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  Sommaire - Cinéma bis et culte -  Wishmaster 1, 2, 3 et 4

"Wishmaster 1, 2, 3 et 4" de Robert Kurtzman, Jack Sholder et Chris Angel


 

Wishmaster de Robert Kurtzman (1997). Robert Kurtzman a fondé l’atelier KNB avec Greg Nicoreto et Howard Berger. Il a réalisé les effets spéciaux de Evil Dead 2 (1987) de Sam Raimi et Les Griffes de la nuit (Freddy 3) (1987) de Chuck Russel, puis KNB sera dans le coup de L’antre de la folie (1994) de John Carpenter, L’armée des ténèbres (1993) de Sam Raimi, Une Nuit en enfer (1996) de Robert Rodriguez et Vampires (1997) de John Carpenter.
Il n’est donc pas étonnant que ce film (Wishmaster) soit truffé d’effets spéciaux de très grande qualité qui en font une œuvre intéressante. Un tel film est toujours vu par nombre de critiques avec des yeux de pisse-vinaigre. C’est dommage. Ainsi, par exemple, lors de sa sortie en 1968, La Nuit des morts-vivants (George Romero) était classé dans le fin fond des séries B. Aujourd’hui, personne n’ose nier que c’est un chef-d’œuvre. Autre exemple. Voici ce qu’écrivait Aurélien Ferenczi dans Télérama à propos de L’antre de la folie (1994) de John Carpenter : « ... le scénario se prend vite les pieds dans des complications inutiles... Une fois de plus Carpenter ne tient pas ses promesses. » Le film n’a même pas droit à un seul T de cotation ! En juin 1998, une autre chaîne de télé diffuse le même film. Entre temps, la cinémathèque a rendu hommage à John Carpenter, alors... Télérama a bien pris la précaution de ne pas reprendre la même critique comme elle le fait souvent. C’est donc Jacques Morice qui écrit : « On ne dira jamais assez combien Carpenter sait faire rimer fantastique et poésie visuelle. » Et le film est coté avec deux T ! Je pourrais répéter à l’infini ce type de citation avec la manière dont les critiques traitent, autre exemple, un cinéaste comme Dario Argento...
Alors, fort de cette petite leçon de modestie pour les critiques, ne faites pas confiance à ceux qui critiquent un film fantastique, car souvent, ce film les dérange. Allez le voir pour juger vous-même ! Wishmaster est intéressant à plus d’un titre, en mettant de côté les quelques maladresses de mise en scène et de montage. D’abord, le thème traité : celui du djinn. Les incarnations du mal prennent différentes formes dans le folklore des peuples. Cette forme, ils la leur donnent en fonction de leur histoire, de leur religion, de leurs peurs intimes. Le djinn est un esprit de l’air inventé par les Arabes. Il est parfois malfaisant, mais aussi parfois bienfaisant. Souvent (et c’est le cas dans ce film) on confond les djinns avec les shayâtîn qui sont les démons de l’islam. Comme eux, les djinns ont été créés à partir du feu par Allah. Ils ont le don d’être partout, d’« écouter aux portes du ciel » (Coran XV, 18). Voilà donc un diable original chez nous et que bien peu d’auteurs ou de cinéastes ont mis en scène en occident, contrairement aux pays arabes, tels l’egypte. « Les contes anciens sont bien plus noirs », déclare le djinn qui a pris l’apparence de l’héroïne du film.
Un grand écrivain anglais (et non pas américain comme beaucoup le croient car il met toujours en scène ses histoires aux États-Unis...) l’a fait : Graham Masterton avec Le Djinn (1977). Cet auteur génial écrit des histoires inspirées des mythes et légendes. Et, justement, je trouve que le film Wishmaster emprunte beaucoup à son œuvre. En m’excusant de me citer, voici ce que j’écrivais dans le numéro 38 de la revue Phénix : «  Les romans de Masterton sont tous construits de la même manière, basés sur un thème éminemment fantastique, celui de l’apparition de créatures, d’entités, de démons venus d’ailleurs [...] Ainsi, un objet [...] devient le siège d’un démon qui peut ouvrir les portes de l’au-delà. » Ici, c’est bien le thème central du film Wishmaster . Et ce n’est pas tout. Chez Masterton, devant les manifestations inexplicables du démon, le héros rencontre un érudit qui lui donne des pistes et une bibliographie pour comprendre. C’est le cas aussi dans le film. Le scénariste Peter Atkins avait-il lu les œuvres complètes de Masterton ?
Wes Craven, qui avait su apprécier les dons d’artiste maquilleur de Kurtzman a produit son film. Ce dernier, en hommage aux films fantastiques a embauché une série d’acteurs ayant joué le rôle principal dans un film mythique : Robert Englund d’abord, le comédien qui a joué Freddy , Tony Todd dans Candyman (1992) de Bernard Rose, Reggie Banister pour Phantasm (1979) de Don Coscarelli et Kane Hodder pour Vendredi 13 (1980) de Sean S. Cunningham.
Comme dans les romans de Masterton, le film commence sur les chapeaux de roues avec une scène terrifiante en Perse au douzième siècle. Il y a un laboratoire ce qui mêle dans l’esprit du spectateur science et occultisme et le djinn est délivré par un laser utilisé pour tenter d’analyser l’objet qui le tient prisonnier (une énorme pierre précieuse...) Le djinn est une créature qui se nourrit des vœux des humains. Il les satisfait à sa manière qui est très cruelle. Le débat entre la rationalité et l’irrationalité, classique dans ce genre d’histoire, est vite clos aux dépens de la première, car, de nos jours, « Il n’y a plus de charmes, plus d’espoirs, plus de magie... » Le djinn, lui, représente le désespoir. Et alors, les statues se mettent en marche et Jack l’éventreur sort de son tableau. Gare !
La suite : Wishmaster 2 de Jack Sholder (1998) est encore mieux ! Ce qui n’est pas la cas de Wishmaster 3 de Chris Angel (2001) qui se laisse néanmoins regarder… Et il y a aussi un Wishmaster 4 de Chris Angel également ! Ces séquelles sont un peu plus portées sur le sexe…

(Le texte ci-dessus est repris de mon ouvrage " Un siècle de cinéma fantastique et de SF ", éditions Le Manuscrit - 2004)

Qu’en est-il de Wishmaster 4 La Prophétie de Chris Angel, que je n’avais pas vu lors de la publication de mon livre ?
Eh bien ça commence par une scène de sexe. Diable oblige... Puis c’est une laborieuse histoire de mal vivre dans un couple car l’homme est paralysé des jambes suite à un accident et le Wishmaster interfère avec ses voeux, ou du moins les voeux de ses victimes qu’il doit exaucer.
La fille n’est pas très jolie, les hommes sont bellâtres. Comme dans tous les films de série B.
Et à la fin le Wishmaster ne peut pas exaucer le troisième voeu qui ouvrirait les portes de l’entre deux mondes où se trouvent les Djinns...
On finit pas s’ennuyer, le sang coule trop fort, les trucages sont mauvais, et voilà.... Un Wishmaster de trop ?

Alain Pelosato



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