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  Sommaire - BD -  Coffee time

"Coffee time " de Tetsuya Toyoda

- Je suis un robot. Je ne bois pas de café.
Georges Clooney nous a informé que le café était le moyen idéal pour entamer des relations sociales.

C’est ainsi qu’une violoncelliste entame une discussion avec un italo-japonais qui serait le directeur artistique d’un orchestre, ou bien il exercerait la profession d’architecte, à moins qu’il soit un cinéaste. Cela dépend de ses versions.

Parallèlement le détective Yamazaki (1) qui vient d’être recruté par un enfant, utilise le café comme moyen de réflexion.

Ailleurs une jeune femme explique à sa nièce comment torréfier les grains de café. Elle procède également à une analogie avec l’humanité : "Les grains ne peuvent que s’abîmer, une fois cueillis ! Alors que les humains eux, changent toute leur vie".

Mais pour interroger un suspect quelle est la meilleure méthode : la brutalité policière (et robotique) ou bien la dégustation d’une tasse de café ?

En tout cas un bon café est l’ingrédient idéal pour une discussion entre un père et son fils. Ce dernier peut ainsi apprendre à cette occasion que la famille va s’agrandir de manière surprenante.

Pendant ce temps deux Yakuzas hésitent sur la conduite à tenir : prendre un café ou bien s’entre-tuer ?

Parallèlement un inspecteur de police propose un café à une jeune suicidaire.

Le détective Yamazaki découvre désormais qu’une enquête peut l’emmener à partager un café avec un surfeur.

Pendant ce temps un conducteur s’interroge : comment trouver le "Panda-café" tout en échappant aux girafes belliqueuses ?

Plus concrètement un café est-il le moyen de détendre l’atmosphère lorsqu’un couple envisage de divorcer ?

Un autre couple pourrait se former car une jeune femme invite un de ses collègues de travail à boire un café chez elle. Un café ? Bien sûr, sauf que... alerte !

Il est temps de jeter un coup d’œil aux lieux consacré à la dégustation des plus fins arômes. Une journaliste souhaitant interviewer des personnalités liés au café ouvre la porte d’un local et...stupeur et tremblements ! C’est un café ça ?! Bon, quoiqu’il en soit voici une tasse de...ce que le gérant de l’établissement appelle un café...

Plus triste : une jeune veuve et son beau-père dégustent un café.

Plus étrange : un scientifique et une femme venue d’un autre monde font de même.

Cependant dans un monde post-apocalyptique une charmante vieille dame utilise deux ingrédients pour mener une négociation : un très bon café et un excellent fusil à pompe. Mais non, ce n’est pas une extorsion, mais une négociation (ne pas confondre).

Ces courtes histoires nous révèlent une fois de plus le talent de Tetsuya Toyoda que se soit au niveau du dessin ou du scénario, celui-ci appartenant au registre du romantisme, du fantastique ou de la science-fiction. Il arrive que les histoires en apparence coupées les unes des autres se rejoignent, que ce soit par l’utilisation des mêmes personnages ou bien par des allusions. Par exemple le lecteur apprend qu’un futur divorcé travaille sur un prototype d’androïde (serait-ce le futur coéquipier d’un certain policier irascible ?).

Cependant la ressemblance entre certains des personnages brouillent les cartes. Yamazaki aurait-il été autrefois un yakuza ?

Mais on se rappellera que dans le recueil Goggles était apparus les deux héros d’Undercurrent sous une autre identité.

Le mystère s’épaissit et le mangaka laisse le lecteur spéculer, tout comme il lui laisse imaginer la suite des histoires présentant une fin ouverte.

(1) cf. le manga « Undercurrent » (Kana) et le recueil « Goggles » (Ki-oon)

Damien Dhondt

Scénario & Dessin : Tetsuya Toyoda _ Coffee time _ Traduction : Sébastien Ludmann, Adaptation graphique : Clair Obscur _ Édition Ki-oon, collection Latitudes _ octobre 2014 _ Inédit, poche, sens de lecture japonais, 208 p. dont 4 pages couleurs _ 14 euros



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