SF Mag
     
Directeur : Alain Pelosato
Sommaires des anciens Nos
  
       ABONNEMENT - BOUTIQUE - FAITES UN DON
Sfmag No105
105
E
n
 
K
i
o
s
q
u
e
s
RETOUR à L'ACCUEIL
BD   CINE   COUV.   DOSSIERS   DVD   E-BOOKS  
HORS SERIES    INTERVIEWS   JEUX   LIVRES  
NOUVELLES   TV   Zbis  
Encyclopédie de l'Imaginaire, plus de 13 000 articles
  Sommaire - Interviews -  Matz scénariste de la Bd "Du Plomb Dans La Tête"
Interview de Matz scénariste de la Bd "Du Plomb Dans La Tête"
Par Marc Sessego et Damien Dhondt

Dernier ajout : vendredi 15 mars 2013

"Matz scénariste de la Bd "Du Plomb Dans La Tête" "

D’où vient votre nom "Matz" ?

Lorsque j’ai commencé la bande dessinée, ce n’était pas aussi "cool" que maintenant. Et comme je voulais aussi écrire des romans, et que j’étais en train d’en écrire un, je me suis dit que pour ne pas être catalogué comme scénariste de bd par les éditeurs, ce qui à l’époque équivalait à quelque chose comme semi-débile mental, j’ai décidé de prendre un pseudonyme. Finalement, je ne le regrette pas, d’une part parce que je trouve ça bien de séparer les activités, et d’autre part parce que ça met une petite distance entre soi et le travail, qu’on le veuille ou non.

Comment êtes-vous passé d’écrivain de jeu vidéo à écrivain de Bande-dessinée ?

Je suis plutôt passé de scénariste de bd à scénariste de jeux vidéo. J’ai été engagé par Yves et Gérard Guillemot, les patrons d’Ubisoft, parce que j’étais scénariste de bd. Ils cherchaient, à l’époque, c’était le milieu des années 1990, quelqu’un qui aurait une expérience de scénariste, avec une dimension visuelle. Là aussi, il fallait ne pas avoir d’a priori, parce que pour les scénaristes de cinéma ou de TV, les jeux c’était seulement pour les ados boutonneux et un peu demeurés. Et ça payait beaucoup moins. Pour un scénariste de bd, c’était très bien payé

Quels sont vos conseils pour un jeune écrivain débutant ?

Il faut bosser, suivre son intuition et ne pas se laisser décourager. Après tout, je suis bien placé pour savoir que l’impossible peut arriver !

Comment s’est passé le contact avec Colin Wilson ?

Nous avons fait toute la bd sans jamais nous rencontrer. Colin habite en Australie, moi à Paris, ça fait loin. Nous avons donc travaillé par emails et quelques coups de fil épisodiques. Mais tout s’est très bien passé. Nous sommes entrés en contact par l’intermédiaire de Casterman, après que Jean Giraud m’avait conseillé de faire appel à lui.

Pourquoi "Du plomb dans la tête " a-t-il été choisi pour être adapté au cinéma ?

Je suppose que les producteurs ont été sensibles au côté "buddy movie", mais la raison déterminante a sûrement été l’intérêt qu’a manifesté Stallone pur le projet. C’est lui, le moteur du film.

Qui vous a contacté pour les droits ?

Les droits de "Du plomb dans la tête" ont été optionnés par Warner Bros, puis par IM Global.

Étiez-vous impliqué au niveau de la production et du script, et si oui avez-vous pu rester fidèle à votre propre création ?

Non, pas du tout impliqué. Ni droit de regard, ni participation au scénario. Cela ne m’inquiète pas.
Avez-vous eu l’opportunité de travailler avec Walter Hill ?
J’ai eu l’opportunité de le rencontrer et de sympathiser avec lui, mais pas de travailler sur le film. En revanche, il est très possible que nous travaillions ensemble sur une bande dessinée. J’ai été frappé par la gentillesse et la modestie de Walter Hill, son ouverture d’esprit, et sa curiosité. J’espère donc que ce projet verra le jour.

Quelle fut votre réaction lorsque vous avez appris que Sylvester Stallone tiendrait le rôle ?

Un mélange de surprise et d’incrédulité.

Quel est votre sentiment sur le produit fini ?

J’ai bien aimé ce film. Je trouve qu’il a la pêche, qu’il est drôle, il n’y a pas de temps mort, les scènes d’action fonctionnent bien. C’est un polar un peu à l’ancienne, sans trop d’esbrouffe comme on en voit maintenant, pas de 3D et d’effets pas possibles, mais j’ai passé un bon moment.

Parlez-nous de votre expérience concernant le film ?

Je suis allé sur le tournage, j’ai rencontré Walter Hill, Stallone et Sung Kang, avec lesquels je me suis très bien entendu. Cela avait quelque chose d’un peu surréaliste, dans la chaleur étouffante de New Orleans en plein été, où avait lieu le tournage, de se retrouver à discuter avec eux, du scénario, de la bd, du film, mais forcément, c’est assez inoubliable. Qui aurait pu penser que cette bd deviendrait un film de ce genre ?

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Je travaille sur plusieurs projets de bd. Bien entendu, je continue mes deux séries en cours, "Le Tueur" et "OPK", j’en entame une chez Glénat, avec Mezzomo, je vais aussi sortir l’adaptation du Dahlia noir de James Ellroy dans la collection que je codirige, Rivages/Casterman/Noir, ainsi qu’un album dans la série "XIII Mystery", avec rien moins que Rossi. Je travaille aussi sur quelques autres albums, parmi lesquels celui dont je parlais précédemment avec Walter Hill. J’espère que je trouverai un éditeur.

Le lobby de la S.P.A. américaine a-t-il fait pression pour qu’on ne trucide pas les chiens à l’écran ?

Apparemment pas ! Ni les chats, d’ailleurs.

Épargner un chat permet-il de rendre un tueur sympathique ?

Cela peut y contribuer. Je crois que cette scène est une sorte de clin d’oeil aux chiens du film. Comme pour dire, "on aimerait bien, mais on ne peut pas !" Je suppose que c’est une des différences entre une bd et un film !
Votre personnage principal "Le tueur" est un habitué des réflexions philosophiques. Est-ce que cela interfère dans son travail ou bien est-ce que cela l’aide à se justifier ?
Ni l’un ni l’autre. Le Tueur, consciemment du moins, n’éprouve aucun besoin de se justifier. Cela n’interfère pas non plus parce que cela ne l’a jamais empêché d’occire qui que ce soit. Cela alimente sa réflexion, et la nôtre, et aide à s’interroger sur la nature humaine, notre remarquable espèce, tellement pleine de mystères, et si souvent effrayante.

Dans "OPK" vous nous informez qu’il est possible de tuer pour des biens virtuels. S’agit-il de l’avenir ?

Il s’agit du présent ! "OPK" est basé sur des faits réels. Il est arrivé, il y a quelques années (donc c’est aussi le passé), que des joueurs s’assassinent à cause de ce qui s’était passé dans les univers virtuels. C’était en Corée, je crois. J’ai donc simplement un peu extrapolé afin de donner à cette histoire un peu plus d’envergure, mais oui, cela est arrivé, arrive et arrivera sûrement encore. Le monde est rempli de mauvais perdants. Donc on peut dire que c’est le passé, le présent et je ne me mouille pas trop en pariant que ce sera aussi l’avenir.

Voir la chronique du film sur ce site :
http://www.sfmag.net/article.php3?id_article=10323

Voir la chronique BD sur ce site :
http://www.sfmag.net/article.php3?id_article=10325


Retour au sommaire