a traité ce problème de communication. C’est pour cela qu’il a introduit sa métalogique !

A ce propos, comment expliques-tu donc le fait que la littérature de Science-fiction soit très souvent liée au phénomène ovni ? Cela relève-t-il de l’inconscient collectif ou de bien autre chose ? Y-aurait-il de l’idéologique quelque part ? Tu cites une série télé comme « Les Thunderbirds » et cette « Sécurité Internationale » pour faire échos à de réelles préoccupations humanistes chez certains. Cela voudrait-il dire que la fiction précède souvent les sciences ? Mais est-elle motivée par quelque chose d’autre que la pure intuition d’écrivains ?

Actuellement la fiction est incapable d’anticiper la science ! L’augmentation fulgurante de la science rend la science-fiction sans voix ! Cette évolution est irréversible. Le fait d’intégrer la dimension historique au phénomène ovni balaie du revers de la main la thèse suivant laquelle la science-fiction a anticipé les ovnis ! Le fait de parler de la Sécurité Internationale est un pied de nez. C’est une référence au WOW, Wing Over the World de H.G. Wells, tiré du roman The World Set Free, qui n’est toujours pas traduit en français à ma connaissance... chose qui attristerait Jacques Bergier au plus haut point !

Tu te montres peu loquace en terme de races extraterrestres. Tu sembles expliquer qu’une classification établie entre deux classes d’individus partagés entre des nains et des géants serait la plus sensée du point de vue des écosystèmes planétaires, et tu évacues la thèse de Keel sur une espèce lilliputienne pourtant avérée par d’autres témoignages et faits. Ce choix n’est-il pas également tributaire d’une conception purement spatiale du phénomène ? On discute de plus en plus de races de ET issues d’univers parallèles spatio-temporels. Une plus grande variabilité dans leur typologie présumée ne serait-il pas dès lors envisageable ? Surtout si cela explique d’autres énigmes comme le phénomène dit des « Aberrations ».

J’ai surtout cité un livre extraordinaire et complètement méconnu qui s’intitule Planètes Pensantes de J.J Walters. Nos connaissances en astrophysique, permettent de borner la taille minimale et maximale des planètes viables donc celles des humanoïdes/humains susceptibles de s’y trouver. Les lilliputiens de Keel n’en font donc pas partie...

Les mathématiques permettent d’envisager beaucoup de choses comme les univers parallèles... Elles ont aussi leurs limites comme le montre la calculabilité. En appliquant les mathématiques à la physique, nous avons fait des bonds extraordinaires dans le connaissance de la réalité. Par contre, la question est de savoir s’il s’agit d’une découverte ou d’une invention !

La seule typologie que nous connaissons est celle de l’homme !

Pour poursuivre dans le même sens, le phénomène Ovni pourrait donc englober en son entier les divers champs de notre expérience, comme le très discutable domaine de la Cryptozoologie. Car si tous ces Yétis, Sasquatchs, bêtes de Gévaudan et autres chimères n’étaient que des créations extraterrestres, cela ne pourrait-il pas vite s’étendre à tout ce qui fait le tissu de notre monde, à savoir notre système de croyance. Le systématisme est-il inévitable ?

Il suffit de se remémorer les écrits de Keel, que j’ai cité, pour savoir que les ovnis sont souvent associés à des animaux bizarres, voir des monstres. Je cite aussi le cas de la ferme des Goreman dans l’Utah, présence d’ovnis, d’humanoïdes/humains et de monstres. Ces voyageurs ne peuvent-ils pas avoir aussi leurs animaux de compagnie ? Le ranch des Goreman dépasse/dépassait le film Planète Interdite en étrangetés et phénomènes. La société Bigelow Aerospace, une société privée aéronautique américaine, a étudié cette singularité pendant de nombreuses années sans résultats probants apparents... Bigelow est d’ailleurs une singularité à elle seule !

Pourquoi alors ne pas en déduire qu’il s’agirait d’un enjeu sur le réel même, car cela affecterait nos croyances, nos religions, le surnaturel, les fantômes, les maisons hantées ? Dans quel but ? La domination ? Donner un sens à notre existence ? Quand on y pense, on pourrait y voir de la pure folie, et pourtant c’est bigrement rationnel comme idée.

Pour un État, les ovnis sont avant tout un enjeu de sécurité nationale. Lorsque des ovnis manipulent des missiles balistiques équipés de têtes nucléaire, il s’agit bien de problèmes concrets, que cela se déroule aux USA ou en Union Soviétique ! La religion n’est pas incompatible avec la vie extraterrestre. Le Vatican a fait de telles déclarations dans le passé.

Tu parles de reprendre le phénomène à zéro. Et donc en revenir aux organes d’information. Comment t’y prendrais-tu, sachant que tout est toujours confus, brouillé, voir même parfois inventé pour décourager toute investigation sereine ?

Les donnés sont analysables ! Il faut aussi regarder qui est l’émetteur de ces données et se poser les bonnes questions. Est-ce que je vais gagner quelque chose à étudier ces faits ou perdre mon temps en conjecture ? Depuis, plus de 70 ans, les histoires d’ovnis s’accumulent.

Lorsque des agents de l’AFOSI, l’Air Force Office of Special Investigations , donnent des documents à certains ufologues, bien crédules, point n’est besoin d’être surdoué pour comprendre la zizanie semée ! Pendant ce temps, les derniers prototypes peuvent faire leurs essais en vol tranquillement... et les ovnis continuent leurs survols !

Comme en mathématiques, poser correctement le problème, c’est déjà le résoudre à moitié !

Ton ouvrage est rigoureux, bien loin de ceux qu’on a l’habitude de lire. De fait, ton éloignement de la thèse reptilienne, défendue par des personnages aussi ostentatoires qu’un Hick ou encore un Sitchin, et relayé assez largement par les médias et les pires conspirationnistes, répond-elle d’un choix intellectuel et moral de ta part ?

Puisque je viens de la recherche et développement pour la défense, il est assez logique de s’intéresser à ce que les témoins décrivent comme des engins se déplaçant dans l’atmosphère avec des performances extraordinaires ! Actuellement, des témoins signalent, ici et la, des vols de drones au dessus d’installations françaises sensibles. Personne ne met en doute leurs paroles ! Et pour les ovnis ?

Tout le truc était de trouver comment faire ! Rester factuel permet d’éviter de nombreux écueils. Il n’y a donc aucun choix particulier de ma part.

On voit pas ou peu d’allusions aux thèse reptiliennes dans ton ouvrage. Après tout, elles pourraient être les plus sensées. Si on reprend les vieilles légendes cryptides concernant leLa mode sur les gnoses fameux Peuple-Serpent, et qui remonteraient bien avant la naissance des grandes religions, pourquoi ne pas envisager un instant que nous serions en quelque sorte en concurrence avec ces fameux Reptiliens qui, selon les théories, soit nous manipuleraient et nous domineraient, soit nous aideraient en quelque sorte à atteindre une certaine maturité. Ces Infra-terrestres, pourraient être les plus sensés car les plus proches de nous. Robert Ervin Howard (1906/1936) les mettait déjà en scène dans ses nouvelles dans les années 30. Mais il en parlait comme de manipulateur venus d’un univers parallèle, avides de complots et de déstabilisation politique ; Bien plus, l’auteur nous en parle comme d’une espèce belliqueuse rêvant de supplanter les hommes, les remplacer en volant leur identité.

Ces thèses ne sont aucunement scientifiques ! Il n’en sortira vraisemblablement rien. Il m’arrive de regarder d’un œil détaché Alien Theory sur RMC découverte. Les extraterrestres sont mis à toutes les sauces... Fatiguant à la longue. Les bonnes questions ne sont pas posées.
Visiblement, l’espèce humaine a une histoire très riche, voir étonnante. Les anciens monuments sont la pour l’attester. Ces réalisations techniques devraient être l’objet d’études pluridisciplinaires. Ils sont disponibles à tous les chercheurs pour investigations...
Pourquoi ne le font-ils pas ?

De fait, la grande variabilité des témoignages ethniques sur les extraterrestre ne témoignerait-elle pas plutôt d’un art du camouflage, de la dissimulation ? Après tout, des ET passés maîtres dans l’art du camouflage, du déguisement, de la robotisation, de la mise en scène, pourraient parfaitement rendre compte de cet axe plus fascinant. A moins que, comme il est suggéré dans le remarquable épisode de la série X-Files, « Le seigneur du magma », il ne faudrait pas tout simplement envisager une main mise humaine. Quelle serait ton point de vue à propos de cette théorie touffue qui abrite souvent les pires idées raciales ? Et s’il n’existait que deux espèces, la nôtre et la leur ? Et si la prochaine étape était de faire tomber les masques ? Ou pas.

Le problème ne serait-il pas plutôt celui de la relation de 2 espèces proches mais non semblables, à des stades différents d’évolution ? Aime Michel l’avait compris il y a bien longtemps ! Notre vitesse d’évolution nous précipite vers une singularité à très court terme.
Ray Kurzweil avec son livre The Singularity is Near abonde dans cette direction. Par contre, Michel et Kurzweil envisagent des évolutions dans des directions différentes...

Comment expliques-tu le fait que certains scientifiques ayant voulu percer le mystère (Jean-Pierre Petit, Keel), furent automatiquement cassés, rétrogradés et exclus ? Penses-tu, tout comme Keel, qu’il est bien mieux de ne pas chercher plus loin, car cela dépasserait notre entendement ? Et pourquoi d’ailleurs cette exclusion si violente quand des « spécialistes attitrés », souvent américains, se voient soudain portés au pinacle par des médias de masse affiliés aux mêmes thèses ? La mode sur les gnoses New-age y aurait-elle quelque chose à voir là-dedans ?
Ne pourrait-on pas parler d’une main mise sur la vérité, une sorte de privatisation qui nous éloignerait du réel par des gens ayant une certaine influence sur le monde, sans pour autant se montrer dangereux ? On revient ici à l’idéologique. Comme préserver un discours vrai, sachant que le phénomène Ovni dépasse notre propre histoire moderne ?

Jean-Pierre Petit s’est moqué de l’establishment militaire français. Il les a ridiculisés comme en racontant son expérience avec les tests de missile balistique français ! La suite était logique, sans même parler de MHD ! Les ovnis sont l’aiguillon qui titille notre science !
Pour mon livre, je n’ai pas eu de problèmes pour obtenir des photographies/documents aux USA, au Japon ou en Russie. A posteriori, j’ai été très surpris par le degré d’ouverture de certains spécialistes/experts vis à vis des ovnis. Je donne mes sources/références dans mon livre, aucune privatisation. Jacques Vallée a aussi montré dans ses livres comment certains services US ont utilisé les ovnis pour masquer, protéger, des programmes noirs. Le fait de ne pas traiter ouvertement et officiellement le problème des ovnis laisse la porte ouverte à toutes les dérives ! La seule solution viable était de reprendre l’analyse des données depuis zéro pour en faire de l’information véritable, puis de la science.

Pour en revenir au gouvernement secret, et si ce black out était en quelque sorte l’attitude la plus sensée à adopter de la part des gouvernements au regard d’une technologie qu’on nous inculquerait de façon progressive parce que trop dangereuse. Le conspirationnisme inspiré souvent de cet interdit n’apparaîtrait-il pas à son tour comme le plus suspect ? Ce syndrome de Prométhée n’est pas nouveau. Comment analyses-tu ce problème ?

Les gouvernements gèrent les ovnis au jour le jour en dosant subtilement information/désinformation au cas ou... Les états se volent ou s’échangent les secrets. La durée de vie d’un secret est très courte, de l’ordre de 5 ou 10 ans. Beaucoup de données sont disponibles publiquement. Un exemple.

Avec l’avènement de la technologie Stealth dans les années 1970, l’US Air Force faisait tout pour cacher sa technique des facettes pour réduire la signature radar. L’US Navy faisait des publications de ses technologies furtives, des facettes entre autres, recherches effectuées dans son centre de China Lake !

Ce secret grève énormément les budgets des programmes noirs américains par exemple. C’est aussi une source d’échec puisqu’il n’y a pas de communication de projet à projet. Au sein d’un même programme, tout est cloisonné ! La roue est réinventée de nombreuses fois... L’échec de l’avion A-12 Avenger II en est le parfait exemple.

Les secrets militaires américains liés à l’arme atomique furent très vite percés par les soviétiques... Ce confinement de l’information n’est jamais étanche d’où la désinformation !

On parle de plus en plus des ET comme inoffensifs. Et pourtant, il demeure également une crainte immense dans le fait qu’ils seraient belliqueux mais contenus et hébergés par certains gouvernements, avec lesquels des accords auraient été passés. Prenons comme base deux films singulièrement différents, comme « Rencontres du Troisième type » (1977), d’un côté, et « Signs » (2002) de l’autre. Si dans le film de Spielberg les extraterrestres semblent en fin de compte animés de bonnes intentions, on leur permet tout de même d’enlever des êtres humains, voire même des enfants, et le tout avec le sourire. Night Shyamalan aborde le thème d’une façon tout à fait inverse. Même si on sent le projet évangéliste planer derrière, son film demeure d’une remarquable justesse à nous montrer une race totalement hostile à la nôtre, et qui parfois ne ferait que se cacher, se transformer, pour mieux nous exploiter, voir exercer des expérimentations interdites sur nous. Quand on voit le nombre d’enlèvement d’enfants de part le monde, certains « conspirationnistes » ne peuvent s’empêcher de penser à des bases secrètes souterraines et dans lesquelles seraient pratiquées des expériences effroyables sur les êtres humains. Comment résoudrais-tu ce problème angoissant qui grandit à mesure où ce fameux contact avec une race ET s’éloigne ? Car au regard de ce que nous avons fait lors de la conquête coloniale vis à vis de cultures qu’on connaissait mal et qu’on a détruites, pourquoi ne pas penser que des ET pourraient en faire de même avec nous tous, sans distinctions d’ethnies, voir pire, nous considérer comme des animaux, du bétail ?

Le problème est mal posé avec une vision restrictive, binaire et très humaine entre le bien et le mal. Le voyage spatial n’est pas possible en dessous d’un certain degré d’évolution, ne serait-ce que déjà scientifiquement et techniquement ! Des voyageurs qui parcourent, peut-être, des années lumière, n’ont pas besoin de nous transformer en bétail ! Certaines interactions peuvent être incompréhensibles ou mal comprises, tout simplement.

Le Japon, grand perdant de la deuxième guerre mondiale, a quasiment fait allégeance aux USA. Il n’a pas perdu pour autant ses traditions et ses croyances. C’est un exemple réussi d’ adaptation de deux cultures très différentes, le dénominateur commun fut la science et la technologie. Par contre, pour les Aborigènes ou les Indiens, la situation fut moins enviable.

La théorie de transformation des métaux est encore plus scabreuse. Pourrais-tu nous donner clairement ton point de vue là-dessus ? Les ET seraient donc capables de changer les métaux. Mais dans cette optique, nous revenons aux thèses de Sitchin, à savoir que les ET convoiteraient l’or de notre planète. Toutes les théories sur l’exploitation des ressources de notre monde pourraient alors se tenir, y compris même les thèses des Scientologues.

Des extraterrestres qui maîtrisent le voyage n’ont sûrement pas besoin de venir sur Terre pour se fournir en or ou tout autre minéral ! La fusion nucléaire à très haute température permettra de synthétiser tous les éléments du tableau de Mendeleïev. Cette vision est une approche bien standard... Des mines anciennes sont disséminées à la surface de la Terre. Il y a des mines de cuivre au Canada mais il y a aussi de vieilles mines d’uranium...

Reprenant un slogan très couru de ces dernières années, penserais-tu qu’il nous faudrait nous préparer à quelque chose, une révélation bouleversante, ou ne préférerais-tu pas penser que tout continuera comme ça ? Après tout, les grecs n’avaient-ils pas raison : connais-toi toi-même, et laisse la nature aux dieux ?

Cette idée n’est pas nouvelle. J’ai cité Aimé Michel, J.J. Walters ou encore Ray Kurzweil. L’espèce humaine a une singularité devant elle. Toutes les estimations ont donné des dates semblables.

Tu racontes dans une interview de 2012 que tu n’offres pas une réponse mais une infinité de réponses, en quelque en sorte. Cette fonction "Kaléidoscopique" de ton livre est-elle patente d’un secret que tu t’amuserais à cacher à tes lecteurs ou bien d’un réel constat voulant qu’on peut arriver à tout et obtenir des réponses sur tout en se penchant sur le phénomène de façon différente ? Car, là, tu sembles rentrer dans une sorte d’hermétisme que pourtant on a du mal à chosifier, tellement tu sembles nous entraîner vers l’extraordinaire. Mais si tu replaces l’homme au centre de tout, c’est que cette boîte de Pandore, ce serait nous en fait, non ? Tu ne réponds donc pas vraiment à la question qui est de savoir QUI se cacherait derrière ce monde comme d’un jeu sans dieu.

Dans le dernier chapitre de mon livre, intitulé « Eurêka », tout s’assemble comme une arme atomique, pour atteindre la masse critique. J’avance une preuve scientifique de la réalité du phénomène ovni. Je donne toutes mes sources, donc le secret est inexistant ! Tout est vérifiable. Finalement, comme pour le Prisonnier, pour appréhender le phénomène des ovnis, il fallait faire table rase de tout, travail de titans puisque l’apprentissage est censé être irréversible ! Ce dernier chapitre a tout d’une thèse. Il ne se résume pas en une ligne. Cela explique ma réponse de 2012. Je pars du postulat que les gens, en général, et pas seulement mes lecteurs, sont intelligents. Ce ne sont pas des numéros. Ray Kurztweil, Aimé Michel ou encore J.J. Walters parlent de cette singularité, à court terme, pour l’espèce humaine. Kurzweil met la science et la technologie à toutes les sauces. Pourquoi Kurzweil veut-il doper notre cerveau alors que nous n’en utilisons qu’un faible pourcentage ? Les gens sont capables et vivement encouragés à réfléchir.

Après un tel livre, peut-on écrire autre chose ? Penses-tu revenir un jour sur le sujet, chez un éditeur ambitieux ayant vraiment soucis de publier quelque chose de sérieux et surtout d’original ?

Initialement, mon livre était beaucoup plus gros ! Je l’ai simplifié et j’ai retiré certains sujets, thèmes connexes. Je te ferai une réponse à la Rémy Chauvin : Emmanuel, tu me présentes un
éditeur d’une telle trempe ? Dis, Emmanuel, cela existe-t-il ? Combien d’éditeurs ont refusé le manuscrit de J. K. Rowling ?

Merci à toi, Jérôme, pour « Le feu des magiciens », cette somme magnifique qui est en quelque sorte cette suite impossible mais inespérée au « Matin des Magiciens » de Pauwels et Bergier.

Merci à toi Emmanuel pour tout l’intérêt porté à mon gros livre !

Emmanuel Collot

La chronique du livre "Le feu des magiciens" est disponible dans sfmag no 88 en kiosques le 18 juin


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