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  Sommaire - Interviews -  Robert Silverberg
Interview de Robert Silverberg
Par Par Bruno Peeters

Dernier ajout : samedi 10 avril 2004

"Robert Silverberg"


Après un arrêt de votre production paraît, en 1962, votre essai Lost Cities and Vanished Civilizations, qui démontre votre intérêt pour le thème des “lost-race tales”. Que pensez-vous de la recrudescence actuelle de cette thématique, et du succès des mythes de l’Atlantide et autres ? Vous avez tout de même écrit “Letters from Atlantis” ?



Robert Silverberg : Lost Cities est né de mon intérêt pour l’archéologie et la lumière que cette science apporte sur notre passé et notre présent, pas d’une fascination pour la fantasy. Je crois que l’intérêt actuel pour les civilisations perdues reflète une envie d’évasion, de divertissement et d’un repli sur des croyances irrationnelles. Certes, il y a un évident élément romantique dans mon attirance pour les anciennes civilisations - une sorte de voyage dans le temps à l’envers - il n’y a par contre rien d’irrationnel. Je veux simplement comprendre comment fonctionnaient ces anciennes civilisations.


To See Invisible Man (1963) est l’une de vos plus belles nouvelles. Elle inaugure la galerie d’œuvres importantes de cette époque brillantissime, telles Dying Inside, The Man in the Maze, Hawkbill Station, To Live Again, The Book of Skulls ou Son of Man. Pouvez-vous nous parler de ce tournant “tragique” de votre œuvre, dominé par l’effroi de la solitude et de la mort ?


J’ai commencé à écrire pour vivre à l’âge de 18, 19 ans. À cet âge, même les auteurs les plus doués ne peuvent que recycler leurs propres expériences de lecture - ils n’ont tout simplement pas vécu assez de choses (ceux qui les ont vécues avant cet âge, comme Radiguet, ne vivent généralement pas très vieux ou, comme Françoise Sagan, détruisent leurs forces créatives dans l’aventure). De ce fait, les premières histoires sont rarement originales ou profondes. Les histoires dont vous parlez ont été écrites dix ans plus tard et ma perception de la vie était à ce moment-là basé sur autre chose que de simples lectures.


The World Inside (1971) tranche fort par rapport à vos autres œuvres, et vous rapproche de Ballard, Brunner ou Spinrad. Quelle en fut l’inspiration et comment regardez-vous ce roman aujourd’hui ?


Arcology de Paolo Soleri est à l’origine de cette histoire. Et aucun des trois auteurs que vous citez n’y a la moindre influence. Je n’avais encore jamais rien lu de Spinrad lorsque j’ai commencé à écrire cette histoire. Peut-être Tous à Zanzibar a-t-il eu une influence, mais il n’avait pas encore été publié. Et je n’ai jamais ressenti l’influence de Ballard sur mes écrits, même si j’admire ses premières histoires.


Beaucoup de nouvelles encore en ces années. Dont Going Down Smooth, Passengers, To the Dark Stars, Good News from Vatican, et celles à l’origine de Nightwings, puis un dernier roman : Shadrach in the Furnace (1976). Suivit alors un long silence. Que s’est-il passé en vous, et pourquoi ce nouvel arrêt de votre production SF jusqu’en 1980 ? Aimez-vous tenir vos lecteurs en haleine ou ces arrêts correspondent-ils à un temps de réflexion nécessaire et récurrent ?


Durant ces trente dernières années, j’ai dû me battre contre le mercantilisme grandissant de l’édition de SF aux USA. Parfois je parviens à un terrain d’entente comme lors de la publication du Château de Lord Valentin, parfois je me rebelle comme avec Starborne et The Alien Years.


Lorsque cette bataille devient trop irritante, je m’éloigne. C’est ce qui s’est passé en 1975 après la publication de Shadrach. J’ai moins envie d’écrire aujourd’hui qu’avant, mais c’est surtout un effet de l’âge – la vie n’est pas éternelle et j’ai envie de faire beaucoup d’autres choses qu’écrire des romans. Mais j’ai encore deux ouvrages qui doivent paraître en France dans les deux années qui viennent.


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