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  Sommaire - DVD -  A - F -  Dredd -Blu-ray
"Dredd -Blu-ray "
de Pete Travis
 


Avec : Karl Urban, Olivia Thirlby, Lena Headey, Wood Harris.

Dredd ne connaîtra pas en France les honneurs d’une sortie en salle. C’est regrettable, car je reste persuadé qu’il aurait trouvé son public. Même si, avec la folie des reboots qui frappe Hollywood et les films de super-héros, Dredd aurait presque pu inaperçu. Presque... Mais Dredd est un film qui en a dans le pantalon, et qui prend le contre-pied du « Judge Dredd » de Danny Cannon, sorti en 1995, et qui malgré la présence de Stallone, avait tué la franchise dans l’œuf. Ce film a en effet la particularité de réunir l’intégralité des fans de ce personnage contre lui.
Loin de moi toutefois l’idée de tirer sur l’ambulance. Dredd, à l’instar d’un Punisher, évolue dans un univers ultra-violent difficile à conjuguer avec les exigences marketings du cinéma actuel. La subtilité réside dans le fait de parvenir à trouver un format scénaristique capable de satisfaire tout le monde : financiers, concepteurs, et fans.
De ce point de vue, les similitudes avec The RAID, de Gareth Evans, sont nombreuses et flagrantes. Notre inflexible juge (Karl Urban) se retrouve affublé d’une novice qui a échoué à tous les tests de sélection, mais qui a le don de pouvoir lire les esprits (Olivia Thirlby). Un triple homicide les emmène dans un bloc qui est entre les mains de Ma-ma (Lena Headey), chef de gang et terrible trafiquante de drogue aux méthodes pour le moins expéditives. Très vite, les choses dégénèrent et les deux juges se retrouvent isolés du monde extérieur, enfermés dans cette cité verticale, et cibles de quasiment tous ses habitants.
Pete Travis se sert de l’architecture des lieux comme d’un être vivant, pour presqu’en faire par moment un protagoniste à part entière. L’angoisse et la tension, voire même l’action, sont parfaitement soutenues par une gestion de ces couloirs et enfilades de portes, d’où on ne sait jamais ce qui va surgir.
Maintenant, la principale critique vient justement de ce qui fait la réussite du film. Mis à part dans la scène d’ouverture, on ne fait qu’entrevoir Megacity 1, et la Terre de Désolation est à peine évoquée. Certainement de crainte d’avoir les yeux plus gros que le ventre, et probablement soumis au diktat de producteurs frileux, le récit est centré exclusivement sur les deux juges, et on se retrouve finalement en train de regarder un survival urbain, dont The Raid, cité plus haut, reste quand même la référence. Les éléments fantastiques ou de science-fiction deviennent rapidement inutiles dans ce contexte, et même les effets spéciaux liés aux conséquences de la prise de drogue ne sont guère plus que du « bullet-time » à la Matrix, et ne servent finalement guère le récit. C’est dommage, car on aurait pu imaginer autre chose pour une drogue dont l’effet est de faire percevoir au cerveau le temps 100 fois moins vite.
Reste que malgré cela, Dredd est d’une efficacité redoutable quand ce qui est de tenir le spectateur constamment sur ses gardes, et surtout, le personnage interprété par Karl Urban rend parfaitement hommage aux comics. Quand il balance « la loi, c’est moi ! » il y croit et nous aussi !
Et c’est bien là ce qui compte finalement.

Note film : 8/10
Blu-ray : Copie d’excellente qualité (tourné en 3D), format 2.35 : 1 (cinémascope). Bonus : 2/10 : interviews, bandes-annonces. (Sortie officielle en France le 11 février 2013). Film tout public.

Luc Bertocci



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