CINEMA Sorties salles et vidéos–DVD 

Attention :

Quand vous cliquez sur un titre de film, vous allez vers la critique en restant sur cette page.

Pour revenir au menu il suffit de remonter jusqu’ici.

Mais certains films vous renvoient à une autre fenêtre qui va s’ouvrir.

Pour revenir au menu il faudra fermer cette nouvelle fenêtre.

Les articles concernant les films sortis en vidéo et DVD non signés sont de Stéphane Thiellement.

 

7  Jours à vivre

13 fantômes

2001 l’odyssée de l’espace

L’Age de glace

A.I.

A l’aube du 6ème jour

 

Amityville la maison du diable

Anatomie

Apparences

Arachnid

 

 

 

 

 

Arac Attack

Armageddon

Atlantide,

L’Empire Perdu

Les Autres

Les Autres

Avalon

Battle royal

Blade 2

Blair Witch 2 : le livre des ombres

Le Blob

Ça

Candyman 2

 

Carrie

Cash Reese Glass Shadow

Chevalier

Chevalier

Le clown de l’horreur

Christina’s house

Cocoon

Cœurs perdus en Atlantide

Cœurs perdus en Atlantide

Comme chients et chats

Cronos

 

 

 

 

D-Tox

Dark city

Darkness

Les dents de la mer (2–3–4)

Destination finale

Détour mortel

Dinosaure

La disparue

Dog soldier

Donnie Darko

Dracula 2001

Dragon Rouge

 

 

Le dixième royaume

Earth vs. The Spider

L’Emprise

L’Exorciste

Face aux démons

Family Man

 

 

Le Fantôme du Bengale

Faust

La femme du boucher

Freddy Krueger (La saga…)

Un frisson dans la nuit

From Hell

Ghosts of Mars

Ginger Snaps

Harry Potter la chamber des secrets

Highlander IV

Hannibal

The Hole

Incassable

 

Insomnies

Intuitions

Jimmy Neutron

Jurassik park III

Jason X

Jeepers creepers

Kate & Leopold

Ladyhawke

Lara Croft: tomb raider

Lara croft : tomb raider

Liaison fatale

Los Angeles 2013

Le Loup-garou de Paris

Mad Max

La Malédiction

Maléfique

Le Masque du démon

Massacre à la tronçonneuse

Men in Black 2

Mes chers voisins

Meurs un autre jour

 

Meurtres à la St Valentin

Mortelle St Valentin

Mortelle St Valentin (DVD)

Monstres et Cie

Nuits de terreur

 

 

Obsession

Les oiseaux

La part des ténèbres

Petit poucet

Phenomena

La Planète au trésor

La Planète des singes

La planète des singes (5films)

La planète des singes

Pluto nash

Piranhas

La prison de verre

 

 

 

 

Prophecy 3

Le règne du feu

Le retour des morts-vivants 3

Replicant

Ring 2

Rollerball

Rose red

 

Samouraïs

Scream

Sept jours à vivre

She Creature

Shrek

Shrek

Le silence des agneaux

Signes

Simetierre

Souvenirs mortels

Spider

Spiderman

Starship troopers

Star trek 2

Terror tract

The One

The Usual suspects

Top Chronos

Traqué

Le tueur du vendredi

 

Vampires

Vampires 2

Vanilla Sky

Vanilla Sky

Vendredi13

Chapitre final

Vendredi 13 : Jason le mort vivznt

Versus l’ultime guerrier

Vidocq

Vorace

 

X-Files: R.A.S.

The X-files saison 6

The X-Files saison 4

 

 

 

 

 

 

Spiderman

Avec : Tobey Maguire, Kirsten Dunst, Willem Dafoe, James Franco, Cliff Robertson, Rosemary Harris, J.K. Simmons, Joe Manganiello.

de Sam Raimi

Sortie le 12 juin

121 mn

+++

 

Orphelin dès son plus jeune âge, Peter Parker est recueilli par son oncle Ben et sa tante May, qui l’élèvent comme leur propre fils. Lors d’une visite organisée pour sa classe dans un laboratoire scientifique, il se fait mordre par une araignée génétiquement modifiée ce qui va entraîner une altération profonde de son métabolisme en le dotant de facultés propres aux araignées ainsi que d’un 6e sens l’avertissant du moindre danger. Après le décès de son oncle dont il n’aura pas su empêcher le meurtre, Peter va se servir de ses super pouvoirs pour lutter contre le crime et venir au secours des innocents sous l’identité de Spider-Man. Le 1er super méchant qu’il devra affronter sera le Bouffon Vert, qui n’est autre que le père de son meilleur ami Harry, Norman Osborn, victime, quant à lui, d’une expérience scientifique qui a mal tourné et l’a rendu fou. En outre, Peter devra renoncer à l’amour inconditionnel qu’il porte depuis sa tendre enfance à Marie Jane pour faire face à ses nouvelles responsabilités.

Malgré quelques changements mineurs par rapport au comic, le film reste fidèle à l’esprit d’origine et alterne de façon judicieuse les scènes où prédomine l’action et celles, plus intimistes, qui sont axées sur la psychologie des différents personnages. Toutefois bien que la vision des choses de Sam Raimi soit perspicace, on est quelque peu déçu par les effets spéciaux dans la mesure où l’on aurait pu s’attendre à plus d’inventivité de la part des infographistes d’Imageworks. La fin laisse à supposer que Spider-Man 2 pourrait bien être consacré à la vengeance d’Harry Osborn. Affaire à suivre…

Josèphe Ghenzer

 

Blade II

Avec : Wesley Snipes, Kris Kristofferson, Norman Reedus, Leonor Varela, Luke Goss, Ron Perlman

de Guillermo Del Toro

Sortie le 19 juin

115 mn

++++

 

Tout commence lorsque Blade détecte des intrus dans son repaire et les neutralise. Pourtant ceux-ci ne sont pas venus l’éliminer mais lui remettre un message de la part de son pire ennemi, le redoutable Damaskinos, qui lui demande une trêve afin qu’ils s’allient pour combattre ensemble les Reapers, une nouvelle race de vampires quasiment invincibles (seule la lumière du jour peut en venir à bout) issus de la mutation d’un virus, qui s’attaquent indifféremment aussi bien aux vampires qu’aux humains. Afin d’éradiquer ce fléau qui progresse à une vitesse exponentielle, Blade accepte de prendre le commandement du “ Bloodpack ”, un commando de vampires qui a été entraîné tout spécialement pendant deux ans pour le tuer. Blade ira de surprise en surprise car, en réalité, Damaskinos lui a caché de nombreuses choses mais la vérité finira par éclater au grand jour.

L’adaptation cinématographique de Blade ayant été prévue dès le départ comme une trilogie, pour ce 2e volet des aventures du “ Daywalker ” on retrouve à nouveau David Goyer à l’écriture du scénario, dans lequel les motivations respectives des différents personnages ont été plus approfondies que dans le 1er volet, tandis que Stephen Norrington a laissé sa place à Guillermo Del Toro qui a choisi d’en faire un traitement très comics revisité à la mode hong-kongaise.

Au niveau visuel, Del Toro s’est inspiré de toutes sortes d’influences prises dans d’autres films. Sa vision de Blade est plus sombre, plus violente et plus gore que celle de Norrington. Sa mise en scène très stylisée est mise en valeur par un montage dynamique, l’utilisation d’une nouvelle caméra et des effets spéciaux réussis faisant appel à de nombreuses techniques. Quant à la photo, elle privilégie une dominante de couleur spécifique (bleu, vert, rouge, jaune) à chaque type de décors. Bref, du beau spectacle pour les “ mordus ” du genre.

Josèphe Ghenzer

 

Samouraïs

Avec : Cyril Mourali, Mai Anh Le, Yazuaki Kurata

de Giordano Gederlini

Sortie le 29 mai

90 mn

++

 

Dans le Japon ancestral des samouraïs régnait un démon, nommé Shoshin Kodeni. De nos jours, le commissaire Morio Fujiwara est à la poursuite de cet être démoniaque qui semble immortel. Aujourd’hui, Kodeni est devenu le très puissant propriétaire d’une multinationale spécialisée dans les jeux vidéo de combats. Fujiwara suspecte le dernier-né de ces jeux, intitulé “ Dark Bushido ”, de pouvoir se convertir en arme. Pendant qu’il enquête sur ce nouveau jeu, Kodeni choisit de se servir d’Akemi, la fille unique du policier, pour revenir à la vie. C’est à Paris où Akemi vit que viennent la poursuivre les hommes de main de Kodeni. Grâce à Marco et à Nadir, deux garçons que rien n’effraie et qui sont prêts à tout pour protéger la jeune et jolie Japonaise, elle arrivera à échapper à la malédiction.

Avec son 1er long-métrage, Giordano Gederlini fait preuve d’un indéniable sens de la mise en scène, quant à la photo, elle est belle et souvent inspirée de l’univers des mangas. La partie “ japonaise ” du film ainsi que les séquences de combats d’arts martiaux sont assez réussies, mais le résultat final “ pèche ” malheureusement par le manque d’expérience des deux jeunes acteurs français et l’humour potache, qui pimente le scénario et est particulièrement exaspérant à la longue.

Josèphe Ghenzer

 

 

 

Highlander IV : Endgame

Adrian Paul, Christophe Lambert et Bruce Payne

 

De Douglas Aarniokoski

84 min

Sorti le 2 mai

+

Avec l’annonce du retour du scénariste Gregory Widen (réalisateur également de La Prophétie) sur le sujet qu’il a créé, on a cru, un court instant, que la saga Highlander pourrait hériter sinon d’une réussite, au moins d’une séquelle estimable. Bernique. Widen tourne vite le dos au projet et Highlander quatrième du nom pique du nez. Basé sur des idées d’un certain potentiel (notamment le combat entre Connor et Duncan McLeod), Endgame ne fait pas illusion plus de dix minutes. Christophe Lambert est fatigué de rempiler à nouveau et ne s’en cache pas, sans doute uniquement motivé par la perspective de se faire liquider une bonne fois pour toute et de laisser sa place à Adrian Paul. Ce dernier, le regard ahuri et bovin, fait ce qu’il peut mais confirme ce que les spectateurs du petit écran savaient déjà : c’est un bien piètre acteur, évoluant en roue libre faute d’un réalisateur capable de le diriger. Accusant une panne sévère d’inspiration, croulant sous les renvois inutiles à la série TV, avançant decrescendo en bâclant tout ce qui aurait pu faire son intérêt, Highlander : Endgame ne surpasse que de quelques crans son pénible prédécesseur, grâce à quelques minutes de duel relativement bien montées. Et que ceux que la bande annonce avait alléché restent chez eux : les plans les plus emballants qui y sont présentés sont tout simplement absents du film ! Foutage de gueule ou remontage express, la question reste posée et l’arnaque totale…

Christophe Mavroudis

 

 

Christina’s House

Avec Brendan Fehr, Allison Lange, John Savage, Brad Rowe

 

De Gavin Wilding

98 min

Sortie le 6 juin

+

Oh la belle pub ! Christina’s House est produit par Mark Victor et Michaël Grais, auteurs de Poltergeist, sur lesquels le film repose et s’endort. Oh la honte ! Christina’s House ressemble à un catalogue de La Frayeur Facile, avec toutes les fausses terreurs et les effets nanarifiants que cela suppose, pour une efficacité minimale et un pathétisme sidéral. Oh que c’est con ! Les personnages du film, dans la grande tradition américaine, sont des ados nombrilistes, limités du côté cervelle dont l’élimination pourtant tant désirée n’arrive même pas. Oh les trouillards ! Les seules idées intéressantes – le père de Christina visiblement incestueux et une machine à hacher l’homme impressionnante – ne sont pas exploitées un seul instant, sans doute par peur de choquer les esprits sensibles qui, de toute façon, ne vont pas voir ce genre de film (et nous, on ne nous y reprendra plus). Oh le bâillement ! Parce qu’en plus de tout cela, Christina’s House manque totalement de rythme. Oh le rire ! Et il se paie le luxe d’être ridicule en tous points (une maison truquée à l’insu de ses résidents, faut le faire). Oh le méchant critique ! Parce que le tueur, c’est le gars qui travaille dans la maison (comme ça, vous pourrez vite sortir de la salle). Oh ben merde alors ! Le final se permet d’annoncer une suite (si vous voulez, c’est la mère complètement louf de Christina qui envoie les cinglés de son asile trucider sa petite famille, et vu qu’il y en a beaucoup…) Oh le oh ! Parce que la critique est finie et qu’il est grandement temps d’aller se coucher.

Christophe Mavroudis

 

7 jours à vivre

Avec Amanda Plummer, Sean Pertwee, Nick Brimble

 

De Sebastien Niemann

96 mn

Sortie le 9 mai 2001

++

Encore un sélectionné de Gerardmer 2001, qui assume par contre complètement son appartenance à un des genres représentés à ce festival. Maintenant, il est vrai qu’il a quelques petits airs de “déjà vu”…

Un couple achète une maison isolée dans la campagne britannique, pour oublier la mort accidentelle de leur fils, et tenter de reconsolider leur union. Martin est écrivain, il veut du calme pour remettre ses idées en ordre. Ellen s’occupera de la rénovation du manoir. Mais très vite, d’étranges phénomènes surviennent, seulement en la présence d’Ellen, et qui se terminent par un avertissement, qui lui indique le nombre de jours leur restant à vivre. En fouillant dans le passé de la demeure, Ellen va découvrir un secret morbide, et aussi que tous les précédents locataires ont tous finis tués ou fous… Martin devient irritable, violent, et apparaît alors le fantôme de leur fils…

Un véritable catalogue de tout ce qu’on connaît dans le genre, empruntés à Shining (l’écrivain fou), Le Cercle infernal (la mort du gosse), et bien d’autres encore. Pourtant, 7 jours à vivre demeure plaisant. Ce premier film d’un réalisateur allemand est très appliqué, génère parfaitement bien une atmosphère de terreur sournoise, et ménage quelques scènes chocs surprenantes, ne serait-ce que le cri sans fin du précédent locataire dans le prologue. C’est une ghost-story de très bonne tenue, certes très (voir trop) classique mais qui, comparée à d’autres films de ce Fantastic’Arts 2001, procurera plus de plaisir à l’amateur du genre. Car c’est bien connu : c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures !

Stéphane Thiellement

 

Insomnies

(Chasing sleep)

Avec Jeff Daniels, Emily Bergl, Gil Bellows

 

De Michael Walker

102 mn

Sortie le 16 mai 2001

+++

L’édition 2001 du festival de Gerardmer fut très décevante par son palmarès. Outre un Grand Prix sur lequel on ne reviendra pas une nouvelle fois, voici maintenant le cas du Prix Spécial du Jury. Un nouveau mystère puisque ce film aurait plus été à sa place au festival du Film Policier de Cognac qu’à Fantastic’Arts. Qu’il gagne en plus un Prix témoigne parfaitement bien de “l’attrait” des membres de ce Jury 2001 pour les genres représentés à ce festival…

Ed Saxon se réveille en pleine nuit et se rend compte que sa femme n’est toujours pas rentrée. Il appelle la police, qui lui dit d’attendre le lendemain, lendemain qui met longtemps à arriver pour Ed, devenu insomniaque. Il entend alors d’étranges bruits, croit voir sa femme, et dort de moins en moins. Se gavant de somnifères, mais ne dormant toujours pas, Ed sombre peu à peu dans une forme de folie.

Raconté ainsi, Insomnies semblerait avoir une ambiance bizarre et fantastique. Sauf que ce n’est pas le cas, tout le film étant réaliste, et assez académique. On comprend très vite le cas d’Ed, on suit progressivement sa descente dans son propre enfer. Le suspense est relativement bien agencé, mais on reste dans une structure policière, quasiment jamais fantastique si ce n’est avec une vision onirique d’un doigt coupé doué de vie ! Parallèlement, lors du festival de Cognac, un film suédois, Sleepwalker, sur un homme fixant une caméra sur son épaule pour enregistrer ses faits et gestes durant ses crises de somnambulisme (lauréat du Prix Sang Neuf, sortie en juin), aurait plus été à sa place à Fantastic’Arts qu’Insomnies. Et il est meilleur, en plus !

Stéphane Thiellement

 

Dracula 2001

2001, l’Odyssée de Dracula

Dracula 2001 (Dracula 2000)

De Patrick Lussier - 1 h 40

Sortie le 9 mai

 

Avec Christopher Plummer, Gerard Butler, Jonny Lee Miller, Justine Waddell, Jennifer Esposito, Vitamin C, Jeri Ryan

++

Londres, de nos jours. Abraham Van Helsing (le vétéran Christopher Plummer), ennemi acharné de Dracula à la fin du XIXe siècle, vit encore, soutenu par l’injection régulière du sang du comte vampire. Son florissant commerce d’antiquités ne tarde cependant pas à attirer la convoitise d’un gang de cambrioleurs de haut vol. Mais surprise, en lieu et place des trésors qu’ils espéraient y trouver, la chambre forte se résume à une crypte, et son contenu à un cercueil plombé. Ne tardant pas à recouvrer la pleine possession de ses moyens, Dracula, ressuscité d’entre les non-morts, débarque à la Nouvelle-Orléans en plein Mardi-Gras, et se met aussitôt en quête de la seule personne dans les veines de laquelle coule son propre sang.

Chef monteur attitré de Wes Craven, qui officie ici en qualité de producteur exécutif, Patrick Lussier se heurte avec ce Dracula 2000, post-daté 2001 pour sa sortie française, aux difficultés inhérentes à l’actualisation du mythe créé par Bram Stoker. Non pas que les vampires ne soient pas solubles dans l’époque contemporaine, ils ont maintes fois démontré qu’ils l’étaient, ce serait plutôt Dracula en lui-même qu’il est relativement délicat d’extraire de son contexte victorien. Même Coppola ne s’y est pas risqué, préférant sagement revisiter le personnage dans son époque d’origine, romantisme et sexualité en sus. Dans Dracula 2001, le maître vampire (Gerard Butler) est un jeune homme qui a troqué sa cape contre un manteau long, et qui travaille un look de latin lover, emprunté, brushing compris, à celui de Frank Langella, l’excellent interprète du comte dans le Dracula de John Badham. Les amateurs du roman de Stoker – dont je suis – goûteront sans doute les nombreuses références qui parsèment le film, du docteur Seward, en passant par la demeure de Carfax, et jusqu’aux fiancées du comte, les fameuses Brides of Dracula, qui tiennent ici un rôle tout juste un peu moins décoratif qu’à l’accoutumée. Mais si la première partie du métrage demeure distrayante, avec une scène de cambriolage plutôt efficace, quoique très inspirée de Piège de cristal, le film ne tarde pas à s’enliser dès lors que l’action se déplace à la Nouvelle-Orléans, ville vampirique par excellence depuis Anne Rice et Poppy Z. Brite. Les fans de Buffy apprécieront certainement les nombreuses scènes d’action, où – c’est dans l’air du temps – les cascades avec câbles abondent, mais ils auront certainement plus de mal à avaler l’indigeste final biblico-hollywoodien. Décidément, après le cataclysmique Un Vampire à Brooklyn, Wes Craven n’a pas beaucoup de réussite avec les suceurs de sang…

Johan Scipion

 

Lara Croft : Tomb Raider

Avec Angelina Jolie, Jon Voight, Iain Glen, Noah Taylor, Daniel Craig.

 

De Simon West

Sortie 27 juin

100 mn

++

Alors que Lara Croft n’était encore qu’une enfant, son père lui dévoila l’existence des “ Illuminati ”, une organisation secrète à la recherche d’une horloge antique aux pouvoirs magiques dont la “ clé ” est censée ouvrir les Portes du Temps et de l’Espace. Cette “ clé ”, un triangle sacré forgé à partir d’un fragment de météorite, est divisée en deux moitiés cachées dans des lieux différents. Ce triangle est censé atteindre toute sa puissance à l’instant précis de l’alignement dans le ciel de trois planètes lors d’une éclipse totale ne se produisant qu’une fois tous les 5 000 ans. Les “ Illuminati ” veulent recomposer le triangle afin d’arrêter le temps et bouleverser le sort de l’Humanité. Lara Croft ne dispose que de 48 heures pour les en empêcher.

Le scénario, linéaire et prévisible, ne comporte aucune réelle surprise alors qu’il présentait certains éléments intéressants, malheureusement juste effleurés et peu exploités. On assiste à un mélange insipide d’Indiana Jones, de James Bond et même de Batman, une sorte de compilation de séquences ou de situations empruntées à de nombreux autres films d’action, d’autant que les rares séquences d’humour tombent complètement à plat. Au niveau des effets spéciaux, on a droit à l’énième “ hommage ” à la mythique scène de l’animation des squelettes de Jason et les Argonautes, cette fois-ci dans une version “ revue et corrigée ” où des statues de pierre poursuivent les profanateurs du Temple.

Le talent incontestable de comédienne d’Angelina Jolie est sous-employé au détriment d’une succession de scènes d’action, certes bien orchestrées mais souvent trop longues. Après l’échec plus ou moins relatif des précédentes tentatives d’adaptations cinématographiques de jeux vidéo, Tomb Raider laisse le spectateur sur sa faim. On attend donc de voir ce que vont donner celles de Final Fantasy et de Resident Evil sans compter, éventuellement, les deux autres suites déjà programmées de Tomb Raider (pour lesquelles l’actrice principale aurait déjà signé). Il faut bien reconnaître que la plastique d’Angelina Jolie ne vaut pas le charisme d’Harrison Ford et surtout que le “ talent ” de Simon West n’égalera jamais celui de Steven Spielberg.

Josèphe Ghenzer

 

Mortelle St-Valentin

Avec Denise Richards, David Boreanaz, Marley Shelton

 

De Jamie Blanks

95 mn

Sortie le 27 juin

+++

On ne le dira jamais assez, mais depuis Scream, le Slasher (film d’horreur avec tueur psychopathe trucidant en priorité des adolescents ou de très jeunes adultes ne pensant qu’à forniquer : il serait heureux dans un certain “loft”…) s’est refait une santé. Bien entendu, les réussites sont rares, les navets sont légion, mais on en distingue tout de même quelques-uns pour sortir du lot. Comme Urban Legends, qui constitue un bon exemple de ce qu’on peut faire avec deux idées et un certain talent. Jamie Blanks, son réalisateur, remet le couvert avec Mortelle St-Valentin. Le résultat est inférieur à son premier film, mais l’ensemble demeure assez satisfaisant…

Un soir de bal de promotion, 4 petites pestes éconduisent un garçon qui ne voulait que danser avec l’une d’elles. La soirée se termine en cauchemar pour lui, puisqu’il est aspergé de sang. 15 ans plus tard, le quatuor est en phase terminale d’études, et recherche toujours le mâle dans toute sa splendeur. À l’aube de la St Valentin, un assassin portant un masque de chérubin décide de les occire une par une de manière la plus cruelle possible.

Un canevas archi classique qui aurait pu n’être qu’un très mauvais Slasher de plus. Mais Jamie Blanks les connaît tous, et arrive, par quelques petits détails, quelques idées et une réalisation de très bonne tenue (le premier meurtre est un modèle de suspense), à faire apprécier son second film. Les personnages sont réellement bêtes, et sont impitoyablement et fatalement éliminés, comme s’il ne pouvait en être autrement. En fait, victimes et bourreau sont aussi cruels les uns que les autres. La St Valentin n’a plus le même goût qu’avant, et permet, par cet aspect, au film de se démarquer. Certes, c’est peu (enfin, il y a aussi Denise Richards, vraiment belle, si, si !) mais comme le Slasher est un genre plutôt limité, celui-ci fera plus que satisfaire les amateurs.

Stéphane Thiellement

 

 

Souvenirs mortels

Avec Fele Martinez, Maria Esteve, Gustavo Salmeron

 

De Alvaro Fernandez Armero

102 mn

Sortie le 18 juillet

++++

Ça y est, même l’Espagne se met à l’heure du Slasher (voir explication dans Mortelle St Valentin) pour un film qui de prime abord, et au vu de l’affiche, fait très Scream. Au final, le résultat est plus proche dans son traitement d’un Destination finale…

Un groupe d’amis voit resurgir un drame de leur passé. Quelques années auparavant, lors d’un week-end dans une maison isolée, l’un d’eux était mort à la suite d’une blague ayant mal tourné. Décidant de se rendre sur les lieux du drame pour vérifier que le cadavre y est toujours, ils déclenchent par accident un incendie qui ravage toute la demeure. Dès le lendemain, des faits étranges surviennent et ils sont éliminés un à un, impitoyablement. Les survivants s’accusent mutuellement, craignant de découvrir que leur ami est toujours vivant et bien décidé à se venger. Mais la réalité est encore pire que ce qu’ils imaginent.

Le scénario, pour une fois, développe réellement chaque personnage. Souvenirs mortels n’est pas un simple catalogue de meurtres (d’ailleurs assez soft dans l’ensemble) mais bel et bien un film fantastique qui tente d’originaliser un concept. Les cartes sont souvent brouillées, on cherche le coupable et quand enfin on connaît la solution, on ne peut que louer le talent du réalisateur-scénariste. Souvenirs mortels ne cherche pas à être un Slasher ibérique (comme le fut le très médiocre Flashback, produit allemand, copie conforme d’un film américain), il tente vraiment de s’élever un peu plus haut que la moyenne. Et si on regrettera l’aspect “sage” des meurtres, tout le reste contribue à gagner ce pari hasardeux et fait du film une excellente surprise qu’il serait regrettable de bouder simplement parce qu’elle vient d’Espagne et non des USA !

Stéphane Thiellement

 

Terror Tract

Avec John Ritter, Rachel York, Bryan Cranston

 

De Lance W. Dreesen & Clint Hutchinson

97 mn

Sortie le 27 juin

++++

Le film à sketchs est un exercice assez périlleux. Il est très dur d’avoir des segments réussis dans l’ensemble, et un “lien” satisfaisant. Pourtant, Terror Tract y arrive, même si tout cela demeure assez classique.

Un jeune couple cherche une maison à acheter. Ils arrivent dans une charmante banlieue où un agent immobilier leur fait visiter plusieurs demeures proches de leurs souhaits. Et pour chacune d’elles, il raconte l’effroyable tragédie qui poussa les précédents propriétaires à vendre la maison de leur rêve.

Terror Tract propose trois histoires : une sur la vengeance d’un mari tué par sa femme et l’amant de celle-ci, la seconde sur un petit singe qui s’approprie l’amour d’une gamine en provoquant la jalousie de son père, et enfin une sur un adolescent capable de voir les meurtres perpétrés par un serial killer et s’en confesse à une psychanalyste. Et il y a le lien, quatrième histoire quelque part, à la chute surprenante. Tout cela s’avère rondement mené, les réalisateurs connaissant bien les recettes du genre, avec un petit air de déjà vu pour certains segments (la vengeance de l’amant rappelle Creepshow, le petit singe rappelle Terreur à domicile où Peter Weller livrait une bataille apocalyptique dans son appartement contre un simple rat). Mais en contrepartie, on trouve une petite dose de cruauté à l’égard de ces pauvres banlieusards dont la vie prend la forme d’une microsociété où tout se sait et où l’on protège jusqu’à la mort ses propriétés et son petit confort. Et la chute finale achève de rendre Terror Tract finalement très sympathique et réussi. Rare pour un film à sketchs.

Stéphane Thiellement

 

Shrek

Avec les voix de Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz, John Lightow.

 

De Andrew Adamson et Victoria Jenson

Sortie le 4 juillet

90 mn

++++

Il était une fois… un monstrueux ogre vert, cynique et irascible, prénommé Shrek, qui vivait paisiblement en ermite au cœur d’un marais pestilentiel. Jusqu’au jour où son territoire fut envahi par une foule de créatures féeriques bannies par Lord Farquaad, méchant nabot mégalo aux ambitions démesurées régnant de façon despotique sur le Royaume de Duloc. Afin de préserver sa solitude, Shrek est obligé de conclure un accord avec l’ignoble Farquaad. Celui-ci lui promet de lui rendre son marais en l’état à condition qu’il délivre la Princesse Fiona des griffes d’un abominable dragon. Mais la Princesse, qui n’a rien d’une faible femme, cache un terrible secret qui va bouleverser la vie de Shrek et de son malicieux compagnon, un âne, qui a le gros défaut d’être un bavard impénitent.

Shrek est non seulement un film iconoclaste et déjanté, parodiant sans merci les contes de fées de notre enfance en s’amusant à en bafouer les conventions et à les tourner en dérision (Disney en prend pour son grade), mais c’est aussi une allégorie généreuse montrant que chacun a sa place sur terre et peut découvrir son âme-soeur.

Bénéficiant des toutes dernières techniques dans le domaine de l’infographie, ce film d’animation irrévérencieux et purement jubilatoire est calibré pour plaire à un très large public : des tous petits aux adultes (qui y retrouveront une seconde jeunesse) en passant par les ados avec son clin d’œil à Matrix. Le scénario déjanté et ses “ héros ” atypiques rappellent l’univers des Monty Python, et est boosté par une bande originale qui déménage. Quant à la mise en scène, elle fait appel aux techniques propres au cinéma live : mouvements de grue, travellings à la Steadycam, etc. Avec sa double morale (“ on doit s’accepter tel que l’on est ” et “ il faut savoir regarder au-delà des apparences ”), son savant dosage d’humour et d’émotion, sa multitude de gags et de trouvailles originales soutenus par des dialogues brillants et incisifs, Shrek sera incontestablement l’un des grands succès de l’été.

Josèphe Ghenzer

 

VIDOCQ

 

Avec : Gérard Depardieu, Guillaume Canet, Inès Sastre, André Dussolier, Moussa Maaskri

 

De Pitof

Sortie le 19 septembre

100 mn

++

L’action se déroule à Paris en 1830. Le célèbre Vidocq meurt dans de mystérieuses circonstances. À cette époque, tous les meurtres inexpliqués du quartier du Temple sont attribués à “ l’Alchimiste ”, sorte de serial killer aux pouvoirs surnaturels dont le visage est caché derrière un masque-miroir. Au moment de sa disparition, Vidocq enquêtait sur l’énigme de la “ Conspiration de la foudre ”, à la demande du Préfet de Police Lautrennes. Dès l’annonce de sa mort, Etienne Boisset, journaliste et biographe de Vidocq, va mener sa propre enquête pour démasquer son assassin, aidé par la maîtresse du défunt, qui se trouve indirectement liée à sa disparition. Parallèlement, l’associé de Vidocq et le Préfet de Police mènent leur propre enquête, chacun de leur côté. Le film débute par la mort du “ héros ” et se poursuit par un jeu de flash-back dans lesquels le spectateur assiste à une même enquête menée par trois personnages différents.

Vidocq est un film de genre à l’intérieur d’un film d’époque, sorte de thriller avec un serial killer à la recherche de l’éternelle jeunesse. Pour le réalisateur, le film devait être ancré dans une ambiance fantastique à la limite de l’anticipation, sorte de film de science-fiction se déroulant au XIXe siècle.

Le film, en lui-même, n’est qu’un gigantesque effet spécial. Pendant de longs moments, qui semblent interminables, on n’assiste qu’à des effets de caméras : plongée, contre-plongée, déplacements intempestifs de la caméra (70 % du film ont été tournés au steadycam), overdose de très gros plans filmés à l’aide de paluches sans oublier les accumulations de jump cuts, l’ensemble de ces divers éléments, mis bout à bout, rendant le visionnage du film à la limite du supportable.

Vidocq est le premier film au monde à avoir été tourné en numérique haute définition. Bien que le réalisateur et l’équipe technique ont passé un temps fou et ont dépensé des sommes considérables à truquer les images à la post-production, ils ont laissé passer plein de détails : raccords mal faits, trucages des plus visibles, incohérences de scénario, invraisemblances de certains dialogues compte tenu de l’époque où se déroule l’action, etc. Le problème majeur du film vient surtout du fait que l’aspect visuel étrange, que le réalisateur lui a donné, a été employé à mauvais escient.

En outre à part André Dussolier, qui lui est excellent, tous les autres acteurs y compris Depardieu (qui a d’ailleurs peu de scènes) ne brillent vraiment pas par leur interprétation.

 

Josèphe Ghenzer

 

 

 

La Planète des Singes

 

Avec Mark Wahlberg, Tim Roth, Helena Bonham Carter, Michael Clarke Duncan, Paul Giamatti, Estella Warren, Cary-Hiroyuki Tagawa, Kris Kristofferson.

 

De Tim Burton

120 mn

Sorti le 22 août

++++

 

 

Pour La Planète des Singes Tim Burton ne voulait faire ni un remake, ni une suite du premier film mais était plutôt désireux de revisiter le monde créé par Pierre Boulle. Le thème général reste le même avec un astronaute dont la navette spatiale s’écrase sur une planète inconnue dominée par les singes et où les hommes sont réduits en esclavage mais il ne s’agit plus ni des mêmes personnages, ni de la même planète.

Ici, la société des singes est dirigée par un régime dictatorial à la tête duquel se trouve le Général Thade, tyran cruel et pervers qui éprouve une haine viscérale à l’égard des humains qu’il rêve d’exterminer jusqu’au dernier. Il n’a qu’une faiblesse : l’amour qu’il porte à Ari, chimpanzé d’une radieuse beauté qui, en tant qu’activiste militante des Droits de l’Homme, prône la coexistence pacifique entre les deux espèces. Étranger à cette planète, le Capitaine Leo Davidson va résister à cette dictature militaire, devenir malgré lui le symbole de la lutte contre l’oppression et entraîner des bouleversements sociaux révolutionnaires.

L’adaptation de Burton est beaucoup plus noire et plus violente que celle de Schaffner et aborde de front des thèmes tels que l’intolérance, le racisme, la religion, l’esclavagisme, la torture, la dictature ou encore le génocide.

La réussite du film repose sur la crédibilité des singes mais il s’agit avant tout d’un film “ d’acteurs ” et le spectateur reste plus subjugué par la performance de ces derniers (tout particulièrement celle de Tim Roth qui mérite un Oscar pour son interprétation du Général Thade) que par l’illusion des maquillages. En comparaison, Mark Wahlberg manque incontestablement de carrure et de charisme dans son rôle de libérateur des opprimés.

Grâce à son imagination débordante et son extraordinaire sens visuel, Burton nous offre un regard décalé sur ce monde inversé où les humains sont considérés comme des créatures inférieures sans âme. L’inoubliable Statue de la Liberté a été remplacée par une séquence finale plus terrifiante encore dans ses implications, le film devenant en quelque sorte le reflet de notre société où, de plus en plus souvent, la “ bête ” tapie au plus profond de chacun d’entre nous ne demande qu’à reprendre le dessus.

Josèphe Ghenzer

 

 

Comme Chiens et Chats

 

Avec Jeff Goldblum, Elizabeth Perkins, Alexander Pollock et les voix de Tobey Maguire, Alec Baldwin, Sean Hayes, Susan Sarandon, Charlton Heston, Joe Pantaliano, Michael Clarke Duncan, Jon Lovitz.

 

De Laurence Gutterman

87 mn

Sortit le 15 août

++++

 

 

Depuis l’époque de l’Égypte ancienne, chats et chiens se livrent une guerre sans merci dont les humains ignorent tout. Le Pr Brody cherche en vain la formule d’un vaccin qui immuniserait les hommes des allergies à l’encontre des chiens, mais les chats comptent bien l’en empêcher par tous les moyens. À leur tête se trouve un chat persan mégalo, baptisé Mr Tinkles, qui rêve de devenir le Maître du Monde après avoir rendu les hommes allergiques aux chiens. Le chien des Brody, qui a été enlevé par les sbires de Mr Tinkles, est remplacé par Lou, un chiot maladroit et inexpérimenté, mais protégé par Butch, un molosse qui dirige une organisation d’agents secrets canins chargée de contrer les manigances félines. Par un heureux hasard de circonstances le Pr Brody trouve enfin la bonne formule. Les chats s’emparent alors de la famille Brody, à qui ils rendront la liberté en échange du vaccin. Mr Tinkles met alors au point la dernière phase de son plan machiavélique : lâcher dans la nature une armée de souris pour inoculer aux humains une allergie incurable à l’égard des chiens.

Au départ, Comme Chiens et Chats avait été conçu sous forme de dessin animé jusqu’à ce qu’on ait envisagé une autre approche. L’objectif était d’obtenir un réalisme absolu et de montrer une galerie de personnages canins et félins ayant chacun une personnalité différente et leur faire accomplir des actions incroyables grâce aux derniers progrès en matière d’effets spéciaux, les humains ne jouant, ici, que les personnages secondaires et les faire-valoir des personnages animaliers.

Comme Chiens et Chats est une parodie des films de James Bond (genre Spy Kids) mais en version animalière avec des gags à la Tex Avery et des trucages en images de synthèse assez hallucinants. Le scénario est bourré de gags souvent excellents (comme la parodie des “ boot camps ”) et d’idées saugrenues (comme la séquence faisant intervenir 6700 souris en latex). Dans le film, les chiens et les chats, expriment des émotions (surprise, peur, joie, malice, tristesse, amour, etc.) tout comme n’importe quel humain. Seul défaut, les chats sont un peu moins bien réussis techniquement que les chiens au niveau des mouvements du museau lorsqu’ils parlent et au niveau des différentes expressions de leurs visages alors que les chiens sont parfaits. Cette comédie “ poilante ” et “ incisive ”, qui ravira tout autant les petits que les grands enfants, ne manque assurément pas de “ mordant ”.

Josèphe Ghenzer

 

 

Chevalier

 

Avec : Heath Ledger, Mark Addy, Rufus Sewell, Paul Bettany, Shannyn Sossamon, Alan Tudyk, Laura Fraser, Berénice Bejo, Christopher Cazenove

 

De Brian Helgeland

132 mn

Sortie le 14 novembre

++++

 

Au Moyen Âge, on ne pouvait devenir Chevalier qu’à condition d’être né noble. Depuis son plus jeune âge, William Thatcher le sait mais rêve, quand même, de devenir Chevalier et de remporter les plus prestigieux tournois car c’est un idéaliste qui croît en sa bonne étoile. Quand le Seigneur dont il était l’écuyer meurt juste avant un tournoi, il enfile son armure et prend sa place incognito. Sa rencontre avec Geoffrey Chaucer, poète et écrivain public complètement allumé, va définitivement changer son destin. Ce dernier lui invente un illustre passé et lui forge une nouvelle identité : celle du très titré Ulrich Von Lichtenstein de Gelderland. Accompagné de ses amis Roland et Wat (ses écuyers), de Kate (qui s’occupe de forger ses armures) et de Geoffrey (son “ manager sportif ” et “ attaché de presse ”), William parcourt toute l’Europe pour participer aux plus prestigieux tournois et va se bâtir une réputation de chevalier téméraire, doué mais sans aucune technique. Son succès va lui attirer les foudres du perfide et invincible Comte Adhémar. Les deux hommes vont alors se livrer un combat sans merci non seulement dans les joutes mais aussi pour conquérir le cœur de la très séduisante Jocelyn dont tous deux sont épris.

Chevalier est une saga haute en couleurs qui mélange allégrement les genres : voyage initiatique, romance, comédie d’action et d’aventures, conte moderne et atypique, film historique fidèle à l’Histoire tout en ayant une résonance contemporaine. Décors grandioses, action, aventures et grands sentiments se conjuguent pour réinventer le genre avec brio tout en lui redonnant un nouveau souffle. Même si le style est ancré dans l’époque médiévale, le film ne prétend en aucune façon à une pure authenticité historique. Cette peinture d’une époque, où il était impossible d’échapper à sa condition sociale, est illustrée de styles de musique, de costumes et de danse qui échappent à tout cadre historique. L’un des aspects des plus détonants de Chevalier est l’intégration de musique rock des années quatre-vingt, l’aspect saugrenu du film étant instauré dès le début, au son de “ We Will Rock You ” des Queen que scande en cœur la foule assistant à une joute.

Ce qui fait la réussite de ce “ conte de fées ” médiéval et irrévérencieux à l’humour décalé, c’est tout à la fois le juste équilibre entre les différents genres, l’approche originale de traiter les joutes comme un sport contemporain, l’aspect anachronique des gags, le côté iconoclaste de certaines situations mais également la belle brochette d’excellents seconds rôles.

 

Josèphe Ghenzer

 

 

 

Petit Poucet

 

Avec : Nils Hugon, Romane Bohringer, Elodie Bouchez, Pierre Berriau, Dominique Hulin, Samy Naceri, Catherine Deneuve, Hanna Berthaut

 

De Olivier Dahan

90 mn

Sortie le 17 octobre

 

+

 

Il était une fois… Poucet, fils cadet d’une famille de paysans très pauvres et souffre-douleur de ses frères. La guerre dévaste la région et une horde de guerriers pille la ferme familiale. À cause de la famine, les parents de Poucet décident d’abandonner leurs enfants dans une forêt où ces derniers, livrés à eux-mêmes, devront affronter non seulement des loups affamés mais également le pire cauchemar de Poucet : l’Ogre, dévoreur d’enfants.

Pour cette nouvelle adaptation cinématographique du célèbre conte de Charles Perrault, Olivier Dahan s’est permis quelques libertés avec le texte d’origine, en situant l’action en temps de guerre et en y rajoutant des loups ainsi que le personnage de Rose, l’une des filles de l’Ogre qui se démarque de ses sœurs en refusant catégoriquement de devenir une ogresse, sa différence la mettant au ban de sa propre famille.

Les scènes d’action sont traitées sur un mode fantasmatique. Les arrière-plans des décors sont souvent constitués de matte-paintings assez rudimentaires et sans véritable profondeur de champ. Certains d’entre eux sont monochromes (bleu pour les scènes dans la forêt, rouge pour les scènes avec l’Ogre) ou même très abstraits.

L’Ogre est présenté comme un monstre avec un look à la Dark Vador, revu et corrigé, la voix du comédien ayant été travaillée en post-synchronisation et mélangée à des bruits de lion pour le rendre encore plus impressionnant. Quant aux enfants, ils sont souvent filmés en très gros plans. À l’exception de la prestation de Romane Bohringer (la mère de Poucet), de Nils Hugon (Poucet) et d’Hanna Berthaut (Rose), celle de tous les autres acteurs est des plus médiocres. De plus, on a du mal à cerner quel est le public visé par ce film : les adolescents n’étant plus en âge d’être intéressés par un conte de fées, les enfants en bas âge risquant d’être terrifiés par certaines scènes (enfants attaqués par une meute de loups enragés filmés en très gros plan, look de l’Ogre, cadavres jonchant un champ de bataille) et les adultes ne pouvant apprécier le film, compte tenu de la médiocre prestation des acteurs et de certains dialogues qui frisent parfois le ridicule. Le seul véritable atout du film est une très bonne bande originale, composée par Joe Hisaihi, qui inclut à sa partition classique des percussions et des flûtes japonaises.

 

Josèphe Ghenzer

 

Battle Royale

 

Avec Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda, Taro Yamamoto, Masanobu Ando et Takeshi Kitano

De Kinji Fukasaku

Durée : 115 minutes

Sortie le 21 novembre

+++

 

Le Japon dans un futur pas si lointain. Le gouvernement, face à la crise et à une recrudescence de “délinquance juvénile”, vote une loi pour lutter contre ce phénomène social : le Battle Royal Act. Ce dernier consiste en l’organisation d’un jeu sur une île, où l’on a préalablement réuni une classe d’une quarantaine de lycéens jugés turbulents, dont l’unique règle est la survie. Et ce n’est pas contre les éléments que les lycéens doivent lutter mais entre eux, dans l’espoir d’être l’unique survivant qu’exige le règlement. Quant à ceux qui refuseront d’obtempérer, ils verront leurs colliers posé de fraîche date exploser…

Sorti dans les salles japonaises l’année dernière ce film a défrayé la chronique et déclenché les foudres du gouvernement et de la censure. En adaptant un roman sujet à polémique en son temps Kinji Fukasaku (Tora, Tora, Tora, en collaboration avec R. Fleischer, 1970) semble avoir “tapé dans le mile”. L’agitation suscitée par son film a ainsi créé un engouement renforcé par le traitement, violent, de cette œuvre d’anticipation. Ainsi le récit nous fait suivre le véritable jeu de massacre disciplinaire que constitue le jeu, conçu comme un événement médiatique qui renvoie directement à l’idée d’une société du spectacle, rappelant certains aspects du Japon moderne.

Mais au-delà du discours social (ou en plein dedans ?) il y a l’avalanche de meurtres et de suicides de toutes sortes qui parsèment l’histoire. Les alliances et trahisons qui découlent de cette situation sans issue donnent lieue à une multitude de scènes qui déclinent (je vous laisse compter le nombre de victimes pour ne pas gâcher le suspense) autant de façons différentes de mourir. Et pour ne pas oublier que nous sommes dans un jeu nous avons droit (ainsi que les protagonistes) au décompte systématique des morts. Et c’est de sa voix indéchiffrable que le personnage du professeur, devenu Maître de jeu et bourreau, égrène les noms tous les matins et oriente la partie.

Impeccable dans ce rôle, Takeshis Kitano est un des rares interprètes professionnels de Battle Royal. Car dans sa volonté de frapper les esprits le réalisateur Kenji Fukasaku a fait jouer à de véritables lycéens le rôle des victimes ! Un choix qui fait gagner en réalisme mais occasionne également des disparités dans la qualité globale de l’interprétation. Mais cela ne gâche fondamentalement pas l’intérêt du film qui repose bien plus sur l’accumulation de cadavres que d’un discours critique, même si ce dernier n’est pas faux.

Film un peu hybride, Battle Royal commence comme un brûlot social pour évoluer rapidement vers un Slasher de masse néo-réaliste évoquant, irrémédiablement, l’esprit d’émissions telles que Loft Story ou Les Aventuriers du Kho Lanta.

Anton Guzman

 

Les Autres

 

Avec : Nicole Kidman, Christopher Eccleston, Fionnula Elanagan, Elaine Cassidy, Eric Sykes, Alakina Mann, James Bentley, Renée Asherson.

d’Alejandro Amenabar

Sortie le 26 décembre

105 mn

++++

 

En 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale vient tout juste de prendre fin, une jeune femme très croyante élève seule ses deux enfants selon les principes stricts de sa religion dans un immense manoir isolé dans l’île de Jersey. Sa fille, Anne, et son fils, Nicholas, souffrent tous deux d’une étrange maladie : ils ne peuvent en aucun cas être exposés à la lumière directe du soleil sous peine de mourir dans d’atroces souffrances. Un matin, trois domestiques arrivent au manoir pour remplacer les anciennes gens de maison, partis brusquement sans un mot d’explication. Les nouveaux arrivants doivent se plier à LA règle : la maison doit constamment être plongée dans l’obscurité et aucune porte ne doit être ouverte avant que la précédente n’ait été fermée à clé. Mais l’ordre rigoureux instauré dans le manoir va bientôt être défié par des “ intrus ”.

Tel est le point de départ du nouveau thriller d’Alejandro Amenabar. Impossible d’en dire plus sans en dévoiler trop sur les étranges événements qui se déroulent tout au long du film. Nimbé d’une atmosphère étrange et angoissante, le scénario est construit comme un puzzle. Chaque scène s’ouvrant sur plusieurs interprétations possibles de ce qui est montré ou suggéré à l’écran (folie de la mère ou de la fille, complot machiavélique des domestiques, présence de fantômes, phénomène surnaturel, télékinésie, possession, etc.) jusqu’au dénouement, où Amenabar fait toute la lumière.

Les Autres est tout à la fois une fable effrayante, un conte de terreur psychologique qui aborde le thème de la confiance, et un thriller surnaturel qui s’ancre dans la réalité. Passionné depuis toujours par les peurs enfantines (peur du noir, des portes entrouvertes, des placards, etc.), Amenabar revisite avec ce film le thème de la maison hantée. Ici, l’angoisse naît de l’imagination du spectateur et le suspense est créé par l’atmosphère ambiante et la psychologie et non pas par un déluge d’effets spéciaux. Cette angoisse est encore amplifiée par la bande-son, l’excellente interprétation des acteurs (plus particulièrement celle des deux jeunes enfants, Alakina Mann et James Bentley) et par un superbe jeu d’ombres et de lumières. Après Tesis et Ouvre Les Yeux, Alejandro Amenabar nous prouve qu’il est incontestablement un grand maître du suspense.

Josèphe Ghenzer

 

 

 

 

 

Atlantide,

L’Empire Perdu

 

Avec les voix (en v.o.) de : Michael J. Fox, Claudia Christian, Cree Summer, James Garner, Leonard Nimoy, Don Novello, Corey Burton, Phil Morris, Jim Varney, Jacqueline Obradors, John Mahoney, Florence Stanley, David Odgen Stiers.

de Kirk Wise et Gary Trousdale

Sortie le 28 novembre

95 mm

+++

 

En 1914, Milo Thatch, un jeune cartographe et expert linguiste est contacté par Preston B. Whitmore, un milliardaire excentrique qui l’invite à se joindre à un groupe d’explorateurs à la recherche de l’Atlantide, la légendaire cité disparue. Milo a toujours rêvé de suivre les traces de son grand-père, qui fut un grand explorateur et quelle n’est pas sa surprise lorsque Whitmore lui confie un mystérieux manuscrit – qu’il est le seul à pouvoir décrypter – révélant l’emplacement de la Cité. Malgré de nombreux dangers, les explorateurs parviennent à atteindre la cité mythique. L’équipe, qui espérait trouver des ruines abandonnées, découvre qu’en fait l’Atlantide a bel et bien survécu. Milo se retrouve alors face à un dilemme : soit piller la cité par pur l’appât du gain, soit protéger les habitants de l’empire perdu en gardant le secret de sa découverte.

Après avoir fait de nombreuses recherches sur l’origine de la légende de l’Atlantide, Gary Trousdale et Kirk Wise, ont demandé au dessinateur de B.D. Mike Mignola (Hellboy, Bram Stoker’s Dracula) de les aider à concevoir l’univers visuel du film et de leur permettre d’adapter librement son style graphique - le style industriel de 1914 s’ajoutant à la touche Mignola pour offrir son identité picturale au film.

Pour renforcer la crédibilité de la civilisation atlante, l’expert linguiste Mark Okrand (l’inventeur du langage vulcain de Star Trek II et de celui des Klingons pour Star Trek III et Star Trek : The Next Generation) a, pour l’occasion, mis au point un alphabet et un dictionnaire d’atlantéen.

Pas moins de 350 artistes, animateurs et techniciens ont travaillé sur ce film qui comporte un grand nombre d’effets, tant en 2D qu’en 3D, le tout filmé en Cinémascope.

Avec sa grande diversité de personnages, cette nouvelle production Disney, ne comporte pour une fois ni chanson, ni mascotte… En lieu et place de la “recette” Disney, on assiste à un festival d’explosions, d’aventures et de situations qui semblent davantage destinées aux adolescents qu’aux enfants. Un peu comme si Disney avait voulu réaliser un film “live” en utilisant toutes les techniques de l’animation d’aujourd’hui. Un parti pris qui a l’avantage de renouveler le style Disney, mais qui n’a pas permis au film, aux États-Unis du moins, de résister à la déferlante “Shrek”. À voir tout de même.

Josèphe Ghenzer

 

 

 

The One

 

Avec Jet Li, Delroy Lindo, Jason Statham, James Morrison, Delroy Lindo, Carla Gugino

De James Wong

Sortie le 28 novembre

85 mm

+++

 

 

L’agent Yulaw sait que les univers parallèles existent pour y être souvent intervenu à l’époque où il faisait équipe avec son partenaire, Harry Roedecker, à l’Agence Multiverse. Dans certains de ces univers le passage entre les mondes est d’ailleurs chose possible. Yulaw a de plus appris que chaque incarnation d’un même homme, dans chaque monde, est relié l’une à l’autre par un flux. Et lorsque l’une de ces incarnations meurt, son énergie est redistribuée entre celles qui restent. Yulaw se rend donc d’univers en univers, éliminant ses incarnations et récoltant leur puissance dans l’unique but de devenir “ l’Unique ”. Les agents Roedecker et Funsch ont reçu l’ordre de neutraliser Yulaw avant qu’il ne soit trop tard : Personne ne sait ce qu’il pourrait advenir du fragile équilibre entre les différents univers dans le cas où ce dernier arriverait à ses fins. Dans un autre univers, Gabe, un policier sans histoires, est le dernier double, l’ultime obstacle sur la route de Yulaw. Commence alors une course-poursuite qui, d’un univers à l’autre, va mettre l’avenir du monde en balance.

Le scénario du tandem de choc James Wong/Glen Morgan fait à la fois référence à des thèmes déjà développés dans la série TV Sliders (la “ glisse ” d’un univers à un autre) et Highlander (“ il ne peut en rester qu’un”) mais également à l’affrontement du Bien (Gabe) et du Mal (Yulaw), qui dans la mesure où ceux-ci sont “identiques” renvoie aux deux facettes d’une même personnalité.

The One est techniquement très réussi (mise en scène, combats d’arts martiaux, très belle photographie, bande-son qui décoiffe) et assez impressionnant (grâce à quelques innovations en termes d’effets spéciaux). Toutefois le scénario, qui présente pas mal de lacunes et d’incohérences, reste moins surprenant que ne l’était celui de Destination Finale (le précédent film de James Wong et Glenn Morgan) et le jeu d’acteur de Jet Li laisse (comme d’habitude, hélas !) peu de place aux émotions face à ses cabrioles d’experts en arts martiaux.

Josèphe Ghenzer

 

 

From Hell

 

Avec : Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm, Jason Flemyng, Robbie Coltrane, Lesley Sharp, Susan Lynch, Katrin Cartlidge, Terence Harvey

de Albert Hughes et Allen Hughes

Sortie le 30 janvier

123 mn

+++

 

Peu de citoyens respectables osaient se risquer dans les rues mal famées de Whitechapel qui grouillaient d’ivrognes, de prostituées, de voleurs, de maquereaux et d’assassins. Pourtant certains soirs, un homme élégant descendait d’une calèche et disparaissait au coin d’une ruelle. Son cocher attendait docilement le retour de son maître après que celui-ci ait accompli, une fois encore, l’un de ses sanglants crimes rituels. Jack l’Éventreur avait fait une nouvelle victime. Alors que la police de sa Majesté tentait d’étouffer l’affaire, l’Inspecteur Abberdine comprit vite que ces crimes procédaient d’une mise en scène élaborée et était l’œuvre d’un homme cultivé possédant de solides connaissances en anatomie. Patiemment, il dressa le profil de ce meurtrier hors normes et parvint à gagner la confiance d’une jeune prostituée, Mary Kelly, qui l’aida à dénouer l’écheveau de ces meurtres. Abberdine remonta alors la piste d’une conspiration impliquant tout à la fois l’Ordre des Francs-maçons et la Famille Royale.

À l’automne 1888, Jack l’Éventreur commit en l’espace de dix semaines sept meurtres rituels d’une violence sans précédent, qui semèrent la panique dans Londres et alimentèrent les rumeurs les plus folles. Inspiré du roman graphique d’Alan Moore et Eddie Campbell, From Hell explore en priorité l’aspect psychologique de la légende de Jack l’Éventreur ainsi que la thèse du complot ourdi à l’époque par les plus hautes instances du pouvoir.

Préférant adopter le point de vue de ceux et celles qui vécurent dans ce quartier miséreux, les frères Hughes se concentrent avant tout sur la reconstitution minutieuse du quartier de Whitechapel, des conditions sordides dans lesquelles les indigents y (sur)vivaient, des conditions exactes dans lesquelles ces crimes atroces ont été commis. Malgré tout cela, le spectateur a du mal à être convaincu par l’identité supposée du légendaire assassin et ses motivations exactes ; certains faits semblent peu cohérents, illogiques, et la fin assez rocambolesque.

 

 

 

 

 

13 Fantômes

Avec : Tony Shalhoub, Embeth Davidtz, Matthew Lillard, Shannon Elizabeth, Rah Digga, F. Murray Abraham.

de Steve Beck

Sortie le 16 janvier

91 mn

++

 

Six mois après que sa femme ait péri brûlée vive dans l’incendie accidentel de leur maison, Arthur (Tony Shalhoub), qui élève seul ses deux enfants, apprend que son oncle Cyrus lui a légué une fabuleuse demeure. Tout d’abord ravie de cette bonne nouvelle, la petite famille va connaître une euphorie de courte durée car dès leur première visite dans les lieux, ils se retrouvent enfermés en compagnie de la baby-sitter et d’un médium ayant bien connu Cyrus. Ils vont alors y vivre un véritable cauchemar car les 12 fantômes, qui étaient retenus prisonniers dans le sous-sol, sont libérés les uns après les autres de leur cellule de verre par une mystérieuse mécanique. Lorsque ses deux enfants disparaissent, Arthur est bien obligé d’admettre qu’il se retrouve piégé au milieu d’un complot maléfique et, qu’a priori seul le sacrifice de sa vie, devant le transformer en 13e fantôme, pourrait sauver ses enfants.

La maison dont a hérité Arthur est toute en verre et en acier avec des murs recouverts du sol au plafond de textes en latin et a été construite d’après les plans d’un vieux grimoire, écrit des siècles auparavant. Si l’on respecte scrupuleusement un certain rituel, la maison doit servir à ouvrir un œil sur les portes de l’Enfer. Son cœur est constitué d’une machine dont les divers engrenages fonctionnent d’eux-mêmes suivant une certaine programmation.

Après La Maison de L’Horreur, 13 Fantômes est le second film produit par Dark Castle Entertainment, la société créée par Joel Silver et Robert Zemeckis, qui a pour objet de produire des films d’horreur dans l’esprit de ceux du réalisateur culte, William Castle. À l’époque, lors de la projection de la version originale de 13 Ghosts, les spectateurs avaient reçu une paire de lunettes spéciales leur permettant de voir les fantômes, invisibles à l’œil nu. Afin de rendre hommage à la version originale, ce sont, cette fois-ci, les personnages du remake qui doivent porter des lunettes spéciales à “ vision spectrale ” pour être en mesure de voir les fantômes qui les pourchassent.

La mise en scène de ce remake de 13 Ghosts a été confiée à Steve Beck, un spécialiste des effets spéciaux ayant travaillé de nombreuses années pour ILM. Celui-ci s’appuie sur la bande-son et la musique pour renforcer l’effet angoissant des images mais l’utilisation à outrance des effets de style de mise en scène ainsi que des effets spéciaux dans les scènes, où apparaissent les fantômes, finit par provoquer une certaine lassitude. Par contre, on gardera en mémoire le design étonnant de cette maison hors du commun.

 

 

 

La Prison de Verre

 

 

Avec : Leelee Sobieski, Diane Lane, Stellan Skarsgärd, Trevor Morgan, Bruce Dern, Kathy Baker, Chris Noth, Michael O’Keefe.

de Daniel Sackheim

Sortie le 23 janvier

101 mn

+

 

Après la mort accidentelle de leurs parents, Ruby (Leelee Sobieski) et son jeune frère Rhett (Trevor Morgan) sont recueillis par Erin (Diane Lane) et Terry Glass (Stellan Skarsgärd), des amis de la famille. Dans leur splendide maison à Malibu, ils découvrent une vie de luxe et l’avenir s’annonce plutôt bien pour eux d’autant plus qu’ils ont hérité de 4 M$. Pourtant au fil des jours, certains détails inquiètent Ruby et elle finit par se demander si Erin et Terry sont bien ce qu’ils semblent être. Pour tenter d’échapper au danger imminent qui menace sa vie et celle de son jeune frère, Ruby va devoir passer malgré elle très vite de l’insouciance à la maturité.

La Prison de Verre raconte, au cœur de ce qui semble être un thriller psychologique, l’histoire du passage à l’âge adulte d’une adolescente rebelle. La qualité de la prestation de Leelee Sobieski ne suffit malheureusement pas à sauver le film dont le médiocre scénario est non seulement sans aucune surprise car le spectateur comprend très vite la trame de la machination dont Ruby et Rhett font l’objet mais comporte de plus un bon nombre d’invraisemblances.

 

 

Vanilla Sky

 

Avec : Tom Cruise, Penélope Cruz, Cameron Diaz, Jason Lee, Kurt Russell

de Cameron Crowe

Sortie le 23 janvier

135 mn

++

David Aames, un jeune et séduisant éditeur new-yorkais, mène une existence de rêve, papillonnant de conquête en conquête. Héritier d’une fortune considérable, il fait l’objet de toutes les convoitises et fascine toutes les personnes qui l’approchent. Toutefois, il est à la recherche de quelque chose qui lui manque dans sa vie. À sa fête d’anniversaire, son meilleur ami lui présente Sofia Serrano, qui semble être la fille de ses rêves qu’il recherchait depuis toujours. Alors qu’il pensait enfin vivre le grand amour avec son âme-soeur, un tragique accident de voiture remet tout en question et bouleverse sa vie à tout jamais.

Vanilla Sky est l’adaptation américaine d’Ouvre les Yeux, le thriller fantastique mis en scène en 1997 par Alejandro Amenábar.

Pris dans l’absolu, Vanilla Sky est mis en valeur par l’interprétation du trio d’acteurs (Tom Cruise, Penélope Cruz et Cameron Diaz) bien que l’usage abusif et inapproprié de la musique n’apporte rien au scénario. Toutefois si on compare Vanilla Sky à Ouvre les Yeux dont il est le remake, il ne fait alors pas le poids. En effet, les personnages du psychiatre et de la petite amie du héros (Nuria dans Ouvre les Yeux, devenue Julie Gianni dans Vanilla Sky) sont bien moins intéressants et approfondis que dans l’original. En termes de scénario, certaines scènes de la nouvelle version sont malheureusement réduites à leur plus simple expression (comme l’affrontement verbal entre le héros et ses médecins avant l’intervention chirurgicale qui doit lui rendre son visage) tandis que d’autres sont rendues interminables par des explications trop longues et parfaitement superflues (comme la scène finale sur le toit de l’immeuble).

Dans Ouvre les Yeux, Alejandro Amenábar s’attaquait aux principaux thèmes de la science-fiction paranoïaque contemporaine tout en privilégiant le cinéma d’horreur basé avant tout sur le cauchemar, l’angoisse et la suggestion. Sorte de parabole sur le fait que chacun d’entre nous a la capacité de créer son propre univers, qu’il soit bon ou mauvais, Ouvre les Yeux s’inspirait principalement de thèmes abordés dans Le Fantôme de l’Opéra, Le Portrait de Dorian Gray et Total Recall et comportait aussi d’évidentes références à Vertigo, dans lequel le personnage principal désire que la femme qu’il aime en devienne une autre. Par contre, Cameron Crowe a choisi une tout autre voie, faisant de Vanilla Sky un thriller romantique sur la quête de l’amour éternel et les découvertes que le héros va faire sur le monde, en général, et sur lui-même, en particulier.

 

 

 

 

Cœurs Perdus En Atlantide

 

Avec : Anthony Hopkins, Anton Yelchin, Hope Davis, Mika Boorem, David Morse, Alan Tudik, Tom Bower, Celia Weston

de Scott Hicks

Sortie le 16 janvier

100 mn

 

++

Afin d’assister aux funérailles de son meilleur ami d’enfance, Bobby Garfield (David Morse) retourne dans la ville où il a grandi, ce qui est pour lui l’occasion de se replonger dans ses souvenirs, à l’époque de ses 11 ans. Pour lui, l’été 1960 fut marqué par l’arrivée de Ted Brautigan (Anthony Hopkins), qui résida quelque temps dans l’appartement situé au-dessus de celui où il habitait seul avec sa mère. En raison de sa vue défaillante et à raison d’un dollar par semaine, Ted Brautigan louait les services du jeune Bobby (Anton Yelchin) pour lui faire la lecture du journal mais aussi pour le prévenir de l’arrivée des « hommes de l’ombre » qui, soi-disant, le traquaient. Possédant des dons de médium et de télépathe, Ted est poursuivi par ces hommes de l’ombre, dont on ignore qui ils sont exactement, dans le but de le capturer afin d’utiliser ses dons.

Le film raconte l’histoire d’un jeune garçon dont l’amitié avec un mystérieux étranger a changé sa façon de voir le monde au moment de son passage de l’enfance à l’adolescence. En lui offrant son amitié d’adulte et en lui accordant toute son attention, Ted a rempli le vide de la vie de Bobby. Sa mère s’occupant peu de lui, Bobby se tourne alors vers Ted qui représente pour lui la figure du père qui lui a tant manqué, son père étant décédé alors qu’il n’avait que cinq ans.

Le scénariste William Goldman (Misery) a choisi de ne conserver que la première des quatre nouvelles du livre de Stephen King, Cœurs Perdus en Atlantide. Heureusement, l’excellente prestation d’Anthony Hopkins ainsi que celle du jeune et prometteur Anton Yelchin arrivent à faire oublier aux spectateurs le manque de consistance du scénario.

 

Jimmy Neutron

 

Avec les voix de : Martin Short, Patrick Stewart, Debi Derryberry, Jeff Garcia, Carolyn Lawrence, Crystal Scales, Candy Milo

de John Davis

Sortie le 6 février

90 mn

***

 

Afin de rendre plus attrayant son train-train quotidien dans la petite ville de Retroville, Jimmy Neutron, véritable petit génie en herbe âgé de 10 ans, passe tous ses loisirs à mettre au point et tester d’ingénieuses inventions qu’il élabore grâce à son imagination fertile. Jimmy et sa bande de copains attendent avec impatience l’ouverture prochaine du fabuleux parc d’attractions, Retroland. Comme leurs parents refusent qu’ils s’y rendent dès son inauguration sous prétexte qu’ils vont à l’école le lendemain, ils décident de faire le mur. Au moment de rentrer chez eux, ils font un vœu en apercevant une étoile filante dans le ciel : vivre dans un monde où les parents n’existeraient plus. Ils ne croient pas si bien dire car pendant qu’ils s’amusaient comme des petits fous dans les manèges ou le train fantôme, d’abominables extraterrestres visqueux, les Yokians, ont enlevé tous les adultes de la ville. Au bonheur de pouvoir enfin vivre comme bon leur semble et de n’en faire qu’à leur tête, va très vite se substituer l’angoisse de l’abandon. Ayant découvert ce qui s’était passé lors de leur escapade nocturne, Jimmy va construire avec ses camarades plusieurs fusées pour se rendre sur la planète des Yolkians dans le but de libérer leurs parents du destin tragique qui leur est réservé.

Toutes les inventions de Jimmy sont des assemblages d’objets incongrus, détournés de leur fonction courante. Ses copains ont tous des personnalités différentes et plutôt marginales auxquelles les enfants n’auront aucun mal à s’identifier. Quant aux personnages des parents de Jimmy, ils sont très caricaturaux.

Ce film d’animation en images de synthèse, mélangeant allégrement le style rétro des années cinquante au look des plus modernes, est une sorte de croisement entre Mars Attack et Star Trek mais montré du point de vue des Razmoket. Tout en faisant constamment référence à de nombreux classiques du cinéma, ce film fourmille de gags en tout genre et d’idées originales plus saugrenues les unes que les autres, particulièrement le personnage de Goddard, le chien-robot et fidèle compagnon de Jimmy. Le seul point négatif de ce film bourré d’humour est le graphisme des personnages qui n’est esthétiquement pas très réussi.

 

 

AVALON

 

Avec : Malgorzata Foremniak, Wladyslaw Kowalski, Jerzy Gudejko, Dariusz Bikupski, Bartek Swiderski, Zuzanna Kask

de Mamoru Oshii

Sortie le 3 avril

106 mn

++++

 

Dans un futur proche, une partie des jeunes joue à un jeu de guerre virtuel et illégal, baptisé “ Avalon ”. Les joueurs y sont accros, mais Avalon peut les détruire. Les victimes, appelées les “ non-revenus ”, se retrouvent alors décérébrées. Ash gagne sa vie en jouant à Avalon et fait sans cesse l’aller-retour entre les deux mondes. Dans le passé, elle faisait partie des “ Wizards ”, une célèbre équipe de joueurs, mais joue désormais en solo. Un jour, elle découvre que l’un de ses anciens coéquipiers est devenu un “ non-revenu ” et se demande comment il a pu se laisser piéger par le jeu. Après enquête, elle apprend qu’il essayait de pénétrer dans une zone interdite du jeu, baptisée “ Classe A ”. Pour y parvenir, il lui a fallu suivre l’Ombre, une mystérieuse petite fille aux yeux tristes, mais aucun de ceux qui l’ont suivie n’est revenu. Ash décide alors de se lancer à sa poursuite.

Avec Avalon Mamoru Oshii a voulu créer une confusion entre la réalité et l’univers virtuel. Pour lui, il ne s’agissait pas d’amener le virtuel dans la réalité ou l’inverse. En fait, c’est la frontière entre ces deux mondes qui est le véritable thème du film. Bien que l’action se situe dans un futur proche non précisé, l’ambiance générale est celle d’un pays où règne une dictature calquée sur les pays de l’Est à l’époque de la Guerre Froide et du Rideau de Fer.

Lors des scènes de bataille, les combattants mortellement touchés s’aplatissent en 2 D avant de se briser en mille morceaux. Quant au visage de Ash, celui-ci a été retravaillé sur ordinateur pour jouer sur les contrastes, renforcer et déplacer les ombres ou éclaircir certains endroits. La musique, le travail sur la couleur et les effets sonores contribuent également à créer la tension dramatique.

Mamoru Oshii nous entraîne dans un univers mêlant réel et virtuel, où les décors et les images sépia nous éloignent de toute représentation familière du futur. On est à la fois fasciné par la beauté des images mais aussi déstabilisé par cet univers, tout à la fois original et inattendu, qui ne ressemble à rien de connu. Tout comme dans un jeu vidéo, le film comporte plusieurs niveaux et le scénario à tiroirs permet au spectateur et au personnage principal de franchir différentes étapes avant d’arriver aux portes d’Avalon.

 

 

 

Kate & Leopold

Avec : Meg Ryan, Hugh Jackman, Liev Schreiber, Breckin Meyer, Natacha Lyonne, Bradley Whitford, Philip Bosco.

de James Mangold

Sortie le 3 avril

124 mn

+++

Persuadé depuis des années que le voyage dans le temps est une chose possible, Stuart finit enfin par trouver une porte spatio-temporelle permettant de passer d’une époque à une autre. Avant d’annoncer publiquement sa découverte, il décide de partir à la fin du XIXe siècle pour ramener des preuves concrètes. Au moment de revenir dans le présent, Leopold, troisième Duc d’Albany, le suit sans qu’il puisse l’en empêcher. Suite à un malheureux accident, Stuart est transporté à l’hôpital et Leopold se retrouve seul pour affronter ce nouveau monde inconnu. Il fait la connaissance de Kate, l’ex-petite amie de Stuart, et finit par tomber amoureux de cette femme au comportement très différent de celles qu’il fréquentait jusqu’alors. Cette business woman avertie, qui privilégie son ambition professionnelle au détriment de sa vie privée, se refuse tout d’abord à croire que Leopold vient du passé mais son attitude de parfait gentleman finira par la convaincre sans compter qu’elle ne restera pas longtemps indifférente à son irrésistible séduction.

Leopold a une âme d’inventeur et se sent à l’étroit dans son époque : se retrouver dans le futur, c’est comme réaliser un rêve. Il éprouve un sentiment d’excitation et une intense curiosité vis-à-vis des choses qui font partie de notre quotidien (voiture, télévision, chaîne hi-fi, congélateur, micro-ondes, grille-pain, etc.) mais qui sont toutes nouvelles et particulièrement surprenantes pour lui. (prétexte bien sûr à de nombreuses scènes comiques…).

Kate & Leopold est une sorte de fable moderne explorant ce qui a été perdu et gagné dans l’idéal romantique en un peu plus d’un siècle. Kate et Leopold maîtrisent chacun la culture de leur temps, toutefois ils vont découvrir que l’amour n’est pas ce qu’ils imaginaient mais ce qu’ils ressentent. Il s’agit d’une comédie romantique sur fond de science-fiction dans l’esprit des films américains des années 40/50 qui privilégiaient les personnages et leur comportement plein d’humour, le tout agrémenté de dialogues vifs et mordants. Le scénario explore le thème éternel et universel de la guerre amoureuse entre les deux sexes et évoque d’un point de vue moderne les notions de politesse et de courtoisie chevaleresque tout en y insérant le thème du voyage dans le temps. Le duel amoureux entre Kate et Leopold fonctionne bien et Meg Ryan et Hugh Jackman ont visiblement pris du plaisir à se glisser dans la peau de leurs personnages respectifs.

 

 

 

Ring 2

 

 

Avec : Daisuke Ban, Kyoko Fukada, Omuta, Miki Nakatani, Rikiya Otaka

de Hideo Nakata

Sortie le 20 mars

106 mn

+++

 

 

Ring 2 commence une heure à peine après la fin de Ring. L’autopsie de Sadako révèle qu’elle est restée trente ans vivante, murée dans son puits. Ni la découverte de son cadavre, ni la destruction de la cassette vidéo maudite ne peuvent stopper sa soif de vengeance. Le petit Yoichi, l’unique personne ayant survécu à la vision de la vidéo, est le seul à pouvoir lutter contre elle. Tout en ayant développé des pouvoirs psychiques, il s’est enfermé dans le mutisme le plus complet. Mai Takano, une jeune mathématicienne, le prend sous son aile et tente de l’aider. Son enquête va la conduire dans un hôpital psychiatrique où se déroulent des expérimentations interdites sur la parapsychologie. Une nouvelle fois la malédiction de Sadako se déchaîne et les morts s’amoncellent à nouveau. Science et métaphysique vont alors se livrer une ultime bataille.

Chaque nouvel épisode de la saga consacrée à Ring est ainsi un prétexte pour lever un peu plus le voile sur le passé de Sadako. Pour Ring 2, Hideo Nakata souhaitait renouer avec une horreur plus crue et plus métaphysique que dans Ring, le résultat n’en est que meilleur rendant le scénario plus complexe et plus intéressant en mélangeant l’histoire de fantôme à la parapsychologie.

 

 

 

 

 

VIDEO/DVD

 

Furie

De Brian De Palma

Avec Kirk Douglas, John Cassavetes, Amy Irving, Andrew Stevens

FPE Vidéo

Vente DVD

++++

C’est le mois des De Palma période “fantastique pur”. On retrouve Pulsions (mais version simple, sans tous les bonus présents sur le zone 1, dommage), Blow out, le lyrique Phantom of the Paradise (Grand Prix Avoriaz 1975) et Furie. Ce dernier qu’on oublie souvent, on se demande bien pourquoi. Certes, ce n’est pas le film le plus accompli de De Palma. Mais dans cette période-là, propice au renouveau du fantastique réaliste et terrifiant, amorcé avec L’Exorciste, La Malédiction et Carrie, Furie comporte tous les ingrédients nécessaires pour faire un spectacle qui, sous la direction d’un simple technicien, aurait pu n’être qu’une série B quelconque. Alors que dirigé par De Palma, Furie gagne quelques galons qui tirent le film vers le haut. Malheureusement, cette édition DVD est toute simple, et la copie du film est assez moyenne. D’accord, le film a plus de vingt ans, mais quand on veut, on peut. Il suffit de voir le travail opéré par Universal sur Un Frisson dans la Nuit de Eastwood, pourtant plus vieux… Bon, revenons à Furie. À la base, un bouquin de John Farris, spécialiste des romans liés à la parapsychologie sous toutes ses formes. Si Farris n’a jamais vraiment écrit de chef-d’œuvre, on peut pourtant considérer Furie comme un de ses meilleurs titres. L’histoire tourne autour des pouvoirs paranormaux que possèdent certaines personnes, que de puissantes organisations mondiales veulent s’approprier. Peter Sandza (Kirk Douglas) est le père de Robin, un adolescent doté d’une puissance psychique extraordinaire. Sandza est victime d’un coup monté par Childress (John Cassavetes), patron de services secrets, qui kidnappe Robin pour l’exploiter. Échappant à la mort, Sandza va tout tenter pour retrouver son fils, devenu entre temps une sorte de tueur psychique en puissance.

Du fantastique réaliste, toujours la fascination pour les pouvoirs paranormaux, quelques scènes impressionnantes dont une où tout l’art de Brian de Palma est appliqué, puisqu’on y voit un manège devenir sous le pouvoir de Robin un piège infernal et meurtrier, et une séquence finale des plus explosives, voilà ce qu’on peut retenir de Furie. Hé bien, c’est ce qui fait le charme de ce film, peut-être mineur dans la carrière du réalisateur mais mille fois mieux que le catastrophique Esprit de Cain, et surtout bien plus passionnant que Mission to Mars. Qu’attendez-vous pour le redécouvrir ?

 

Arachnid

De Jack Sholder

Avec Chris Potter, Alex reid, Neus Asensi

Studio Canal Vidéo

Vente DVD & VHS

Inédit

++++

Ça faisait longtemps qu’on n’entendait plus parler de Jack Sholder, du moins pour une bonne série B comme il avait l’habitude d’en faire à une époque. Rappelez-vous Alone in the Dark, Hidden, Flic et Rebelle, La Revanche de Freddy, pour ses heures de gloire. Récemment, il revint avec Wishmaster 2… vite oublié ! Aujourd’hui voici qu’arrive Arachnid, un titre de plus produit par Fantastic Factory, société vouée au genre qui nous intéresse et co-créée par Brian Yuzna. Pour l’instant, ça se passe bien : Yuzna a fait son “pas mal” Faust, Stuart Gordon est revenu en grande forme avec Dagon, et Jack Sholder remet plutôt bien le pied à l’étrier avec Arachnid, présenté en compétition “inédit vidéo” à Gerardmer 2002, où il perdit face à la nouvelle version de Jack et le Haricot Magique. Sur ce point-là, on est un peu sceptique quant au résultat parce que ce film durait près de 3 heures, et que, la salle vidéo étant tout sauf confortable, rester assis 3 heures sur un siège en bois… Enfin, c’est ainsi. Revenons à Arachnid. Sur une petite île du Pacifique, des scientifiques recherchant un remède contre un virus sont décimés mystérieusement. La vérité est bientôt révélée dans toute son horreur : une araignée géante, et particulièrement laide, est en train de remplir son garde-manger.

Bon, ce n’est pas génial, ce n’est pas du niveau d’un Tremors, Mimic ou prochainement, comme le laisse penser la bande-annonce, d’un Eight Legged Freaks (des arachnides surdimensionnées attaquent un bled de l’Ouest américain : premières images démentielles !), mais au vu du budget, étriqué, le résultat est plutôt sympathique. On se fout complètement des personnages, la vedette étant l’ambiance du film, et son monstre. Réussi, impressionnant, il sauve vraiment les meubles. On a connu Sholder plus nerveux, mais dans l’ensemble, il s’en sort bien. Et Arachnid vaut aussi pour un détail pas mal du tout : la “naissance” de son monstre. Oh, ce n’est pas grand-chose, mais c’est un peu plus original que d’habitude. Tout ça forme donc en définitive de bons ingrédients pour une série B vraiment agréable.

 

L’Emprise

De Sidney J. Furie

Avec Barbara Hershey, Ron Silver

FPE Vidéo

Vente DVD

++++

De nouveau, un bon petit film qui ressort en DVD dans une édition correcte mais contenant le strict nécessaire. L’Emprise (The Entity) peut être considérée comme le second meilleur film de Sidney J. Furie, après l’excellent Ipcress Danger Immédiat, film d’espionnage où Michael Caine était l’espion le plus cynique et sérieux jamais vu à l’écran, en totale opposition avec James Bond. Pourtant, au vu du sujet, le résultat est assez surprenant, le fantastique étant souvent méprisé par pas mal de réalisateurs qui veulent toujours le rationaliser au possible. Ici, rien de tout ça, Sidney J. Furie acceptant de travailler sur un matériau aussi extravagant que celui-ci pour livrer un film qui traumatise encore les esprits. Carla Moran (Barbara Hershey, excellente, prix d’interprétation en son temps à Avoriaz) est une jeune femme qui, du jour au lendemain, se retrouve persécutée et même violée chez elle par un esprit, un poltergeist, une puissance invisible, un truc bizarre, quoi ! Elle va alors chercher de l’aide auprès de parapsychologues. D’abord sceptiques, ces derniers la croient enfin et décident “d’emprisonner” l’entité. Le cauchemar se terminerait-il pour Carla ?

Cette histoire est paraît-il, authentique, c’est du moins ce qu’affirme le romancier Frank DeFelitta, déjà responsable d’Audrey Rose, mais aussi médiocre écrivain par la suite, excepté un suspense maritime que faillit porter à l’écran William Friedkin avant de péter un plomb (Friedkin pète souvent les plombs, personne ne sait pourquoi !) Le Jugement de la Mer. La véracité dans ce genre de récit, on y croit ou non. A priori, ici, cela semble plus crédible qu’Amityville par exemple. Cette entité est une force psychique douée de vie et si cela s’est vraiment passé comme le montre le film, on plaint sincèrement Carla. Tout cela est intelligemment traité et abordé, ce qui constitue la grande force de ce film qui se clôt sur une image assez terrifiante. Malgré une image moyenne, revoir L’Emprise est une agréable surprise.

 

Le Masque du démon

de Mario Bava

avec Barbara Steele, John Richardson, Andrea Checchi

Films Sans Frontières Vidéo

Vente DVD

++++++

Si on ne devait avoir qu’un film de Mario Bava en DVD (très belle copie malgré l’absence de 16/9e, et de la couleur rouge pour le générique, très curieux pour un film tout en noir et blanc !), que ce soit celui-ci ! Bien plus riche esthétiquement et scénaristiquement que tous ses autres films, Le Masque du Démon fait partie de ces “vieux” classiques de l’horreur et de l’épouvante qui continuent de vous scotcher à votre fauteuil ! Condamnée pour sorcellerie, Asa se voit exécutée de la manière la plus atroce qui soit : on lui applique un masque hideux sur la figure dont l’intérieur est garni d’épines d’acier. 200 ans plus tard, elle revient se venger des descendants de son bourreau.

Avec Le Masque du Démon, Mario Bava dépoussiérait un peu l’horreur et l’épouvante gothique en soignant tout particulièrement l’aspect visuel de son film. Déjà réputé en tant que directeur de la photo, il réussit à restituer une ambiance morbide, ténébreuse, captant ainsi l’essentiel de ce qui génère la peur. Peu d’effets chocs, mais des ombres, un “climax” oppressant, des cris et des chuchotements, parfaitement maîtrisés et savamment dosés font bien plus d’effets que tous les effets spéciaux les plus performants du moment. La preuve : regardez Le Masque du Démon, à la fin respirez un bon coup et pour vous détendre, rigolez à souhaits en matant le ridicule Hantises de Jan De Bont. Classique du genre, monument de terreur au même titre que Les Innocents, La Maison du Diable et La Malédiction (si, si, ça fout toujours les jetons, celui-ci !), Le Masque du Démon est aussi le seul vrai chef-d’œuvre de Mario Bava, largement supérieur par exemple à celui que beaucoup aiment citer, La Baie Sanglante. Comme l’a dit Andy Warhol, “chacun aura dans sa vie son heure de gloire”. Le Masque du Démon fut celle de Bava.

 

La Disparue

De George Sluizer

Avec Jeff Bridges, Kiefer Sutherland, Sandra Bullock

FPE Vidéo

Vente DVD

++++

Encore une bonne surprise simplement rééditée en DVD (format respecté, compatibilité 16/9e, sous-titres, et dans le cas présent, copie très bonne) d’un film très inquiétant, qui met mal à l’aise, mais au final positif, à l’inverse du film original dont il est le remake. À la base de tout ça, un court roman signé du Hollandais Tim Krabbé, sorti chez nous sous le titre de L’œuf d’Or. Suivit alors un film, déjà réalisé par George Sluizer, L’Homme qui Voulait Savoir avec Bernard-Pierre Donnadieu dans le rôle d’un brave type curieux de tout et quand même désaxé. Ainsi, il veut savoir ce que ça fait de tuer quelqu’un. Il kidnappe une jeune fille, et “fait le test”. Mais le petit ami de cette dernière la recherche. L’homme le contacte, en lui demandant d’accepter de subir tout ce qu’elle a subi avant qu’il ne lui dise où la trouver. Et il commet un second meurtre. Inutile de dire qu’à la fin du roman et du premier film, on est plus que mal à l’aise. Les Américains commandent alors leur version et c’est Jeff Bridges qui reprend le rôle de l’homme qui voulait savoir. Il s’appelle Barney, sa première victime sera Sandra Bullock, alors inconnue, et le boy-friend, Kiefer Sutherland. Excepté la fin, La Disparue peut se préférer à l’original par la composition remarquable de Bridges, un acteur de génie. De Barney, il fait une sorte de papa-gâteau, érudit à l’air un peu niais, mais complètement dérangé. La métamorphose est incroyable, et l’acteur s’investit à fond dans le rôle. George Sluizer a pris à cœur ce remake malgré la concession finale, et le résultat est suffisamment convaincant pour laisser une inquiétante impression, celle que la folie meurtrière n’apparaît pas seulement sous les traits de dégénérés portant des masques mais aussi sous celle de votre innocent voisin, ou du gentil professeur de musique de votre petite fille…

 

A.I. Intelligence artificielle

De Steven Spielberg

Avec Haley Joel Osment, Jude Law, Frances O’Connor, Brendan Gleeson

Warner Home Vidéo

Vente DVD Collector & VHS

+++++

Le film que tout le monde attendait. Parce qu’il devait être le prochain de Stanley Kubrick, parce que suite à son décès, Steven Spielberg le reprit en promettant de ne pas trahir la vision première qu’en avait “le maître”. Au bout du compte, A.I. ne fit pas l’unanimité. Pour certains, c’est un chef-d’œuvre ; pour d’autres, un monumental et très ennuyeux ratage. Donc, il n’est pas question ici de chercher à convaincre qui que ce soit de revoir son appréciation du film. A.I. est le film par excellence qui trouvera ses fans, et cette édition DVD Collector est donc pour eux.

Dans un futur toujours assez proche (il n’y a que La Machine à Explorer le Temps qui vous propulse des milliers d’années dans le futur, à ses risques et périls d’ailleurs…), les humains partagent leur quotidien avec les Mécas, des androïdes sophistiqués. David est un enfant Méca programmé pour adorer ses parents. Mais l’humain ressent des sentiments qu’une machine ne peut comprendre et David se retrouve en milieu hostile. Abandonné, pourchassé, il part alors avec un Méca adulte à la recherche de son identité et de ce qu’il ne parvient pas encore à comprendre.

Au-delà du constat cinématographique en lui-même qui montre parfaitement bien la réunion de deux points de vue, Kubrick et Spielberg, qui ne se fondent jamais en une totale osmose, on ne peut que ressentir la difficulté de réussir un film sur un scénario peut-être trop ambitieux. Avec Kubrick, ce qui l’emporte, c’est l’aspect pessimiste, noir, d’un tel avenir, comme on peut le découvrir avec ces jeux du cirque modernes où les robots sont mis à mort. Avec Spielberg, il y a toujours cette vision utopique et quelque part infantile du futur. Curieusement, lors d’une de ses interviews, il met bien en garde contre le fait de croire que la machine pensera et aimera un jour. Une idée qu’il ne restitue pas vraiment dans son film. Sur tous ces points, chacun restera sur ses positions. Mais là où on peut ressentir une fascination pour A.I., c’est dans l’époustouflante réussite des effets spéciaux, de la recréation de cet univers sur-évolué et en même temps si barbare. Plusieurs mondes et visions se croisent dans A.I., d’où l’échec du film. Et ce Collector n’est pas non plus la réussite de l’année. D’accord, tous les reportages sont intéressants, les “trucs” dévoilés sont saisissants, mais cela garde tout de même un côté strictement promotionnel, certes largement plus développé que d’habitude mais en même temps, un tantinet aseptisé. Logiquement supervisé par Laurent Bouzereau, on s’attendait à mieux d’un des poulains de Spielberg, dont on connaît par ailleurs le talent. Aucun commentaire audio, Spielberg ayant dû penser que ce qu’il racontait dans ses bonus suffisait. Ce qui manque, c’est une petite touche de sincérité, un petit quelque chose qu’on ne ressent jamais ici. Dans dix ans peut-être, Spielberg reviendra-il sur le film et livrera quelque chose d’autre, qui sait ? Enfin, ne soyons pas totalement négatifs, A.I. est très loin d’être un mauvais Spielberg (titre détenu par Hook, Amistad et… Passons !), il serait même une de ses œuvres les plus personnelles et réussies, et cette édition DVD demeure superbe et fidèle au film. Mais au vu du projet, n’est-ce pas légitime d’avoir espéré un monumental chef-d’œuvre à tout point de vue et d’être déçu ?

 

 

The Usual Suspects

De Bryan Singer

Avec Kevin Spacey, Benicio Del Toro, Gabriel Byrne, Kevin Pollack, Stephen Baldwin, Chazz Palminteri, Pete Postlethwaite.

MGM Vidéo

Vente DVD Édition Collector

++++++

Je l’entends d’ici, certain(e)s vont se demander ce que fait Usual Suspects dans cette rubrique. Bien sûr à première vue, il s’agit d’un polar. Sauf que… Rappelez-vous, pour celles et ceux qui connaissent le film, cette phrase que dit Kevin Spacey : le plus grand mensonge du Diable, c’est de faire croire qu’il n’existe pas. Voilà pourquoi Usual Suspects peut prétendre être chroniqué en ces pages. Certes, le scénario est machiavélique, mais en y ajoutant le talent de Bryan Singer, il frôle très souvent un fantastique inquiétant, pas aussi palpable que celui de Rosemary’s Baby par exemple, mais assez proche tout de même…

Un matin, dans un port californien, un cargo est découvert en flammes, avec un nombre impressionnant de cadavres à son bord. La police découvre un rescapé, Verbal, qui s’était caché pendant le massacre orchestré semble-t-il par un seul homme. Un monstre, un génie du mal comme on ne pensait jamais en rencontrer, Kayser Soze. Verbal raconte aux flics qu’il a fait partie d’un groupe de 5 hommes, réuni pour la première fois lors d’une confrontation policière suite à un braquage. Retenu ensemble, le groupe décide de monter un coup audacieux. Mais dans l’ombre, la vérité est tout autre et ils ne sont que des poupées manipulées par Kayser Soze. Mythe ou réalité, et s’il existe, qui est-il ?

Un film culte, dont on ne se lasse jamais. Un chef-d’œuvre du genre, policier mais aussi un tantinet fantastique. À cause d’un personnage, Kayser Soze. Dans les bonus, on apprend que ce mélange allemand-turc signifie “roi qui parle trop” ! On ne le voit jamais, pourtant il est là, et plus on avance, plus il inquiète. Soze tue toute sa famille pour montrer à ses ennemis qu’il sera encore plus impitoyable envers eux. Soze, personne ne l’a jamais vu, ou n’est plus vivant pour en parler, c’est presque un démon, le Diable. Revoir aujourd’hui Usual Suspects, quand on connaît la solution après quelques années d’oubli, permet de redécouvrir sous un autre œil, la maîtrise de l’œuvre. Deux disques constituent ce Collector. Donc, après le film, regardez les bonus, tous sous-titrés (ce qui compense les commentaires audios non sous-titrés, eux, donc que peu écouteront…), où vous aurez surtout 3 reportages avec des interviews récentes des acteurs et de Bryan Singer revenant 7 ans en arrière. Avec 4 films aujourd’hui à son actif, le jeune réalisateur prouve bien qu’il n’a pas une vision normale du polar : il a toujours voulu le dévier vers l’étrange, l’inquiétant. Son premier film, Public Access, sur un étranger s’installant dans une bourgade et se servant de la radio pour révéler les secrets les plus honteux et terribles sur les habitants, amorçait déjà cet état d’esprit. Après Usual Suspects, Un Élève Doué et X-Men prouvèrent que Singer voyait les choses définitivement sous un œil fantastique. Il est donc passionnant de découvrir ces 90 minutes d’interviews diverses, où l’on sent que le film fut pour chacun une expérience unique, géniale, et qui trouva son apothéose lors de la présentation au Festival de Cannes en avant-première mondiale. La suite, on la connaît, l’Oscar pour Kevin Spacey, la consécration pour Benicio Del Toro et Bryan Singer, et la phénoménale réputation du film. Pour une fois, le bêtisier n’est pas extraordinaire, et les scènes coupées n’apportent rien. Ce qui n’empêche pas cette magnifique édition Collector d’être une des meilleures de l’année, tant pour le plaisir de revoir dans d’excellentes conditions un tel film que pour partager avec les acteurs, le réalisateur et même le monteur (John Ottman, compositeur aussi, et futur réalisateur de Urban Legends 2) des souvenirs qui les ont marqués. Et contrairement à ce que dit Bryan Singer, cela suffit largement pour justifier son acquisition. Lui qui conclut en pensant éventuellement à un X-Men vs Kayser Soze ! Non mais, quel blagueur ce Bryan !

 

 

 

Par Stéphane Thiellement

 

Dark City

Avec Rufus Sewell, Jennifer Connely, Kiefer Sutherland, William Hurt

 

De Alex Proyas

Metropolitan Vidéo

Vente DVD

+++++

En se réveillant, John Murdoch pense être encore dans un cauchemar : du sang, un cadavre, et sa ville qui bouge, se transforme, alors que ses habitants semblent tous plongés dans une léthargie des plus profondes. Continuant ses découvertes, John va rencontrer des êtres vêtus de noir, aux pouvoirs étranges et meurtriers, et qui vont tout faire pour éliminer ce témoin gênant du secret de leurs puissances.

A première vue, Dark City aurait facilement pu tomber dans une science-fiction rébarbative et pesante. Quelle n’est pas la surprise quand on découvre que le second film d’Alex Proyas, génial réalisateur de The Crow (le premier, l’unique, le seul), est une œuvre passionnante, excitante, incroyable. L’intrigue est menée comme un polar, la science-fiction côtoyant en parfaite harmonie un fantastique terrifiant en la présence de ces mystérieux gardiens du temps, sortes de croque-morts responsables de l’existence des humains. Point de questions existentielles dans le film de Proyas, juste un grandiose spectacle pour “seulement” 28 millions de dollars : le résultat dépasse toute logique ! Pour s’en convaincre, il suffit de voir les extraordinaires transformations de la ville. Si The Crow avait révélé un véritable artiste créateur de génie, Dark City finit de le prouver. Et pour une fois, le film satisfera tous les publics : les fans de SF purs et durs, les amateurs d’un fantastique flirtant avec l’épouvante, et les autres. Maintenant, l’édition DVD propose de s’enfoncer plus dans cet univers terrifiant au travers de bonus qui révéleront, comme cela en devient l’habitude avec ce support, pas mal de secrets. Tant que la magie opère encore après, pourquoi pas ?

 

Apparences

Avec Harrison Ford, Michelle Pfeiffer, James Remar

 

De Robert Zemeckis

Fox Pathé Europa Vidéo

Vente VHS & DVD

++++

Comme ça, là, on pourrait être surpris de voir Robert Zemeckis, un des poulains de Spielberg, réalisateur de films très “Plaisons-à-toute-la-famille” (la trilogie Retour vers le futur, A la poursuite du diamant vert, Forrest Gump), se lancer dans un projet comme Apparences. Pourtant, quand on regarde de plus près les occupations du p’tit Robert, on voit qu’il participe activement à la série TV des Contes de la crypte (producteur, il a signé quelques épisodes), qu’il a fait confiance à Peter Jackson pour son fabuleux Fantômes contre fantômes qu’il co-produisit, et qu’il fonda dernièrement Dark Castle avec son pote Joel Silver. Une “boite” qui se spécialise dans les remakes de petites séries b horrifiques comme l’excellent The House on Haunted Hill (La Maison de l’horreur), l’an dernier, que suivront 13 Ghosts et Macabre, ce dernier devant être réalisé l’an prochain par… Robert Zemeckis. Bref, le gars aime ce genre, il n’y a plus de doutes ! Alors bien sûr, quand Apparences sortit, tout le monde (ou presque…) tomba sur le dos du réalisateur en lui reprochant de n’avoir rien inventé, mais beaucoup pompé. De prime abord, cela pourrait être vrai. Mais en y regardant de plus près, on se rend compte que Robert Zemeckis est le maître d’un film d’épouvante réellement terrifiant, où son talent sert admirablement un scénario certes assez classique mais qui est surtout là pour donner une chair de poule comme on n’en avait pas eu depuis belle lurette ! Ce qui intéressait Bob Zemeckis, c’était de revoir, de trier, et d’utiliser au mieux tous les trucs vus et revus depuis des décennies. Et Apparitions gagne haut la main son pari : cette hantise que vit Claire Spenser au quotidien, ces apparitions d’une jeune fille blonde décédée, le secret abominable entourant ces mystères, trouvent sous l’œil de Zemeckis une réelle force, devenant une terreur magnifiquement distillée tout au long de l’histoire. Maintenant, chacun y prend ce qu’il veut. Les uns n’y verront qu’une grosse mascarade hollywoodienne signée d’un ex-wonder boy de l’écurie Spielberg, et les autres opteront pour un brillant shocker gothique d’un fan du genre. Dernière précision de taille : le DVD offre, en plus d’une magnifique copie, le commentaire audio de Bob, en vost, qui vaut vraiment le coup !

 

Le Loup-garou

de Paris

Avec Tom Everett Scott, Julie Delpy, Pierre Cosso, et Thierry Lhermitte

 

De Anthony Waller

Metropolitan Vidéo

Vente DVD

+++

L’affiche est superbe, si, si. Mais pas le film. Et pourtant, il eut le Grand Prix à Gerardmer en 1998 (à côté, il y avait Gattaca, mais au milieu un jury, certes moins nul que celui de 2001, mais quand même pas remarquable non plus !). Bon, d’accord, il y a eu pire (Thomas est amoureux, Grand Prix 2001, pour ceux qui auraient loupé le précédent épisode) mais cela n’empêche pas Le Loup-garou de Paris, sensé être dans la même mouvance que son modèle, Le Loup-garou de Londres de John Landis, de ressembler à une gigantesque gaudriole qu’on croirait être réalisé par un Max Pecas (“ auteur” de Mon curé chez les nudistes, par exemple) au meilleur de sa forme ! Jugez plutôt : un touriste américain tente de sauver une jeune fille qui s’est jetée du haut de la tour Eiffel (la meilleure séquence du film !), se fait mordre par cette dernière, voit alors des zombies tout autour de lui, et progressivement devient un lycanthrope, à l’allure pas trop moche encore.

Le problème du film, c’est qu’il joue ouvertement la carte de l’humour degré zéro, avec les blagues propres au coup de “l’étranger qui pige rien”, les apparitions des fantômes aux moments les plus inopportuns, et l’aspect série Z avec ce professeur travaillant sur les hybrides homme-loups (et devinez qui c’est : Thierry Lhermitte !). L’amateur, lui, se contentera des séquences de lycanthropie relativement satisfaisantes. Autrement, rien de bien sérieux là-dedans pour le plus grand plaisir d’un public adorateur des Visiteurs, et méfiant vis-à-vis d’un Hurlements : tel est le compromis qu’offre ce second film d’Anthony Waller, par ailleurs pas vraiment un surdoué dans son genre, si ce n’est la première partie de son thriller précédent, Témoin muet. D’ailleurs, il ne s’enorgueillit pas vraiment de ce Loup-garou de Paris : c’est bien d’être lucide dans ce métier !

 

Le Clown de l’horreur

Avec Christopher Plummer, Margot Kidder, Sarah Lassez, James Duval

 

De Jean Pellerin

TF Vidéo

Location VHS & DVD (inédit)

++

Et un psycho-killer de plus, fraîchement créé au Canada, suite au regain de succès du genre depuis la saga Scream. Celui-ci ne restera pas dans les annales, comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Il faut dire aussi que les bonnes “copies” sont rares et se comptent facilement sur les doigts d’une main. On pourra citer dans ce cas-là le très amusant Cherry Falls et son tueur de puceaux et pucelles, qui risque de sortir en salles cet été. Le Clown de l’horreur a directement droit au traitement vidéo. Pourtant, même si le résultat est loin d’être inoubliable, il reste quand même une petite ambiance assez sympathique due au décor d’un vieux théâtre abandonné, à quelques meurtres plutôt bien troussés (empalement, et une belle décapitation !) et à un final qui rappelle un peu celui de l’excellent Bloody Bird de Michele Soavi (là s’arrête la comparaison quand même !).

Un groupe d’étudiants et leur professeur prennent en main la réouverture d’un théâtre fermé depuis le meurtre d’une diva quinze ans auparavant. Parmi eux, la fille de cette dernière, qui commence à avoir des visions de cette macabre soirée. La vérité apparaît peu à peu alors qu’un clown, sosie du meurtrier de la cantatrice, commence à éliminer implacablement tous ces nouveaux acteurs…

Bon, on comprend vraiment très vite qui a tué, et tue encore. Mais le décor est propice à l’épouvante, le clown aime donc l’arme blanche et fait peur, chose assez normale pour un clown, contrairement à ce que l’on peut croire de prime abord. Et malgré les réactions de ses victimes, consternantes de connerie (“ Un esprit ne tuerait jamais des gens, c’est un sadique qui veut nous tuer !”), toute la partie finale, sorte d’ultime représentation, relève un peu le niveau de cette série B légèrement supérieure à d’autres du genre, sans pour autant devenir une référence !

 

La Malédiction,

Edition collector 25e anniversaire

Avec (sur la totalité) Gregory Peck, Lee Remick, William Holden, Lee Grant, Lance Henriksen, Sam Neill

 

De Richard Donner, Don Taylor et Graham Baker

Fox Pathé Europa Vidéo

Vente coffret DVD & VHS

+++++

Un des événements vidéo, en particulier sur le support DVD, de ce début de troisième millénaire. Si pour beaucoup L’Exorciste constitue le must du film diabolique, d’autres lui préfèrent La Malédiction. Mais il y a une énorme différence : là où le film de Friedkin n’hésite pas à faire douter de l’existence du Mal en tant qu’esprit, La Malédiction est du pur fantastique, traité avec un sérieux glaçant, apocalyptique, qui, 25 ans après, n’a rien perdu de sa puissance… Pour ceux qui ne connaissent pas encore, petit rappel des trois volets…

Robert Thorn vient d’être nommé ambassadeur des USA en Italie. Sa femme venant d’accoucher, on lui apprend que l’enfant est mort né mais qu’il y a possibilité d’en adopter un sans en avertir son épouse. Il s’appellera Damien (les mêmes consonnes que dans “démon”, dans le même ordre en plus : curieux, non ?), va grandir dans les hautes puissances politiques, entouré de personnes étrangement protectrices, au point que Robert Thorn va reconnaître l’inacceptable que lui révèle un journaliste : son enfant est l’Antéchrist, le fils de Satan, revenu sur Terre pour rétablir son empire. Thorn tentera de le tuer mais sera abattu juste avant…

Damien est alors recueilli par son oncle, Richard Thorn, un puissant industriel. Elevé en compagnie de son cousin, l’enfant devenu adolescent va découvrir sa véritable nature, la rejeter avant de l’accepter. Protégé par ses disciples, Damien échappera de nouveau à la mort, mais éliminera toute sa famille…

Damien Thorn est devenu un homme (!) puissant. Comme son “père”, il souhaite s’orienter vers la politique, et l’ambassade américaine en Grande-Bretagne est vacante. L’Antéchrist a la voie libre vers sa totale résurrection…

Oublions l’abominable Malédiction 4, ignoble téléfilm qui fait honte à une des trilogies les plus réussies dans le cinéma, et que l’éditeur français a occulté de ce coffret, une excellente idée par rapport aux Américains qui l’ont conservé. La Malédiction est donc un savant mélange de satanisme spectaculaire, de par son contexte (tout se situe dans le pouvoir politique et financier), de par ses meurtres qui constituent souvent des scènes impressionnantes (entre autres, la décapitation de David Warner !), et de par son ambiance gothique moderne, accentuée par une musique terrifiante de Jerry Goldsmith (qui y gagna son seul Oscar à ce jour !). Le premier volet conserve encore des scènes qui vous font grimper aux rideaux, telle celle où Thorn et le photographe vont déterrer le cercueil de la vraie mère (un chacal !) de Damien dans un vieux cimetière étrusque. Et au final, la victoire du Mal fait quand même froid dans le dos. Etrangement, la séquelle est d’un égal niveau. On reprend une autre star du grand cinéma américain (Peck ayant déclaré que La Malédiction lui rapporta le plus d’argent dans sa carrière, trouver un remplaçant ne fut pas chose difficile !), Wiliam Holden, et on observe Damien adolescent apprendre la vérité sur lui-même. Encore des meurtres spectaculaires, une narration sans temps mort, et une fin où l’avenir appartient à Damien Thorn.

La Malédiction finale ne parvient pas à clore superbement cette trilogie. Contenant cependant d’excellents moments, et la présence d’un Sam Neill des plus inquiétants quand il vous regarde fixement (un pied dans la tombe en prévision, quoi !), il ne peut donner au duel Bien-Mal la puissance qu’on s’attendait à avoir, sombrant même dans un certain ridicule lorsqu’il montre Damien-Satan en costard cravate, et Jésus en robe blanche, longs cheveux et belle barbe ! Mais mis bout à bout, l’ensemble, la Trilogie donc, est un remarquable spectacle, passionnant, auquel l’édition DVD rend un superbe hommage déjà par un packaging magnifique (le coffret s’ouvrant pour avoir la forme d’une croix), ensuite par des bonus qu’on ne connaissait pas jusqu’ici, sur le tournage, sur les incidents liés aux films, avec des commentaires audios, etc. Une cure de Jouvence bienvenue pour un des très grands classiques du cinéma d’épouvante.

 

Dinosaure

Avec les voix en v.f. de Jamel Debbouze, Richard Darbois, Perrette Pradier

De Ralph Zondag et Eric Leighton

Walt Disney Vidéo

Vente DVD et VHS

+++

Les Disney (entendez par là : les dessins animés des studios Disney) se suivent… Mais ne se ressemblent pas. Si la major company a enregistré depuis La Petite sirène certains des plus gros scores de sa carrière au box-office, c’est parce qu’il y a eu un retour à une qualité tant scénaristique qu’artistique qui se souciait peu des budgets. Cela paya, comme le prouvèrent ensuite La Belle et la bête, Alladin, et surtout Le Roi lion qui constitua un record dans l’histoire du studio. Et cela continua avec Mulan, Tarzan, et même Hercule qui fut pourtant loin de rallier tous les suffrages. Cependant, il faut aussi savoir se renouveler. Le projet Dinosaure reposait sur une animation extraordinaire (hé, le succès de Jurassic Park était là !), comme le prouvent sans équivoque les dix premières minutes. Au départ, il y a un scénario signé Walon Green (La Horde sauvage, c’est lui !) et Paul Verhoeven (qu’on ne présente plus !) ; à la fin, il y a un remaniement des scénaristes, et une histoire qui applique quasiment à la ligne la sempiternelle recette Disney : l’apprentissage de la vie, de l’amour, de l’amitié et de la trahison. Bref, on comprend tout de suite que vu le budget astronomique absorbé dans l’animation “révolutionnaire”, il fallait une histoire (mince) qui captive nos chers bambins. Manque de bol, ils sont moins crétins qu’on ne le pense, et ce qui marcha avec Le Roi lion, se vautre lourdement avec Dinosaure. Maintenant, il y a le support vidéo, et surtout DVD, qui permet d’apprécier quand même un spectacle loin d’être inintéressant sur l’ensemble du produit. A savoir que les bonus captivent de nouveau l’enfant qui sommeille encore en nous (et qui n’était pas habitué à tant de cadeaux de la part des DVD de cet éditeur) et que le reportage sur le doublage effectué par Jamel mérite son coup d’œil. Bon. En plus, l’éditeur annonce un DVD prestige pour Noël prochain. Y’a pas à dire, faut renflouer les caisses de Dinosaure par tous les moyens possibles. Quant à ce qui est du Disney pur, on piaffera plutôt d’impatience pour la sortie du génial Kuzco, qui nous réconcilia franchement avec leurs dessins animés. Mais ceci est une autre histoire…

 

 

 

Destination finale

Avec Devon Sawa, Ali Larterkerr, Tony Todd

 

De James Wong

Metropolitan vidéo

Vente VHS & DVD

++++

 

Bon, il n’est pas possible que certain(e)s ne soient toujours pas au courant que le Slasher (film d’horreur sur un maniaque masqué trucidant – à l’arme blanche de préférence – tous plein d’adolescents très niais, à part un(e) qui survivra… Pour une éventuelle suite !) soit revenu à la mode. Et même si le succès est moins délirant que du temps des deux premiers Scream, ce n’est pas fini. Dans l’ensemble, on retrouve le même problème qu’à l’époque des Vendredi 13, à savoir pas mal de nanars pour un bon Slasher. Destination finale appartient à la bonne catégorie. Mélangeant vraiment le Fantastique au canevas type du genre, on y voit Alex qui, suite à une vision, s’extirpe au dernier moment en compagnie de cinq autres personnes d’un avion qui explose en vol quelques minutes après. Seul problème : les survivants sont mystérieusement et systématiquement éliminés. La Mort n’a pas eu son quota prévu de victimes… De par cette inédite trouvaille (faire de la Mort le tueur), Destination finale s’écarte de la masse des autres films du genre. Certes, on cède toujours à certains ingrédients propres à ces films et dont on ne peut se passer (surtout sur les personnages très stéréotypés) mais l’ensemble génère plus de surprises qu’un banal psycho-killer de plus. Certaines scènes chocs sont réellement inattendues, et n’hésitent pas à être très gores, là où le soft a généralement droit de cité. Maintenant, l’édition DVD offre d’abord une copie superbe, et surtout des bonus dont certains sont passionnants. Comme celui montrant le principe de la preview, à savoir montrer le film à un groupe de spectateurs censés représenter le futur public du film. C’est eux qui vont “décider” de son avenir. Dans le cas de Destination finale, toute la fin initiale fut coupée, et on la remplaça par une autre davantage en osmose avec le goût du public adolescent friand de ces films. Sérieusement, c’est assez stupéfiant. Il y aussi un reportage sur une vraie (!) médium, et aussi deux jeux : un qui vous dira si vous avez des pouvoirs psychiques, et l’autre… Qui vous annonce le jour et l’heure de votre mort ! Ca, c’est du bonus !!!

 

A l’Aube du sixième jour

 

Avec Arnold Schwarzenegger, Michael Rooker, Sarah Wynter, Robert Duvall

 

De Roger Spottiswoode

Gaumont Columbia Tristar Home Vidéo

Vente DVD & location VHS

+++

Les temps sont durs pour les gros bras. Leur règne sur le box-office cinématographique s’est quand même bien tari. Stallone cumule les bides (commerciaux, parce qu’autrement, ses films sont loin d’être mauvais), et Schwarzenegger est dans le même cas, au point qu’il cherche à tout prix à concrétiser la mise en chantier d’un Terminator 3. Mais bon, avant ça, il y eut donc A l’aube du 6e jour. Normalement, quand Arnold plonge dans la science-fiction, ça cartonne toujours. Sauf ici. Dans un futur proche, Adam Gibson découvre qu’il a un clone, un parfait sosie créé à partir d’une cellule de son ADN alors que la loi du sixième jour interdit le clonage humain. En fait, le plus puissant des industriels du moment, Michael Drucker (!!!) transgresse ces lois pour son pouvoir personnel. Maintenant, il lui faut éliminer le Gibson d’origine pour continuer ses expériences interdites.

Le principal problème du film vient d’un aspect très série B. On est loin de la science-fiction ambitieuse, servie par un réalisateur de la trempe d’un Cameron. Roger Spottiswoode avoue franchement un intérêt très relatif pour le film d’action en général, et ici, seul l’aspect clonage l’attira. De ce fait, tout ce qui est séquences d’effets spéciaux, ou grandes scènes d’action taillées pour Arnold, ne dépasse pas un minimum correct. Ce qui, pour un film de cette envergure, ramène à une dimension trop modeste et non à un nouveau Total Recall, par exemple. N’oublions pas non plus que l’acteur (si, si, il joue quand même assez bien, mais il a retrouvé curieusement l’accent autrichien de ses débuts !) dépasse maintenant les 50 ans, ce qui limite aussi certaines prouesses physiques… Maintenant, une fois ce constat accepté, A l’Aube du sixième jour se révèle plus sympathique que La Fin des temps par exemple (pourtant mieux réalisé, au passage). Son look série B y est pour beaucoup, on ne s’ennuie pas, on s’amuse même bien. Et pour récupérer les déçus purs et durs, le DVD leur offre en plus d’une copie parfaite, un quota de bonus, du making-of aux commentaires audios, qui compensent assez bien avec la déception relative que constitua ce nouveau film d’Arnold Schwarzenegger, en attendant le prochain (peut-être) Terminator 3.

 

 

Le Fantôme du Bengale

 

Avec Billy Zane, Kristy Swanson, Treat Williams, Catherine Zeta-Jones

 

De Simon Wincer

Paramount Vidéo

Vente DVD

+

Au cas où on ne vous l’aurait pas assez fait remarquer, les adaptations de bandes dessinées, de comics, au cinéma, donnent plus souvent des ratages que des chefs-d’œuvre. Dans cette dernière catégorie, les rares lauréats se nomment The Crow, Blade, Batman le défi et dernièrement X-Men. Il y en a aussi qui ne sont ni tout à fait réussies, ni tout à fait ratées, comme The Shadow. Et il y a les autres, les vilains petits canards boiteux dont on espérait pourtant beaucoup. Le Fantôme du Bengale en fait partie. A la base, un des plus vieux comics qui soit, sur un mystérieux justicier répondant au nom de Fantôme, habitant une lointaine île asiatique (le Bengale, si vous voulez !) ou tout plein d’affreux pirates, gangsters, débarquent pour voler des trésors cachés. Le Fantôme, aussi surnommé L’ombre qui marche, semble être immortel ; en effet, les indigènes véhiculent sa légende depuis des dizaines d’années. En fait, sous son masque se cache un redresseur de torts qui trouve un héritier à chaque fois que son grand âge ne lui permet plus d’être en action. Tel est le fantôme du Bengale, qui doit aujourd’hui affronter le dangereux Xander Drax qui veut s’approprier les crânes de Touganda, aux pouvoirs illimités.

Ce qui est consternant dans cette adaptation très pauvre de la bande dessinée, c’est le fait d’édulcorer toute violence pour rendre le film plus accessible à un public très jeune. Or, il y a longtemps que ce même public est plus friand de héros noirs et de violence graphique. On accepte aujourd’hui que tout super-héros cède facilement à la schizophrénie, voir aux tendances psychopathes, ce qui rend d’autant plus intéressant le personnage. Dans le cas présent, on fait fi de toutes ces considérations, on se retrouve dans un gentil cinéma héroïque, au look serial, ou tout est clairement défini : le héros est bon, le vilain mauvais. Et on ne tombe pas dans la violence gratuite, le Fantôme ne tuant personne, mais désarmant d’une balle parfaitement dirigée le plus redoutable de ses adversaires ! Bref, cette adaptation constitue une des plus médiocres qui soit, qu’on regardera d’un œil distrait parce que la copie DVD le vaut, parce qu’on y retrouve Treat Williams en milliardaire démoniaque, parce qu’il y a aussi Catherine Zeta-Jones en femme fatale, parce que le costume du Fantôme est très réussi. Et c’est tout. Billy Zane avait signé pour endosser deux nouvelles fois sa tenue pourpre de justicier, l’échec cuisant du film en décida autrement.

Depuis quelques années, la télévision rivalise sur un même pied d’égalité avec le cinéma. Entendez par là que certains “téléfilms” se révèlent largement supérieurs à des films qui ne reposent que sur une recette d’esbroufe en tout genre amenant à un budget disproportionné, le tout au détriment en plus d’un scénario digne de ce nom. Ainsi, même si le format proposé demeure celui de la télévision (le genre de détail qui donne de l’urticaire aux puristes du format 16/9e, qui préféreront une bonne grosse daube comme Perdus dans l’espace qu’un chef-d’œuvre TV dans son format standard !), le DVD s’enrichit d’œuvres télévisuelles qui méritent d’être dans toute DVDthèque comme les X-Files (pour citer la star du moment), Le Prisonnier, et des longs-métrages telle la version très noire de Blanche-Neige avec Sigourney Weaver. Aujourd’hui arrive, dans un magnifique coffret écrin tout à fait légitime au vu du bijou qu’il contient, Le Dixième royaume, une des plus belles productions télé vues depuis longtemps. Il regroupe l’ensemble des épisodes formant cette incroyable odyssée dans le monde féerique où l’imaginaire rencontre notre monde bien réel… Aux portes de notre dimension se trouve le 9e Royaume, celui abritant tous les héros et les créatures de nos contes de fées. Le prince Wendell s’apprête à monter sur le trône quand un sort lancé par son abominable belle-mère le transforme en chien. Il parvient à se sauver en plongeant dans un miroir qui l’amène à Central Park (remarquez au passage que toutes ces histoires arrivent aux USA, curieux quand même…). Là, il rencontre Virginia et Tony qui, une fois l’incroyable accepté, repartiront avec lui dans un monde étrange peuplé de loups-garous, de trolls, de princesses, et bien d’autres, pour remettre les choses en place.

 

Le Dixième royaume,

Edition collector

Avec Rutger Hauer, Ann Margret, Kimberly Williams, John Larroquette, Scott Cohen.

 

De Herbert Wise et David Carson

Free Dolphin Vidéo

Vente coffret DVD

+++++

 

Une idée géniale, celle de prendre tous les contes ou presque, et de les faire co-exister dans un même univers, tel est Le Dixième royaume. Servie par d’excellents effets spéciaux, cette histoire particulièrement riche demeure passionnante tout au long des 8 heures de spectacle. Bien entendu, les bonus sont là, du making-of à l’entretien avec le scénariste Simon Moore (connu pour un excellent polar noir avec Liam Neeson, Faute de preuves, et surtout pour avoir écrit le western onirique de Sam Raimi, Mort ou vif), plus quelques autres moins passionnants quand même. Mais l’ensemble constitue un spectacle somptueux, qui nécessitera au moins trois soirées de vision. Ben oui, y’a école le lendemain, les enfants !

 

Massacre à la

tronçonneuse

 

Avec Gunnar Hansen, Marilyn Burns

 

De Tobe Hooper

Studio Canal

Vente DVD et VHS

++++++

 

Chaque genre cinématographique a, à un moment donné, une œuvre qui le dépoussière, le revitalise, le remet au goût du jour, bref, le fait avancer. On ne va pas tout énumérer ici, mais pour se repérer, disons que 2001 L’odyssée de l’espace le fit pour la Science-Fiction, tout comme La nuit des morts vivants pour l’Épouvante. Et Massacre à la tronçonneuse constitua cette rénovation pour l’Horreur. Pourtant, le film, archi connu, mondialement célèbre rien que par son titre, n’est pas le plus visuellement démonstratif qui soit. Mais il plonge tellement loin dans la folie, son hystérie est si traumatisante, qu’on croit voir ce qu’on ne nous montre jamais. L’avantage de cette réédition, surtout en DVD, est un nombre impressionnant de bonus qui replace le film dans son contexte d’époque (27 ans déjà !) par le biais d’interviews de Tobe Hooper, des acteurs, des photos de tournage, de scènes coupées. Et on se rend compte que cette entreprise ne fut pas de tout repos, qu’elle conserve intact aujourd’hui encore son fabuleux potentiel de terreur. Ce qui est la vraie marque des classiques, de ces films dont toute séquelle ou tout remake est inutile : on ne fera pas mieux. À noter aussi dans les bonus, l’incroyable bande-annonce de l’opus 3 (massacré par ses producteurs qui en livrèrent une version charcutée) qui s’inspire d’Excalibur. Assez croquignolent dans le genre !

 

Los Angeles 2013

 

Avec Kurt Russell, Stacy Keach, Valeria Golino, Peter Fonda

 

De John Carpenter

Paramount vidéo

Vente DVD

+++++

Alors que se profile à l’horizon l’imminente sortie de dernier film de Big John, Ghosts of Mars (pour Octobre chez nous), Los Angeles 2013 ressort en DVD. Complètement dépourvu de bonus excepté la traditionnelle bande-annonce cinéma, mais qu’importe puisque l’éditeur nous le sert dans une copie absolument somptueuse et que de toute façon, il s’agit là d’un des meilleurs films de Carpenter. Pourtant, bon nombre trouveront cette séquelle proche du nanar. Il est vrai que les effets spéciaux frôlent la catastrophe, au point de sombrer dans le Z involontaire. Carpenter était en plus assez malade durant le tournage, et on le sent tout au long du film : il n’en a pas complètement assuré l’intégralité derrière sa caméra (Russell a même laissé entendre un jour que lui-même aurait mis la main à la pâte…). Pourtant, ces nouveaux exploits du rebelle mercenaire Snake Plissken, copies presque conformes de ceux perpétrés à New York 16 ans auparavant, sont encore plus jouissifs dans le fond. John Carpenter pique sa crise, règle ses comptes, épaulé par son pote Russell. Les États-Unis en prennent pour leur grade, et ce qui fait de ce film un des meilleurs de l’auteur d’Halloween, The Thing et de tant d’autres must du genre, c’est sa fin. Sans concessions, implacable, un gigantesque bras d’honneur, un grand cri de révolte. Il fallait oser, Big John l’a fait. Seul problème, il reste maintenant un peu emprisonné dans ses frustrations et sa colère alors qu’il ne pourra jamais faire plus fort que ce final incorrect apocalyptique, et qui donne toute sa force à Los Angeles 2013.

 

Phenomena

 

Avec Jennifer Connely, Donald Pleasence, Dalila Di Lazzaro

 

De Dario Argento

TF1 Vidéo

Vente DVD

++++

Il est curieux de revoir certains films aujourd’hui, largement critiqués à leur sortie, maintenant réhabilités au vu des œuvres très récentes de leur géniteur. Tel est le cas de Phenomena, carrément incendié il y a quinze ans où on pouvait lire que cela constituait un ratage de la part du grand Dario Argento, une énorme déception par rapport à des chefs-d’œuvre tels que Suspiria, Les frissons de l’angoisse, etc. On connaît la carrière de Dario, chacun(e) y trouvera son préféré. Bon, le temps passe, Argento réalise Opera (ça va encore…), Trauma aux USA, puis Le syndrome de Stendhal (déjà, là, certains n’y croient plus alors que Stendhal Syndrome est loin d’être un mauvais film), et c’est la catastrophe avec sa version du Fantôme de l’opéra et son petit dernier, le pire de tous, son véritable premier navet, Sleepless. Il n’est donc pas étonnant que la sortie de Phenomena en réjouisse du coup plus d’un. Car on y retrouve encore la patte du Maestro de la terreur transalpine, et ce malgré une histoire abracadabrante. Les meurtres sauvages entourant la jeune étudiante Jennifer (Miss Connelly, à ses débuts, un look un peu Céline Dion en beaucoup mieux quand même !) débouchent sur la révélation d’un abominable secret des pouvoirs télépathiques de Jennifer avec les insectes : faut avouer que c’est du pur fantastique ! Mais excepté du hard-rock qui n’a pas sa place dans ce film, on retrouve les obsessions de Dario Argento, ses défauts (des visions oniriques un peu ringardes, par exemple), et ses qualités comme cet esthétisme graphique violent, coloré mais s’adaptant parfaitement au contexte de ce récit horrifique. Et du coup, revoir Phenomena aujourd’hui en plus dans une copie de très bonne tenue en général (avec en bonus une interview réalisée lors de son passage à Gerardmer il y a 6 ans), permet d’avoir une pensée nostalgique pour le talent aujourd’hui disparu d’un des derniers Grands Maîtres du cinéma Fantastique.

 

Armageddon

Édition Collector

Avec Bruce Willis, Liv Tyler, Billy Bob Thornton, Steve Buscemi

 

De Michael Bay

Buena Vista Home Vidéo

Vente DVD

+++++

 

Depuis peu, Buena Vista a décidé de donner au support DVD des éditions dignes de ce nom. Ainsi, après par exemple, Starship Troopers (voir un peu plus loin), arrive donc ce collector Armageddon “piqué” directement à l’éditeur américain Critérion. Force est de constater qu’à côté de la précédente édition, qui était toute simple (mais nantie quand même d’une version originale sous-titrée français, le tout sur une face, un exploit à l’époque pour Buena Vista !), celle-ci l’enterre complètement. Effets spéciaux, story-board, scènes abandonnées constituent les bonus qui prolongent le plaisir de la vision de ce gigantesque film catastrophe (une très belle copie en plus), complètement invraisemblable : un spécialiste des forages de pétrole est embauché pour sauver le monde de l’ultime cataclysme. Une gigantesque météorite va s’écraser sur notre bonne vieille terre, et adieu l’humanité. Aidé de son équipe de professionnels, mercenaires, tous plus barges les uns que les autres mais chacun étant un spécialiste dans sa matière, Harry Stamper (Bruce Willis, plus macho que jamais !) va prendre une fusée, atterrir sur le gros caillou, faire des trous pour y mettre de la dynamite et tout faire péter !

Armageddon est signé Jerry Bruckheimer (producteur d’énormes calibres) et surtout réalisé par Michael Bay, le fou qui nous fila des migraines avec Bad Boys et Rock. Curieusement, c’est avec Armageddon qu’on commence à l’apprécier : le film est moins fatiguant à suivre, bien plus plaisant, et Bay a enfin assimilé quelques vraies notions de cinéma. Mais il n’empêche que l’ensemble est quand même assez bourrin, ne serait-ce que par son humour déconnant alors qu’il ne reste plus que 17 jours à notre planète avant d’être transformée en poussière. Faut pas rêver : ça reste du Michael Bay quand même !

 

 

 

2001 :  l’odyssée de l’espace

 

Avec Keir Dullea, Gary Lockwood

 

De Stanley Kubrick

Warner Home Vidéo

Vente DVD

+++++

Au même titre que Massacre à la tronçonneuse chroniqué dans ces mêmes pages, 2001 : l’Odyssée de l’Espace fut donc une révolution en son temps. Disons que grâce au film de Kubrick, la SF dans le cinéma fit un bond prodigieux. Loin d’avoir en plus très mal vieilli comme c’est le cas pour La planète des singes qui pourtant réinitialisera tout autant le genre mais qui pêche aujourd’hui par des effets spéciaux qui n’ont pas résisté à l’usure du temps, 2001 procure encore une sensation étonnante d’être devant un spectacle qui continue d’émerveiller. Bien sûr, le premier contact avec ce film est loin d’être aisé (si, si, soyons honnêtes !). Mais une fois rentré dans son histoire, dans la précision d’orfèvre de Stanley Kubrick, force est de constater que le spectacle se suit beaucoup plus passionnément que devant Star Wars Épisode 1 par exemple. Pourtant, 30 ans séparent ces deux films. L’un est une cascade d’effets spéciaux sans âme ; l’autre existe, vit, émerveille et on en oublie que tout cela n’est que du cinéma. Alors, même si ce Star Wars 4 sort en Octobre prochain en DVD, procurez-vous d’abord cet objet rare et magnifique, 2001 : l’Odyssée de l’Espace, dans son bel écrin d’argent, mais dans une copie pas des plus parfaites malgré tout, et avec en cadeau le CD de la musique, et un morceau de pellicule du film. Ce n’est pas de la propagande, c’est juste un descriptif de ce qui fait un des plus beaux DVD de ce début de troisième millénaire.

 

Blair Witch 2 : le livre des ombres

 

De Joe Berlinger

Musique de Carter Burwell

Studio Canal vidéo

Vente VHS & DVD

+++++

Vous avez adoré Blair Witch ? Vous risquez de détester l’opus 2. Vous avez détesté Blair Witch, son côté attrape-nigaud de faux documentaire ? Vous risquez d’adorer l’opus 2. Enfin, on peut avoir le même avis sur les 2 films. Petit retour en arrière : Blair Witch, film d’épouvante lancé comme un reportage témoignage sur la mort de 3 jeunes cinéastes lors de leur quête sur une forêt hantée du Maryland, tourné pour moins de 50 000 dollars, en rapporta en fin de carrière quelque chose comme 250 millions ! Ahurissant, gigantesque arnaque pour les uns, magnifique coup de poker pour les autres. Une suite est tout de suite mise en chantier. Sauf que là où le projet devient intelligent, c’est que ce sera un vrai film d’épouvante, inspiré par le projet Blair Witch. C’est-à-dire que le film de Joe Berlinger reprend les bases d’un vrai long-métrage. Fini le (faux) film découvert et révélé au grand jour, ici, on joue la carte cinéma. Scénaristiquement, on voit un groupe d’étudiants partir sur les traces de la sorcière, et vivre des événements terrifiants. Mais vraiment terrifiants car Blair Witch 2, même en étant plus conventionnel que son prédécesseur, n’en fait pas moins peur. Situations inexplicables, ombres fantomatiques, spectres, cauchemars éveillés, tout est là pour vous faire sauter au plafond, et Joe Berlinger réussit fort bien son pari : continuer dans la même veine inspiratrice, la sorcière de Blair Witch, sans copier le modèle (ce qui n’aurait eu aucun intérêt) mais en le transposant dans un vrai format cinématographique. Maintenant, histoire de ne pas tuer complètement la poule aux œufs d’or, le DVD offre son habituel quota de bonus, faux reportages sur les lieux du drame avec interviews des autochtones. On notera aussi qu’on ne connaît pas les acteurs sur l’affiche. Histoire de préserver la légende de Blair Witch, un des coups les plus fumants du 7e art !

 

 

Starship Troopers

Edition collector

Avec Rutger Hauer, Ann Margret, Kimberly Williams, John Larroquette, Scott Cohen.

De Paul Verhoeven

Buena Vista Home Video

Vente DVD

++++++

 

On ne présente plus ce monument de la science-fiction, sur lequel énormément de critiques du monde entier ont carrément craché, traitant le film de Verhoeven de pamphlet fasciste, au grand désespoir de l’intéressé. Ce dernier n’a toujours pas digéré la pilule, et même si aujourd’hui, Starship Troopers, via la vidéo, a largement été réhabilité, Paul Verhoeven traîne cette affaire comme une malédiction, gardant une rage et une amertume qui minent un peu son inspiration et sa force créatrice actuelles.

Maintenant, la ressortie dans une édition DVD zone 2 digne de ce nom, permettra à ceux qui ne l’ont pas encore fait d’apprécier à sa juste valeur, un des films les plus provocants de son auteur, archi anti-militariste, d’une noirceur et d’un cynisme qui ne pouvaient plaire à l’Amérique conservatrice. D’une puissance incroyable lors des affrontements avec les insectes, d’une qualité d’effets spéciaux visuels ahurissante (c’est la première fois qu’on voit l’intérieur d’un vaisseau spatial coupé en 2 !), d’une intelligence rare (ce qui change des Star Wars !), Starship Troopers est un véritable chef-d’œuvre qui peut enfin être savouré en zone 2. Même le commentaire audio (“ qui ne reflète pas les idées du distributeur du film”, nous prévient un message en début de film !) est sous-titré. Un événement de taille chez cet éditeur qui, il y a encore quelques mois, mettait ses films sur 2 faces, avec tous les sous-titres possibles… Sauf français ! N’hésitez plus : si vous voulez connaître la provocation selon Paul Verhoeven, ne ratez pas ce DVD.

 

 

Les dents de la mer 2e partie

Avec Roy Scheider, Lorraine Gary, Murray Hamilton

De Jeannot Swarc

 

Les dents de la mer 3

Avec Dennis Quaid, Lou Gossett Jr, Bess Armstrong

De Joe Alves

 

Les dents de la mer, la revanche

Avec Lorraine Gary, Michael Caine, Mario Van Peebles

De Joseph Sargent

Universal Vidéo

Vente DVD

 

++

 

Steven Spielberg réalisa en 1975 un modèle du film de monstre et de terreur, Les Dents de la Mer. Pourquoi un modèle ? Parce que même en ôtant les séquences d’attaque du grand requin blanc, il y a une telle tension qu’on n’est jamais à l’aise. Un constat tout bête, tout simple, mais qui fera défaut à chacune des 3 suites qui ressortent aujourd’hui en DVD, dans des copies de bonne facture mais qui ne rattrapent en rien leurs manques de qualités cinématographiques.

Et encore, pour le 2 (dont une anecdote savoureuse sur le titre français nous est révélée dans les bonus : croyez-le, ça, c’est du bonus !), ça peut passer. Le film fait la part belle aux attaques de la bestiole, on retrouve quasiment tous les protagonistes du premier, bref c’est une grosse série B plus ou moins digeste qui veut à tout prix exploiter le filon du requin tueur. Mais par contre, il s’agit du DVD le plus riche des 3. L’inusable Laurent Bouzereau a réalisé un making of de 45 minutes où beaucoup reviennent sur le tournage (sauf Roy Sheider), avouant ouvertement le souhait de faire une suite où on ne voyait quasiment que le requin en action, on y trouve aussi des scènes inédites, des extraits du story-board, et en moins utile, un documentaire sur John Williams et Keith Gordon et la fameuse anecdote.

Le 3 constitue certainement le plus mauvais de la série (on croyait que c’était le 4 mais après visionnage, non, non, c’est bien le 3 !). Il voulait profiter du retour à la mode du procédé 3D, et ça, on nous le balance bien 5, 6 fois dans les mirettes avec des images trafiquées style bras coupé, tête de poisson, mâchoire de requin, du plus mauvais effet. Le pire étant l’attaque finale du requin, simple photo bien fixe, hideuse, qui va exploser l’aquarium. Renny Harlin a magnifié cette idée dans son Peur bleue.

Enfin, on arrive au 4. Un mystère celui-là. On reprend la veuve de Brody (Scheider n’était déjà pas tenté par le 2 alors le 4…) qui voit les siens persécutés par un requin. Un lien télépathique semble la relier au monstre et malgré un exode aux Bahamas, la bébête suit la famille. Mais d’un autre côté, elle attaque peu, et on a droit à beaucoup de remplissage verbal d’une rare futilité. Hé bien malgré ça, malgré les blagues vaseuses de Van Peebles, ça se supporte mieux que le 3, si, si ! Les paysages sont beaux, et le requin est en meilleure forme que dans le précédent même si on le voit relativement peu. C’est fou ce que le plaisir tient à peu de chose parfois.

Voilà ce qu’on peut dire sur la saga des Dents de la mer. Une saga à avoir pour la collection, pourquoi pas ; mais d’un autre coté, si on ne possède que l’original, ça suffit largement.

 

Le Silence des Agneaux

Avec Anthony Hopkins, Jodie Foster, Scott Glenn

 

De Jonathan Demme

MGM Home vidéo

Vente DVD

 

++++++

 

À l’époque de sa sortie, il y a dix ans, Le Silence des Agneaux fit l’effet d’une bombe. Ce n’était pas un polar spectaculaire, bourré de fusillades avec course-poursuite d’un serial-killer. Non, on découvrait un voyage épouvantable dans les tréfonds de l’âme humaine, où le génie d’un monstre était si fascinant qu’il devenait le héros. Autant le véritable tueur n’était autre qu’un pauvre dégénéré psychotique, autant le Dr Lecter, pourtant un terrifiant psychopathe cannibale, devenait au fur et à mesure de ses rencontres avec l’agent du FBI Clarice Sterling, une sorte de mentor, de personne qu’on aurait aimé connaître tant son intelligence, son raffinement, sa classe nous subjuguait. Traité de manière très “clinique”, froid, impitoyable, Le Silence des Agneaux devint le chef-d’œuvre du moment, le cauchemar que tout le monde voulait voir. Depuis, d’autres films sont apparus dont Seven. Et à chaque fois, une comparaison s’impose par rapport au Silence des Agneaux, qui se retrouve alors un peu derrière. Or, aujourd’hui, quand on revoit le film de Jonathan Demme, on retrouve intact les mêmes impressions ressenties lors du premier voyage en compagnie d’Hannibal Lecter. Et l’on ne peut que se rendre à l’évidence que ce film est bel et bien le plus terrifiant de tous dans son domaine. Il n’a pas vieilli, il garde la même puissance, il génère les mêmes terreurs. Pour couronner ces retrouvailles, cette édition DVD offre un second disque de bonus, qui va du making-of promotionnel aux scènes inédites, en passant par des bandes-annonces, un reportage original sur son tournage, etc. Le film étant lui, servi par une très belle copie, inutile de préciser qu’il s’agit là d’un véritable objet de collection, plus communément appelé Collector, bien sûr.

 

Vorace

Avec Robert Carlyle, Guy Pearce, David Arquette

 

De Antonia Bird

FPE vidéo

Vente DVD

 

+++++

Que justice soit faite : la sortie très attendue par une poignée de fans de Vorace va enfin pouvoir redonner une seconde chance à un des films d’horreurs les plus intelligents de la décennie passée, voir du siècle passé ! S’appuyant sur un fait divers véridique (à savoir à la fin du XIXe siècle, des colons qui voulaient aller en Californie et qui se retrouvèrent bloqués dans les montagnes : la nourriture manquant, le cannibalisme apparut !), Vorace dévie son récit vers la légende du Wendigo, ce démon indien amateur de chair humaine. Son invincibilité venait du fait qu’en ingérant ses adversaires, il gagnait leur force, leur intelligence, etc. Ici, l’action se passe pendant la guerre de sécession : le capitaine Boyd, faux héros et vrai lâche, est envoyé dans une contrée des plus inhospitalières où il sera confronté à une vague de meurtres sanglants perpétrés par un homme devenu fou et cannibale ! En voulant le capturer, Boyd va devoir régresser pour d’homme civilisé redevenir un être sauvage.

Dis-moi qui tu manges, je te dirai qui tu es. Sur cette simple théorie, Antonia Bird livre un film d’horreur monstrueusement réaliste. Entre ceux qui devinrent cannibales par nécessité et ceux qui le devinrent par goût, il y a une différence majeure, qui constitue un des points d’intérêt de son film. On n'est pas en présence d’un Anthropophagous (film d’horreur à gerber, signé par feu Joe d’Amato, où le tueur finissait par dévorer ses propres entrailles !) nouvelle version mais bel et bien en face d’un film intelligent, remarquable, et bien plus terrifiant que celui cité un peu plus haut ! Comble de bonheur, cette édition DVD nous offre 3 commentaires audios sous-titrés dont un avec Robert Carlyle (mais faut aller au chapitre IV, avant il n’est pas là !) et quelques scènes inédites. Pour un film passé si vite dans les oubliettes lors de sa sortie, c’est carrément Byzance.

 

 

Scream

edition Collector

Avec Neve Campbell, Courtney Cox, David Arquette

 

De Wes Craven

Film Office Vidéo

Vente DVD

 

++++

 

Le film par lequel tout a commencé. On pourrait même dire : recommencer. Scream est en effet le film qui relança la mode des slashers (vous savez, le tueur, un masque, des armes blanches, des victimes crétines, de la morale pour les survivants, pas de sexe sinon couic ! etc.). Énorme succès surpris à sa sortie (plus de 100 millions de dollars de recettes, à la surprise générale), la popularité de Scream peut s’expliquer par le fait qu’il est la synthèse de quelques décennies de films de genres, et que ce qu’on trouve dans le scénario, à savoir les pièges à éviter pour rester vivant, et qui est le meurtrier, tout le monde y a “joué” à un moment donné. C’est tout. Certes, Wes Craven est loin d’être un tâcheron dans le genre, il était celui qu’il fallait pour mener à bien ce projet du jeune scénariste inconnu Kevin Williamson, un mec qui n’aime pas les jeunes, les fêtes et le sexe. Pour s’en convaincre, il suffit de voir son film à lui tout seul, Mrs Tingle. Mais bon, à revoir, Scream lasse quand même un peu. Sauf si on se farcit la trilogie (avec le 2, c’est dur quand même) car là, l’ensemble constitue une assez belle réussite. Maintenant, l’avantage de cette ressortie, c’est d’avoir une copie supérieure à la précédente, un commentaire audio de Williamson et Craven, et un making-of inédit sur le film. Comme c’est devenu une référence, pourquoi pas, autant avoir cette version Collector d’un slasher dont on n’aurait jamais parié qu’il aurait relancé un genre aussi limité.

 

Prophecy 3

Avec Christopher Walken, Vincent Spano, Brad Dourif

 

De Patrick Lussier

TF1 Vidéo

Location DVD & VHS - inédit

 

+

 

Le premier Prophecy était un excellent shocker fantastico-religieux bourré d’idées plus folles les unes que les autres, où l’on apprenait avec effarement que l’archange Gabriel (Christopher Walken, dans un rôle taillé pour lui) était un pourri de première, qu’il y avait une guerre entre certains anges et Dieu, ces derniers lui reprochant d’avoir créé l’homme et de lui avoir donné trop de pouvoirs, et que de gentils anges étaient chargés de contrecarrer les sinistres méfaits de ces frustrés du paradis. Réalisé et écrit par le scénariste du premier Highlander, le film était scandaleusement resté inédit en salles chez nous, privé en plus d’une sélection à Gérardmer pour d’obscures raisons. Succès oblige, une suite est concoctée, dans la même veine en moins réussie, où l’on retrouve Gabriel qui tend à virer un peu de bord ; mais la surprise n’est plus là. Puis arrive cet opus 3, spécialement destiné à la vidéo, et ça se voit. Un budget étriqué, beaucoup de palabres, et une tentative de réamorcer la fascination créée par le premier épisode. Ici, Gabriel va se mettre en travers de la route de Pyriel, l’ange du génocide (un nouveau, on en apprend à chaque fois avec cette saga, le catéchisme ne sert plus à rien les enfants !) en aidant un jeune évangéliste tué et ressuscité en Danyael, mi-ange, mi-homme. Une course-poursuite s’engage, très longue, très bavarde sur des questions existentielles mineures puisque justes là pour remplir un scénario vraiment creux. Quant à Walken, on peut dire que sans sa présence, on oublierait vite Prophecy 3, mollassonne première réalisation de Patrick Lussier qui se rattrapera peu après avec l’intéressant (pour ménager les éventuels grincements de dents…) Dracula 2001.

 

 

Carrie

Avec Sissy Spacek, John Travolta, Piper Laurie, Amy Irving

 

De Brian De Palma

MGM Home Vidéo

Vente DVD

 

+++++

 

Et l’on continue avec les ressorties de titres prestigieux en éditions Collector, mais des vraies, pas des pseudos-collector. Et dans le genre, Carrie n’est pas en reste. Carrie, premier roman qui amorça le succès qu’on sait pour Stephen King, et premier gros succès commercial pour Brian De Palma. Souvent imité, jamais égalé, Carrie est un des chefs-d’œuvre du fantastique, un de ces films qui supportent sans problème une nouvelle vision tous les 2 ou 3 ans. Carrie, c’est le portrait, vu par un voyeur (le père De Palma, déjà bien maître de ses vices cachés), d’une adolescente à l’aube de la puberté, au milieu d’un environnement hostile délimité par une mère bigote et des étudiants d’une crétinerie assez gratinée (menés en plus par un John Travolta pas encore “scientologiste” pur et dur), et qui se découvre des pouvoirs paranormaux qu’elle libérera implacablement contre les responsables d’un bizutage particulièrement sanglant. Avec Carrie, King amorçait son fantastique réaliste, qui prend pied dans le quotidien de tout un chacun. Avec Carrie, De Palma s’ouvrait les portes d’une carrière qu’on pensait vouée au genre mais qu’il diversifia pour le pire (L’esprit de Cain) et le meilleur (Les Incorruptibles, Mission : impossible). Un film phare pour beaucoup, même pour le Fantastique, puisqu’il s’agit d’un des premiers grands classiques qui renouvela le genre. Tout comme le furent Les Dents de la mer, Halloween, Massacre à la tronçonneuse, etc. Cette édition Collector permet maintenant de voir, entre autres, trois reportages avec interviews des principaux intéressé(e)s 25 ans plus tard, dus à un spécialiste qu’on ne présente plus, pour une durée totale de 90 minutes quand même. Ce sont d’ailleurs eux qui font l’essentiel des richesses supplémentaires de ce DVD qu’évidemment tout DVDphage se doit de posséder.

 

 

 

Hannibal

Avec Anthony Hopkins, Julianne Moore, Ray Liotta, Gary Oldman

 

De Ridley Scott

UNIVERSAL Vidéo

Vente VHS et DVD édition Collector

 

++++

 

La suite tant attendue du Silence des agneaux ? Oui et non. Oui parce qu’effectivement, le personnage d’Hannibal Lecter est si fascinant qu’on meure d’envie de le revoir, découvrir ce qu’il fit après son évasion, etc. Non, parce que comme tout chef-d’œuvre (et dans le cas présent, littéraire et cinématographique), une suite atteint rarement le même niveau d’excellence. Seul Le Parrain a réussi ce tour de force. Thomas Harris, sous la pression de son éditeur et quelques millions de dollars d’avance, se mit donc à la rédaction d’une séquelle. Sitôt sorti, le roman est un best-seller, et son adaptation cinéma (les droits ayant été vendus depuis bien avant son écriture) est en route. Pour quel résultat ? Une histoire bien plus grand-guignolesque que la précédente, parsemée de-ci, de-là de quelques scènes où Harris retrouve la puissance de ses mots pour retranscrire l’ambiguïté des relations Bien-Mal entre Clarice et Lecter. Le jeu étant ici de développer plus leur relation de séduction-répulsion pour la faire aboutir à une histoire d’amour immorale, voir contre-nature. Autour de tout cela, la vengeance d’une victime de Lecter, un milliardaire défiguré par le scalpel du psychopathe qui donna en pâture aux chiens le visage de son hôte. Le raffinement de l’horreur est au rendez-vous, mais cette fois, on tombe carrément dans le Grand Guignol. C’est Ridley Scott qui signe le film, on reconnaît sa “touche” esthétique quand par exemple il filme magnifiquement Florence, nouvelle ville d’adoption de Lecter. Mais le reste ne se contentera d’être que la mise en images d’un polar gore, où l’effet prime plus qu’une réelle histoire cauchemardesque et traumatisante, un second voyage dans nos peurs refoulées qui n’aura donc pas lieu. Passé ce désappointement, revoir Hannibal permet de mieux apprécier un film quand même loin d’être la catastrophe tant annoncée. Il faut prendre Hannibal sans se référencer au passé. Et comme cette édition Collector est remplie de bonus réellement dignes d’intérêt (comme cette fin ultime coupée car jugée certainement vraiment trop “osée” : conservée, le film aurait gagné quelques points !), Hannibal constituera en tant que tel, un film qui peut gagner à être revu. Plutôt rare, non ?

 

John Carpenter’s Vampires

Avec James Woods, Sheryl Lee, Thomas Ian Griffith, Maximillian Schell

 

De John Carpenter

Film Office Vidéo

Vente DVD édition Collector

 

++++++

 

Alors là, c’est l’événement. La ressortie de l’avant dernier (le dernier, Ghosts of Mars, c’est pour bientôt dans les salles obscures) film de Big John. D’accord, Vampires laisse un petit goût amer à la fin, comme si on était passé à côté du grand chef-d’œuvre. Mais par moments, on touche cet état de grâce. Ne serait-ce que par une première partie incroyable, qui nous présente Jack Crow (Woods, rien à redire), ce chasseur moderne de vampires, créatures démoniaques s’extirpant du sol des cimetières pour suivre leur Seigneur. Crow est accompagné d’une bande de mercenaires et est rémunéré par l’Eglise. Jusqu’au jour où le Seigneur en question massacre tout le monde, ne laissant comme seuls survivants que Jack Crow et une prostituée. S’associant avec un prêtre, Crow repart en mission pour empêcher l’avènement définitif sur Terre du Seigneur de la nuit.

Donc, le départ est extraordinaire : un vrai western avec des vampires comme bad guys, des séquences incroyables de combats, un carnage qui laisse sans voix. Et puis après, une baisse de rythme, un peu dure. Et une fin qui laisse sur sa faim. Mais on retrouve l’esprit de Big John au travers de Jack Crow-James Woods : individualiste, anti-religieux, etc. Et puis de toute façon, malgré ces quelques points faibles, Vampires constitue quand même un vrai film de John Carpenter. Certainement pas aussi jouissif que Big trouble in Little China, The Thing ou même Los Angeles 2013, mais suffisamment quand même pour qu’on prenne un plaisir certain à le déguster. Et là, dans cette édition DVD, on trouve en plus d’une copie magnifiquement remastérisée, un commentaire audio sous-titré de Big John, mais surtout un portrait du cinéaste au travers d’interviews de proches de sa carrière comme Kurt Russell par exemple et sur 50 minutes, excusez du peu, ainsi que quelques extraits de tournage de vampires agrémentés d’interviews. On l’aura compris, c’est surtout ces 50 minutes qui hissent ce Collector en objet à conserver précieusement dans la DVDthèque de M. John Carpenter.

 

Les Oiseaux

Avec Rod Taylor, Tippi Hedren

 

De Alfred Hitchcock

Universal Vidéo

Vente DVD

 

++++++

 

En général, tout le monde s’accorde à dire que le film d’Hitchcock le plus parfait est Sueurs froides. Maintenant, dans ces mêmes personnes, chacun à son Hitchcock préféré, celui qu’on regarde toujours avec la même fascination, le même plaisir, en réussissant parfois à découvrir des détails qu’on n’avait pas vu la dernière fois. Les Oiseaux est réellement le dernier grand film d’Alfred. Après, aucun de ses suivants n’atteindra ne serait-ce qu’un prix d’excellence. Les Oiseaux est un vrai film fantastique, une œuvre aussi puissante et inquiétante qu’un Phase IV (de Saul Bass, le responsable de pas mal des génériques des films d’Hitchcock, sur l’invasion des fourmis au point que l’homme devienne leur esclave !). Pas de monstre gigantesque, ni de liaisons télépathiques étranges, ni de passage de comète, non rien de tout ça dans ce film, seulement les oiseaux qui décident de prendre le pouvoir. Cela commence par des petits détails, une mouette qui attaque une enfant, des rassemblements de corbeaux sur les fils télégraphiques, puis surgissent des attaques de plus en plus violentes, meurtrières, jusqu’à l’image finale d’un horizon rempli d’oiseaux, maîtres de l’avenir. Ces derniers, comme les fourmis de Phase IV, semblent dire que notre futur dépend maintenant d’eux. Les fourmis envoyaient un message apocalyptique (“ Adaptez-vous ou mourrez !”), les oiseaux par leur seule présence montrent leur victoire sur l’être peut-être pas le plus civilisé mais le plus intelligent. Et 40 ans plus tard, Les Oiseaux n’a rien perdu de sa puissance. Le revoir en DVD dans une très belle édition, avec son quota de bonus constitué d’images retrouvées et de souvenirs révélés, est un nouveau plaisir, et pour celles et ceux qui viennent d’arriver et qui n’ont pas encore mis les yeux devant un Hitchcock, commencez par Les Oiseaux est un excellent début.

 

La Part des Ténèbres

Avec Timothy Hutton, Michael Rooker, Amy Madigan

 

De George A. Romero

MGM Home Vidéo

Vente DVD

 

+++

 

Le Stephen King du mois (après Carrie en octobre), mais cette fois pour un film qui constitua une énorme déception dans la mesure où celui qui le dirigeait n’était autre que le grand (au sens propre comme au figuré) George A. Romero, l’auteur de La Nuit des morts vivants, de Zombie et de Monkey Shines (Incidents de parcours, en vf). On en attendait beaucoup, et il s’avéra que La Part des ténèbres ne fut rien d’autre qu’un shocker des plus classiques, bien foutu mais vraiment basique, et indigne de Romero. Maintenant, à la lueur de son dernier opus, Bruiser (un homme dont le visage s’efface et qui se venge de tous ceux qui le charriaient : consternant de nullité !), La Part des ténèbres peut obtenir une nouvelle chance. Et s’il est vrai qu’on n’y retrouve que de très loin la “patte” du maître mais que dans le genre, le film vaut mieux que beaucoup d’autres. L’histoire de cet écrivain qui “enterre” son pseudo, qui du coup prend vie car il refuse de disparaître des rayons des librairies (ça, c’est du fantastique !), pouvait donner matière à une œuvre complexe et riche de la part de Romero. Hé bien non, il s’agit là donc bel et bien d’un shocker un peu meilleur que la moyenne mais qui ne fera pas date dans la carrière de Romero. L’avantage de cette édition zone 2 est qu’elle dispose d’un format respecté compatible 16/9 alors que le zone 1 était plein cadre. Mais d’un autre côté, le zone 1 avait des sous-titres français, lui, alors que le zone 2 en est dépourvu… Va comprendre, Charles !

 

Face aux démons

Avec Karl Urban, Katie Wolfe, Sally Stockwell.

Studio Canal Vidéo

 

De Glenn Standring

Location VHS / Inédit

 

+++++

 

Découvert à Gerardmer Fantastica 2001, The Irrefutable Truth about Demons (Face aux démons, ici… Mouais !) montre une nouvelle fois la qualité du cinéma néo-zélandais. Suite à la mort de sa petite amie assassinée par les membres d’une secte, Harry fait tout pour démystifier le pseudo pouvoir des sectes, en les faisant passer pour des rassemblements de timbrés juste bon à finir leurs jours dans un asile ! Seul problème : ceux dont il fait sa cible sont bels et bien des représentants de l’enfer, et malgré ses réticences, Harry va être obligé d’y croire pour rester en vie.

Mené sur un rythme effréné, s’appuyant sur des données réalistes et sur des recherches poussées, Face aux démons surprend par ce ton qui se veut volontairement crédible pour nous faire accepter l’inconcevable. En parallèle à cela, Glenn Stranding connaît ses classiques et livre un film d’épouvante satanique d’excellente tenue, aussi inquiétant que réaliste. C’est ce parfait équilibre, servi par un réalisateur qui sait faire du cinéma (hé oui, c’est souvent là que le bât blesse…), qui fait de Face aux démons une surprise comme on n’en avait pas eu depuis bien longtemps…

 

Amityville la maison du diable

Avec James Brolin, Margot Kidder, Rod Steiger

De Stuart Rosenberg

 

MGM HomeVidéo

Vente DVD

 

+

 

La plus célèbre des maisons hantées. Une histoire paraît-il véridique, au moins sur l’existence de cette grande demeure typique de la côte nord-ouest des États-Unis. Pour ce qui est des événements paranormaux, diaboliques, qui s’y passèrent, au point de faire fuir en plein milieu de la nuit la pôôôôvre famille Lutz, là, franchement, il faudra être très prudent. Parce que, faut bien l’avouer, revoir Amityville aujourd’hui, au début du troisième millénaire, ben ça n’a pas du tout le même impact que de revoir La Malédiction ou L’Exorciste. Preuve déjà que le film en lui-même est assez mauvais, ça ne fait pas un pli. Et après l’avoir vérifié, il n’y a plus de doute : Amityville la maison du diable est un très mauvais film !

Reprenons depuis le début : c’est l’histoire d’une famille ricaine normale (cool, chien, gosses, télévision, et un break pour les sorties du week-end !) qui emménage dans une grande baraque à Long Island. Déjà, nous, spectateurs basiques, on l’aime pas cette baraque, elle a un air vicieux, diabolique, si, si, et Stuart Rosenberg se fait un plaisir de nous en persuader. Bon, au bout de quelques jours, des choses bizarres arrivent, un prêtre vient bénir la maison et manque de se faire zigouiller par les Forces du Mal (voix caverneuses, essaims de mouches, odeurs infectes : mais c’est bien sûr notre ami Belzébuth ou un de ses copains qui fait mumuse !). Mais les Lutz aiment leur maison, et il faut surtout faire durer le “suspense” encore un peu. Donc, arrivent quelques traces de possession, le père devient menaçant, regard vicieux et haleine pestilentielle. Inutile de dire que nous, on se serait déjà barré depuis belle lurette. Mais pas les Lutz, pire que les Ingalls, ceux-là, ils s’y accrochent à leur baraque ! Donc, logiquement, le Mal en a marre (ça tombe bien, nous aussi !), et balance carrément du sang au travers des murs. Là quand même, c’est le départ précipité, et les Lutz “resteront marqués à vie par cette traumatisante expérience”. Qui leur a rapporté un max de fric : un livre “de souvenirs” best-seller en une semaine, un film qui cartonna… En son temps, donc. Car 22 ans plus tard, Amityville la maison du diable constitue un des plus beaux navets du genre. Il y eut pas mal de suites dont 2 sont à sauver : Amityville 2 : le possédé, remonte aux raisons de cette hantise (un meurtre violent, et des relations incestueuses suggérées par le malin dans le casque du walkman d’un adolescent !), et surtout Amityville : it’s about time de Tony Randell (Ticks, Hellraiser 2) où une énorme pendule prise dans la maison, renferme un passage temporel vers une époque où des massacres se déroulaient dans la demeure maléfique. Mais pour revenir à ce premier volet, il n’est à voir que par curiosité, en français, ou dans une autre langue bien maîtrisée puisque point de sous-titres français il y a sur ce DVD. De toute façon, ça n’aurait pas changé grand-chose…

 

 

Coffret Collector

La Planète des singes

Avec Charlton Heston, Roddy Mc Dowall, Kim Hunter, James Franciscus

 

De (dans l’ordre des 5 films) Franklin J. Schaffner, Don Taylor, Ted Post & Jack Lee Thompson

FPE Vidéo

Vente DVD

 

++++

 

Maintenant que le film de Tim Burton est largement amorti, l’autorisation de sortir en coffret la saga de La Planète des singes a été donnée. Un article ayant déjà été consacré aux 5 films dans le numéro 18, on ne reviendra donc pas sur la qualité des films, si ce n’est que pour confirmer, après visionnage de l’ensemble, que seul le premier film se vaut d’être vraiment conservé, les quatre séquelles n’atteignant jamais la force du film de Schaffner. Le second, Le Secret de la planète des singes, livrant une explication à ce futur inconcevable ; le troisième, Les Évadés de la planète des singes, prend le concept du premier à l’envers (les singes débarquent à notre époque) mais se révèle justement assez intéressant par cette pirouette ; le 4 et le 5 n’étant là que pour annoncer ce que Taylor découvrira quelques siècles plus tard. S’il est vrai que l’ensemble conserve une relative logique scénaristique, arrivant à boucler la boucle, on sent aussi que chaque épisode n’existe que par une idée autour de laquelle est construit un film (exception du 3 donc, plus riche…). De plus, autant les maquillages créaient la surprise dans le 1er, autant dans les suivants, ils accusent leurs limites. Cependant, voici un coffret qui mérite une place dans une DVDthèque. Déjà, son packaging est superbe. Ensuite, cette saga est rééditée dans des conditions plutôt satisfaisantes (copies bonnes, sous-titres sur les 5 films), et enfin, il y a un sixième disque, passionnant, narré par Cornélius himself mais sans masque, à savoir Roddy Mc Dowall (quelques mois avant sa mort). On y découvre des choses fascinantes, telles les esquisses des décors, les problèmes rencontrés par Jacobs pour monter le projet, le déblocage de la situation dès que Charlton Heston donna son accord, le mini-film test pour les maquillages avec Edward J. Robinson en Dr Zaius, rôle qu’il déclinera par la suite, les maquillages le fatiguant trop vu son âge (il fut remplacé par James Whitmore), etc. Charlton Heston livre quelques souvenirs, tout cela durant 45 minutes. Un documentaire bien plus passionnant que les meilleurs moments des quatre suites qui ne s’imposaient pas. Tout comme le remake, au vu du résultat qu’en a livré Tim Burton. 35 ans plus tard, seuls les maquillages méritaient ce “lifting”.

 

L’Exorciste

version intégrale

 

Avec Max Von Sydow, Linda Blair, Ellen Burstyn, Jason Miller, Lee J. Cobb

 

De William Friedkin

Warner Home Vidéo

Vente DVD & VHS

 

+++

 

Encore un classique trafiqué. C’est la mode en ce moment, surtout avec l’avènement du DVD. Il suffit qu’un réalisateur ait été déçu du résultat final de son film lors de sa sortie, ou qu’il ait retrouvé des séquences inédites pour qu’il remonte son œuvre, la rajeunisse, voir (pire !) la transforme. Et c’est justement cette dernière orientation qui domine dans cette “version intégrale” de L’Exorciste. Bon, c’est vrai que depuis quelque temps, Friedkin ne va pas bien du tout. Son dernier bon film ? Jade. Depuis, nada. Car L’Enfer du devoir, malgré quelques réelles qualités de mise en scène, nageait en plein délire au point d’en devenir honteux. Avec cette nouvelle mentalité, découvrir cet Exorciste remis au goût du jour par ce “nouveau” Friedkin ne surprend personne. Tout y est dénaturé, rien n’est plus suggéré. Friedkin rajoute des inserts de faciès du démon dès qu’il le peut, sabotant ainsi une bonne partie de ce qui faisait de son film un véritable traumatisme du 7e art. D’accord, il a réintégré la “scène de l’araignée”, à savoir Regan descendant l’escalier à l’envers, sur les mains et les pieds ; c’est vrai que c’est terrifiant. Mais le reste ne méritait pas d’être actualisé. Tout comme le son, maintenant trop parfait. Et comme les commentaires audios de Friedkin ne nous en apprendront pas plus, on demeure sceptique quant à l’intérêt d’une telle opération. Comment un artiste peut-il à ce point revoir la conception initiale de son œuvre ? Il avait commencé sa descente aux enfers avec Rampage, prônant la peine de mort. Il persiste et signe avec L’Exorciste. Désolé, Billy, mais laisse nous préférer la première version : elle était bien plus intelligente et terrifiante.

 

Le Retour des morts vivants 3

 

Avec Mindy Clark, Kent Mc Cord, Basil Wallace & Anthony Hickox

 

De Brian Yuzna

Metropolitan Vidéo

Vente DVD

 

++++

 

Producteur de Re-Animator, Brian Yuzna passa derrière la caméra pour Society, étrange film d’horreur onirique sur l’envers de la respectabilité de la bourgeoisie californienne. Depuis, il a remis cette casquette qu’il semble apprécier pour d’autres séries B horrifiques, plus ou moins bien réussies mais jamais nulles, telles que Douce nuit, sanglante nuit 4 : l’initiation (avec le mythe de Lilith, et un cafard géant bien dégueulasse), Re-Animator 2, Le dentiste 1 & 2 (ses meilleurs films), Progeny, son adaptation catastrophique, paraît-il, du comics Faust. Et toujours dans les bonnes surprises, ce Retour des morts-vivants 3. S’écartant résolument de l’aspect parodique de ses 2 prédécesseurs (dont seul le 1 est à garder, le 2 est immonde !), Yuzna opte pour une variante de Romeo & Juliette chez les zombies. Suite à la mort accidentelle de Julie, sa petite amie, Curt décide de ramener son corps dans le laboratoire militaire de son père où sont pratiquées des expériences sur la résurrection des tissus organiques. Julie revit bien de l’au-delà mais montre un appétit insatiable pour la chair humaine. Seul moyen pour elle de retarder cette fringale, se mutiler le corps par des piercings plus tordus les uns que les autres…

D’accord, Yuzna n’est pas David Lean, ni même John Carpenter, et ses films naviguent toujours entre série B et série Z. Celui-ci n’échappe pas à cette marque de fabrique, mais il n’en demeure pas moins excellent, surtout dans toutes les scènes incluant Julie : l’adolescente comprend qu’elle est devenue un monstre, mais elle n’a pas complètement perdu ses sentiments, ses souvenirs. Mourir est une logique quand on vit, revivre est le pire des cauchemars, semble vouloir dire Yuzna. Et comme l’a si bien démontré Romero et même Savini dans l’excellent remake de la Nuit des morts vivants, les monstres ne sont pas toujours ceux qu’on croit… Dernière précision : cette édition DVD présente le film en format 1.33 donc recadré (mais bon, sur du 1.85, ça passe encore), avec une vost. Le zone 1 conserve le format d’origine, avec une vost aussi… Mais dans une version censurée. Alors que le zone 2 est la version intégrale. Et encore une fois, c’est Yuzna, pas Carpenter…

 

Incassable

Avec Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright Penn.

 

De M. Night Shyamalan

Touchstone Home Vidéo

Vente DVD, DVD Collector & VHS

 

+++++

 

 

Avec l’énorme et inattendu succès de Sixième sens (qui était son troisième film, pour celles et ceux qui pensaient que c’était le premier), le réalisateur M. Night Shyamalan passait de l’anonymat à la célébrité en un film. Mais comme on le sait, cela ne dure parfois qu’un temps. Avec Incassable, il nous prouve qu’il est réellement un auteur, à part entière, à la fois scénariste de talent et réalisateur de génie. Pourtant, Incassable fut loin de déclencher les mêmes passions que son précédent, sauf en France où le film cartonna réellement. Car dans Incassable, Shyamalan s’attaque au domaine des comics, et livre un film fantastique ambitieux, vertigineux, surprenant, original, magnifique, mais qui peut aussi passer pour une bonne série B bien roublarde aux yeux de certain. À chacun de faire son choix comme d’habitude.

David Dunn est le seul survivant d’une catastrophe ferroviaire. Il fait alors la connaissance d’Elijah, collectionneur de bandes dessinées, maudit par la nature car aussi fragile physiquement qu’une feuille de verre. Pour Elijah, il existe quelque part dans le monde son contraire, un surhomme “incassable”. Il pense l’avoir trouvé en la personne de David Dunn, et il va tenter de révéler cette inconcevable vérité.

D’accord, on peut voir dans Incassable une très habile façon de se faire rouler dans la farine. Les coups de théâtre étant dorénavant associés aux films de Shyamalan depuis Sixième sens, on devine qu’Incassable ne va pas en manquer. Et pourtant, outre cela, le film révèle tellement de qualités, d’idées, d’attentions aux personnages, qu’il est regrettable de n’y voir qu’une simple machine à surprises. Shyamalan dissèque un homme fade, perdu d’avance, l’humain dans tout ce qu’il a de plus normal : vie professionnelle ratée, vie privée gâchée, David est un loser. Et il faut voir la méticuleuse précision d’orfèvre de Shyamalan pour faire exister un tel “héros”. D’une grande sensibilité, son film déroule lentement une intrigue qui, partie de la banalité, s’achèvera dans l’extraordinaire. On marche ou l’on rejette totalement un tel concept. L’ensemble est magistralement réalisé, par un passionné à qui le succès n’a pas tourné la tête. Maintenant, il faut aller voir les bonus du DVD (déjà somptueux par sa qualité visuelle), dont certains ne sont disponibles que dans une édition Collector. D’abord la première réalisation de Shyamalan, un court-métrage de 3 minutes. Ensuite ces scènes coupées pour une fois réellement intéressantes, qui montrent que cet homme semble bien être un des nouveaux génies du 7e Art.

 

Mad Max

Avec Mel Gibson

De George Miller

Warner Home Vidéo

Vente DVD

+++++

Rien ne vieillit d’avantage que les effets spéciaux au cinéma. Et le genre qui en pâtit le plus est bien évidemment la Science-Fiction. Par exemple, prenez La Menace Fantôme et ensuite regardez Star Wars : Un Nouvel Espoir. Super coup de vieux, hein ! Pour la petite histoire, d’après les rumeurs, la fin de l’Épisode 3 marquera la destruction de toute technologie et le retour vers un environnement plus simple ! Mmouais… Revenons à nos moutons : donc les effets spéciaux n’assurent pas vraiment sur le long terme. Pourtant, il y a quelques exceptions dans la Science-Fiction, des films qui se reçoivent comme une claque en pleine figure. Mad Max par exemple. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il décrit un futur reflet de notre présent, sauf qu’il n’y a plus d’ordre, que l’humanité a déconné, et que seuls les plus forts survivent. Pas de vaisseaux spatiaux, ni de pistolets lasers. Des voitures devenues plus encore symboles de puissance, des armes à feu, et la folie, la barbarie, la sauvagerie, la violence, la mort. Tel est Mad Max, chef-d’œuvre incroyablement puissant en 1979, réalisé par un ex-chirurgien encore plus doué avec une caméra qu’avec un scalpel : George Miller. Un métrage qui secoua le public, choqua la censure mais qui gagna son statut de film culte. Autant le suivant mit carrément sur pied les codes de la Science-Fiction post-apocalyptique (bon, on oublie le troisième, ça vaut mieux !), autant ce premier opus nous plonge dans une terreur nouvelle, celle d’un monde proche du nôtre, d’un quotidien qui pourrait arriver plus tôt que prévu. On n’oubliera pas de sitôt l’impressionnante poursuite en voiture des premières minutes, ces flics bardés de cuir (très machos, très sadomaso et… très gays) encore plus psychotiques que ces pirates violeurs dégénérés qu’ils poursuivent. Et une violence brute que même le meilleur de ces flics d’un nouveau genre ne peut plus supporter. Et quand Max décide d’emmener sa famille loin de ce monde de chaos, cette violence le rattrape, élimine les siens et le transforme définitivement en survivant, justicier psychopathe pour qui se venger est devenu le seul intérêt dans un monde perdu. George Miller nous montre un futur qui ressemble à aujourd’hui, et c’est pour cette raison que plus de vingt ans après, le bruit et la fureur de Mad Max n’ont rien perdu de leur puissance. Mad Max est un film qui fait vraiment peur, et qui ne vieillira probablement plus. Par contre, l’édition DVD qui est proposée décevra même le moins exigeant des amateurs. Les bonus sont maigres, malgré la version originale australienne, qui permet de comprendre pourquoi les Ricains ont demandé un nouveau doublage en anglais. Quant à la qualité du DVD en lui-même, elle laisse vraiment à désirer. D’accord, à l’époque de la sortie du film, on se foutait assez de voir que deux plans successifs n’avaient pas le même ciel, ou la même lumière – ce genre de défaut qui fait aujourd’hui sursauter les puristes du DVD. Pour ceux-là, on annonce pour janvier prochain une édition zone 1 bien plus riche en bonus, et on peut espérer une meilleure copie du film. Mais tout le monde n’est pas équipé de lecteur “dézoné”, et, franchement, cette copie se supporte très bien, pour ce qui demeure encore aujourd’hui, un des plus grands films de la fin du vingtième siècle. Et, qui sait, un miroir de ce qui nous arrivera demain ?

 

Le Blob

Avec Kevin Dillon, Candy Clark, Jeffrey DeMunn.

De Chuck Russell

GCTH Vidéo

Vente DVD

++++

Dans la série des bons films qui retrouvent une nouvelle jeunesse en DVD (enfin relative jeunesse : la copie est très moyenne, surtout au début), dans une édition qui ne contient que le film et un minimum de bonus (bande-annonce, originale, en V. O sous-titrée quand même, et très efficace !), Le Blob arrive enfin. Et l’on parle bien de la meilleure version, la plus récente, celle réalisée par Chuck Russell (The Mask, Freddy 3, L’Effaceur et plus récemment L’Élue) et co-écrite avec le grand Frank Darabont (Les Évadés, La Ligne Verte et bientôt, The Majestic avec Jim Carrey). Un cruel échec à sa sortie, incompréhensible au vu des qualités du film. Reprenant en gros l’histoire originale datant de 1958 avec Steve McQueen (une météorite s’écrasant non loin d’une bourgade laisse échapper un virus gélatineux qui bouffe tout ce qu’il trouve sur son passage) ces 2 amateurs de cartoons et de séries B jouissives s’en donnèrent à cœur joie. Déjà, leur Blob est d’une fulgurante rapidité alors que celui de 1958 prenait son temps avant de recouvrir, d’avaler et de digérer une nana qui hurlait pendant trois minutes (au lieu de prendre ses jambes à son cou !). Ensuite, le canevas classique de ce genre de film est un tantinet bousculé : le supposé héros se fait boulotter quasiment dès le départ, et l’outsider prend la relève. Enfin, le Blob fait preuve d’une étonnante originalité lorsqu’il s’agit de boulotter une proie : au travers du siphon d’un lavabo, dans une voiture, etc. Mené sur un rythme d’enfer, drôle, bénéficiant d’effets spéciaux parfois impressionnants, parfois très ratés, bourré de petites trouvailles, Le Blob constitue un excellent remake de ce qui ne fut jamais un classique, mais seulement une série Z tout juste regardable. 14 ans après, il n’a rien perdu de son inventivité et l’on peut même dire qu’il s’agit là du meilleur film de Chuck (ou Charles, suivant le film, on n’a jamais su pourquoi !) Russell.

 

Family Man

De Brett Rattner

Avec Nicolas Cage, Tea Leoni, Jeremy Piven et Don Cheadle

Metropolitan Vidéo

Vente DVD

+++++

Même dans ce nouveau millénaire, les contes de fées existent encore. On les a remis au goût du jour, mais à part ça, rien n’a vraiment changé dans leur narration. Et Family Man est un conte de fées. Oh, au départ, quand on lit le scénario, c’est vrai qu’on peut craindre le pire. Alors qu’en fin de compte, Family Man est plus juste, sensible et intelligent qu’on ne le pensait.

Étudiants, Jack et Kate s’adoraient. Les temps étaient durs, mais la promesse prochaine d’un diplôme laissait augurer pour Jack une situation financière qui ne pourrait qu’embellir leur bonheur. Et Jack partit donc à Londres, pour un stage. Treize ans après, il est devenu un requin de la finance, habitant un penthouse à Manhattan. Doté d’une ambition démesurée il claque le pognon “comme ça”, il aime le sexe avec une fille différente à chaque fois… Bref, Jack est devenu l’archétype du yuppie puant… Il a complètement oublié Kate. Mais un soir, suite à une drôle de rencontre, Jack se voit offrir de prendre un chemin bien différent. Le lendemain matin, il se réveille marié avec Kate, père de 2 adorables gamines, patron d’un magasin de pneus dans une banlieue. Pour lui, un cauchemar - sauf s’il prend conscience que tout ceci n’est rien d’autre que la perspective d’une seconde chance…

Et qui n’en a pas rêvé ? Celui ou celle qui dit non est un menteur ou une menteuse. Voir ce que notre vie serait devenue si à un moment donné, vous aviez tourné à gauche au lieu de tourner à droite. Tel est l’argument de ce film, pourtant parti sous de mauvais auspices (Brett Rattner, c’est Rush Hour 1 & 2, hé oui !) mais qui s’en sort haut la main grâce à un Nicolas Cage parfaitement à l’aise dans son double rôle (ça va devenir une habitude !) de connard friqué et de père de famille malgré lui, et à Téa Leoni, excellente en jeune mère de famille des plus sexy. Le conte est très bien écrit, le miracle tient la route, on sourit, on rit, et l’on se surprendra à se laisser arracher une ou deux larmes sans y être forcé, avant de réfléchir à ce que l’on ferait si on se retrouvait dans la même situation. Il y a du Capra dans Family Man, cette petite “touche” miraculeuse qui joue bien avec notre corde sensible. Maintenant, l’édition DVD, en plus de qualités visuelles et sonores parfaites (ça devient presque inutile de la préciser pour tous ces films récents mais bon…), n’est pas en reste en bonus. Outre les habituelles featurettes promotionnelles, on y découvrira un bêtisier (il devrait toujours y en avoir un !), des scènes coupées qui ne chamboulent rien, et comme pour Destination Finale, un “jeu du destin”. Avec Destination Finale, on apprenait quand on allait mourir (charmant !), ici, … À vous de voir ! Mais tout ceci après avoir apprécié un conte de fées version troisième millénaire des plus réussis.

 

Anatomie

Avec Franka Potente, Benino Formann, Anna Lods

De Stefan Ruzowitsky

Columbia TriStar Home Vidéo

Vente DVD

++++

Sorti dans un anonymat quasi total, Anatomie bénéficie aujourd’hui d’une sortie vidéo qui va peut-être lui permettre de trouver un succès, ne serait-ce que d’estime. Car loin d’être une énième série B horrifique avec des étudiants et un psycho-killer, Anatomie se distingue par un traitement plus intelligent, un scénario un peu plus élaboré et aussi et surtout par le fait qu’il s’agit d’un film… allemand ! Avant d’aller plus loin, une précision : l’édition DVD propose la version allemande, sous-titrée français bien sûr. Optez pour elle : le doublage anglais est un supplice, en français, c’est un cauchemar !

Admise à la célèbre université de médecine d’Heidelberg, Paula découvre une série de faits inquiétants qui vont la pousser à enquêter sur les activités secrètes du corps médical enseignant. Ses découvertes la plongeront dans un cauchemar aussi glacial que les tables d’opération sur lesquelles elle risque de finir…

D’accord, cela fait un peu “racoleur” mais en même temps, cela restitue bien le climat du film. On pense parfois à Morts suspectes pendant Anatomie, mais uniquement dans son descriptif d’un monde médical, froid, inquiétant. Le reste, Stefan Rusowitsky le veut comme une version plus élaborée, riche et intéressante du renouveau du slasher. Il y parvient relativement haut la main, grâce à une réalisation plus recherchée que certains de ses collègues d’outre-Atlantique. Mais d’un autre côté, comme eux, il cède à la facilité des poncifs un peu lourds et propres au genre, relatifs aux étudiants héros ou victimes de son histoire. Laquelle parvient pourtant à se hisser à un degré plus élevé par un contexte plus machiavélique, démentiel, jusqu’à la chute finale qui fait froid dans le dos, plus peut-être que la simple découverte du tueur masqué. Outre cela, Anatomie possède quelques séquences gores particulièrement réussies dont une au début, sorte de dissection d’une victime qui se réveille en constatant qu’il lui manque pas mal de chair ! Dans son ensemble, Anatomie se révèle être une très bonne surprise dans le genre, et l’on n’en remerciera que d’avantage l’éditeur de proposer une édition DVD nantie de bonus assez riches pour un film qui au départ n’est sorti que dans 3 ou 4 salles. En même temps, l’Allemagne peut s’enorgueillir d’égaler les USA avec ce film alors qu’en France, on a déjà oublié l’expérience malheureuse de Promenons-nous dans les bois.

 

Star Trek 2 : la colère de Khan

Avec William Shatner, Leonard Nimoy, Ricardo Montalban, Kirstie Alley

De Nicholas Meyer

Paramount Vidéo

Vente DVD

++++

On arrive bientôt au bout de la réédition en DVD des Star Trek, donc le coffret ne devrait pas tarder. Mais bon, pour aimer Star trek, il faut être fan. Si ce n’est pas le cas, on aura juste une petite préférence pour un film de la série. Au passage, tout le monde est d’accord sur un point : les pires de tous sont celui réalisé par William Shatner (ST5 : L’ultime frontière) et le dernier, Star Trek : Insurrection (réalisé par Jonathan Frakes). Revoir aujourd’hui La Colère de Khan permet d’apprécier surtout un bon film d’action et de Science-Fiction. Ce second volet constitue certainement un des plus jouissifs de la série question scénario et plaisirs visuels. Comme pour les autres, son édition DVD assure le minimum syndical, à savoir une copie de bonne tenue, et une petite bande-annonce en bonus.

Le capitaine Kirk et son équipage, en se dirigeant vers un laboratoire spatial, vont en fait tomber dans un piège tendu par un brillant criminel, Khan, vieil ennemi juré de Kirk. Comme d’hab’, la survie de l’univers est en jeu, mais l’équipage de l’Enterprise veille au grain.

Tout cela ne fait pas très sérieux mais que demander de plus à l’épopée Star Trek ? Pour une fois, le film privilégie l’action plutôt que les sempiternelles réflexions philosophico-existentielles propres à la série et que les “non-fans” trouvent barbants, voire hilarants. Et La Colère de Khan contient son lot de grands moments de bravoure intersidérale, comme la bataille finale qui est une des plus belles dans le genre. Enfin, ce film voit aussi la disparition de Spock, qui bien sûr sera ramené à la vie dans l’épisode suivant. Bref, par ses péripéties, par son méchant carrément psychopathe (Ricardo Montalban, connu pour être l’hôte de L’île fantastique) et par un rythme réellement soutenu, ce second opus de la plus longue saga intergalactique cinématographique, peut être considéré comme le meilleur. Mais encore une fois, fan ou non, chacun a le sien.

 

7 jours à vivre

avec Amanda Plummer, Sean Pertwee, Nick Brimble

de Sebastian Niemann

M6 Vidéo

Vente VHS & DVD

+++++

Présenté l’an dernier à Gerardmer, tout comme Intuitions d’ailleurs (comme quoi, il n’y avait pas que des aberrations telles que Thomas est amoureux), 7 jours à vivre constitue la preuve flagrante que, lorsqu’un très habile artisan nous ressert une vieille recette mitonnée dans un vieux pot, le résultat est largement plus satisfaisant que bien d’autres films se voulant novateurs ou impressionnants par une surenchère d’effets spéciaux. Archétype du genre ? Hantise de Jan de Bont, bien entendu !

Ellen et Martin Shaw viennent de s’installer dans un vieux manoir, paumé au milieu de nulle part. Tous deux veulent oublier l’affreuse mort accidentelle de leur fils, et Martin, écrivain de son métier, va tenter de retrouver la fibre inspiratrice qui l’a abandonnée à la suite de ce décès accidentel. Mais peu de temps après, Ellen “voit” des messages lui annonçant qu’il ne lui reste plus que 7, puis 6, 5, jours à vivre. Martin ne semble pas contaminé par ces avertissements, mais son comportement change : il devient violent, paranoïaque. Ellen va alors tenter de percer le secret de la maison. Ce qu’elle découvrira sera pire que tout ce qu’elle avait pu imaginer.

Bien sûr que tout cela est déjà vu, on peut même s’amuser à chercher les “sources d’inspiration”. Mais qu’importe. Sebastian Niemann, jeune réalisateur allemand amateur du genre (après Anatomie, le cinéma allemand de genre se réveillerait-il ?) connaît parfaitement ses classiques, se révélant doué dans son domaine, et livre du coup une ghost-story réussie. L’ambiance gothique est parfaitement bien instaurée, le suspense et la terreur s’insinuent lentement et inexorablement dans le récit jusqu’au déchaînement final révélant une hantise qui trouve ses fondations dans les horreurs du passé. S’appuyant aussi sur les épaules d’Amanda Plummer et de Sean Pertwee (un sosie de Russel Crowe : stupéfiant !) qui se sont bien pris au jeu, Sept jours à vivre est tout simplement du pur concentré “d’efficacité classique”. Côté DVD, on est plutôt bien servi : irréprochable question images et son, avec un petit making-of, des interviews des acteurs et la bande-annonce, en plus de celle du très mauvais Fantôme de Sarah Williams (même éditeur oblige). De jolis cadeaux pour une excellente série B d’épouvante, injustement méprisée il y a un an, justement réhabilitée aujourd’hui.

 

Intuitions

Avec Cate Blanchett, Giovanni Ribisi, Keanu Reeves, Katie Holmes.

De Sam Raimi

Film Office Vidéo

Vente DVD & VHS

++++++

Ne vous attendez pas à un énorme Collector, version trois disques, 9 heures de bonus, etc. Si Intuitions constitue le DVD du mois, c’est parce qu’il s’agit d’un véritable petit chef-d’œuvre, servi dans une copie magnifique et qu’il est signé de celui qui risque de se voir propulser au firmament des metteurs en scène si son Spiderman casse la baraque en mai prochain : Sam Raimi. Bien sûr, beaucoup associent Raimi à Evil Dead, et se demandent peut-être comment il a pu se retrouver aux commandes de Spiderman. Entre les 2, il y a tout de même eu Darkman, puis un western baroque (Mort ou vif), un remarquable polar noir (Un Plan simple), une œuvre plus ou moins de commande qui gagne pourtant à être revue (Pour l’amour du jeu, avec Kevin Costner) et dernièrement, Intuitions. Curieusement, un film que même les profanes apprécient énormément, malgré son appartenance à l’épouvante (un genre si souvent et malheureusement dédaigné). Certes, Intuitions fait peur. Mais la grande force du film, ce sont ses personnages, son environnement, un contexte magnifiquement étudié, voir disséqué par Billy Bob Thornton (vu récemment dans The Barber des Frères Coen) qui a écrit le scénario et Sam Raimi qui le met en scène. L’énigme du meurtre qui est au cœur du film étant d’un intérêt tout relatif.

Annie Wilson vit dans le vieux Sud, une bourgade paumée dans les bayous, élevant seule ses 3 enfants. Et Annie vit de son “don” : elle est médium. Un jour, le shérif lui demande de l’aider à retrouver la fille d’un notable disparu. Cette affaire en révèlera bien plus sur les véritables personnalités des uns et des autres, au point qu’Annie devra craindre pour sa propre vie.

Ce qui captive Sam Raimi et le spectateur, ce sont ces personnages, enfermés dans leurs peurs, leurs doutes, leurs bêtises, leurs vices et leur violence. Et sa mise en scène est en parfaite adéquation avec son propos. Avec Intuitions, Sam Raimi prouve définitivement ses grandes qualités de metteur en scène. On les avait bien remarquées dans Un Plan simple, elles sont carrément et définitivement acquises avec Intuitions. Alors, mises au service de Spiderman, au côté de son sens du délire visuel… On comprend l’impatience qui entoure l’arrivée du tisseur de toile sur nos écrans. Mais en attendant, il ne faut surtout pas hésiter à se régaler d’Intuitions, en regrettant cependant un strict minimum décent question bonus : un making-of des plus promotionnels et la bande-annonce. Mais comme le film est un petit chef-d’œuvre…

 

 

She Creature

De Sebastian Gutierrez

Avec Rufus Sewell, Carla Gugino, Gil Bellows

GCTH Vidéo

Vente DVD / VHS

Inédit

+++++

 

Stan Winston, une des stars des effets spéciaux de maquillage coproduit, sous l’égide de Creature Features, des remakes de petits films d’horreur des années cinquante, destinés directement au câble et au marché de la vidéo. Un peu comme Robert Zemeckis et Joel Silver l’ont fait, pour le grand écran, au travers de leur boîte, Dark Castle, pour La Maison de l’horreur et 13 fantômes. 2 titres sont déjà sortis, sur un total actuel de 5, et ce She Creature s’avère largement le meilleur des deux. Le second, The Day the World Ended, étant le médiocre récit des habitants d’une bourgade qui cherchent à taire un lourd secret lié à un gamin et à son père qui ne serait pas de ce monde. She Creature le domine en tout point…

En Angleterre, au début du siècle, le propriétaire d’un cirque découvre chez un riche notable, une véritable sirène. Il l’enlève, et décide de se rendre aux États-Unis où cette attraction lui amènera gloire et fortune. Mais lors du voyage, la sirène charme et tue avant de révéler son vrai visage.

On nage en plein Lovecraft ou mieux, William P. Hodgson, romancier fasciné par les légendes et les monstres marins. Le mélange de ces deux influences donne un ton original à cette histoire, qui baigne dans un fantastique gothique du temps jadis. Par petites touches, on comprend progressivement que les choses sont bien pires qu’il n’y parait, et ce n’est que vers la fin que nous apparaîtra la véritable créature, sorte de monstre à la Léviathan croisé avec la reine des Aliens ! Mais pour une fois, le récit demeure passionnant tout au long de l’histoire, les effets spéciaux ne supplantant jamais l’intérêt du récit. Et pour ne pas léser les amateurs de monstres ou de détails extraordinaires, la sirène nous est dévoilée de temps en temps, et constitue la plus réaliste des représentations de ce genre de créature jamais vue à l’écran. She Creature se révèle donc une excellente surprise, et son jeune auteur, Sebastian Guttierez (on lui doit un polar très moyen, lauréat du prix de la critique à Cognac, Judas Kiss) gagne ici une très belle carte de visite pour son avenir. Dommage par contre que l’édition DVD n’ait pas été plus riche : un petit tour dans les studios Winston eût été des plus attractifs. Par contre, le format est cinéma et non pas télévisuel, donc un beau 16 /9e est appliqué sur le 1.85 de l’image. Au moins ça, et la vost et le film… Déjà bien !

 

Mortelle St Valentin

De Jamie Blanks

Avec Denise Richards, David Boreanaz, Katherine Heigl

Warner Home Vidéo

Vente DVD

++++

 

En février, Paramount Vidéo sort, à raison d’un titre par mois, les Vendredi 13 (en commençant par le deuxième, vous saurez pourquoi en lisant l’article s’y rapportant). Aujourd’hui, plus de 20 ans après le début de la déferlante du slasher ou du psycho-killer movie (faites votre choix quant à la dénomination de ce genre très limité, où les navets sont plus légion que les réussites) voici un des derniers ersatz de la résurrection du genre, Mortelle St Valentin. On le doit à Jamie Blanks, jeune cinéaste formé au clip vidéo, fan du genre, comme le prouve son très bon premier film, Urban Legends (j’en vois dans le fond qui disent : aaah, c’était lui !!! Ben oui, c’est lui !). Pour cette nouvelle incursion au grand royaume des tueurs fous et des meurtres sauvages, Blanks s’attache ici à un trauma de l’enfance (je sais, ce n’est pas une grande nouveauté) à savoir un pauvre jeune garçon, bon certes pas très jojo tant physiquement qu’intellectuellement qui se fait méchamment éconduire par un groupe de petites pestes. Mignonnes mais pestes quand même. 15 ans plus tard, elles sont devenues plus grandes tout en restant assez pestes. Et à l’aube de la St Valentin, elles cherchent Le Prince Charmant. Elles commencent à recevoir de curieuses lettres, d’abord poétiques, enflammées puis carrément morbides. Et l’hécatombe commence, quelqu’un ayant décidé de les supprimer une par une…

Qu’est-ce qui fait l’attrait d’un tel film, qui à première vue respecte le schéma lambda du genre ? Des petites trouvailles scénaristiques, un ton différent et quelqu’un qui sait réaliser (et Dieu sait que c’est sur ce dernier point que beaucoup de slashers pêchent : une bonne réalisation peut rattraper un scénario faiblard, y’a qu’à voir Urban Legends 2). Jamie Blanks est donc un fan du genre, il œuvre donc avec aisance dans son histoire. Il lui donne un ton cruel, tant de la part des victimes que du tueur (qui s’amuse vraiment à tuer, voir pour cela la scène du jacuzzi), sait soigner son suspense et livre au bout du compte un slasher qui tient la route et arrive à surprendre. Certains diront que c’est faible, mais vu le genre, c’est déjà bien, et c’est ce qui distingue Mortelle St Valentin des pires titres de l’histoire du slasher comme Graduation Day, Le Sadique à la tronçonneuse, et quelques dizaines d’autres. En plus, troisième millénaire oblige, la technique est au top, le DVD propose donc une superbe copie du film, et un peu de bonus dont on retiendra un making-of promotionnel normal, et un commentaire audio de Blanks, bien moins expansif que sur celui d’Urban Legends.

 

Faust

De Brian Yuzna

Avec Mark Frost, Jeffrey Combs, Isabel Brook, Andrew Divoff

Studio Canal Vidéo

Location VHS

Inédit

+++

 

Allez savoir pourquoi, mais beaucoup mettaient les plus grands espoirs sur ce film, adaptation d’un comics d’une extrême violence et nouvelle variation du mythe de Faust. Sa fiancée venant d’être assassinée sous ses yeux, John Jaspers ne supporte plus de vivre et décide de se suicider. Apparaît alors le mystérieux M. (pour les ignares : M. comme Mephistopheles, soit Lucifer, ou Satan ou Damien Thorn, à vous de choisir…). Ce dernier lui donne des super-pouvoirs comme des griffes rétractables à la Wolverine (oui, des X-Men, suivez un peu !), un look démoniaque à faire peur au plus valeureux, et tout ça en échange de son âme. Ivre de vengeance, Jaspers accepte puis renie son “contrat”. Trahi par M, Jaspers reviendra à la vie sous les traits d’un Faust encore plus dévastateur, violent et sanguinaire.

Donc, beaucoup espéraient… C’est vrai qu’on garde en mémoire dans un style voisin l’exécrable Spawn. Hé bien, au final, on peut dire que Faust s’avère meilleur que Spawn (facile !) tout en étant relativement bâclé, proche du Z et pourtant assez sympathique. Ce qui est tout à fait normal vu qu’il s’agit d’un film de Brian Yuzna, à qui l’on doit Society, Ré-Animator 2, Douce nuit sanglante nuit 4 (qui n’est pas du tout un slasher, mais un shocker ayant la déesse Lilith comme héroïne), Le Retour des morts-vivants 3 (excellent !), Progeny et Le Dentiste 1 & 2. Aucun chef-d’œuvre là-dedans, puisque loin d’être un maître dans son art, Yuzna se distingue avec des idées frappadingues où sexe et horreur sont les guest-stars. Et Faust ne déroge pas à la règle. On frôle souvent la série B fauchée, ou la Z friquée, et tout ça fait bien piètre figure dans le domaine des super-héros maléfiques. Certes, Spawn était nul, mais au moins, son costume sauvait un peu les meubles. Là, ça fait un peu collant de plastique. Dommage parce qu’en parallèle, on ne s’ennuie jamais, le sang coule à flots lors de séquences barbares, et Yuzna nous gratifie d’au moins une scène où les plaisirs de la chair prennent un petit côté vicié et pourri. Ici, les excès de l’âme damnée de M. la voient se transformer en un simple amas de chair où surnage sa bouche, l’ensemble prenant alors des airs de… Gigantesque trou du cul ! (bon allez Stéphane maintenant tu vas te reposer. NDR) Et il y a Faust. Si son allure ne prêtait pas si souvent à rire, il ferait vraiment illusion, et l’on aurait alors enfin le premier vrai super-héros de cinéma psychopathe, assoiffé de sang, adaptation réussie du comics au live, mais complètement loupé ici. Encore une fois, qu’est-ce que vous attendiez d’un film de Brian Yuzna, si ce n’est de voir simplement le nouveau film de Brian Yuzna…

 

 

 

 

 

Cash Reese Glass Shadow

De Michael Schroeder

Avec Angelina Jolie, Elias Koteas, Billy Drago, Jack Palance

Metropolitan Vidéo

Vente DVD & VHS - inédit

+++

 

Pour un autre film, j’ai dit qu’un bon artiste derrière la caméra pouvait sauver un film ayant un mauvais script. Cash Reese est la preuve qu’il y a des exceptions : ici tout est mauvais. À la base, il y a Cyborg, le Van Damme réalisé par Albert Pyun, un des meilleurs films de l’un comme de l’autre. Un côté un peu western-spaghetti baroque, sadique, violent, style Keoma auquel Cyborg ne se gêne pas de piquer des idées. Cash Reese Glass Shadow s’intitule initialement Cyborg 2. Une firme du futur a développé les cyborgs parfaits, au point de les transformer en bombes ambulantes qu’on envoie chez les concurrents pour les éliminer. Cash Reese en est une, mais elle possède une once d’intelligence en plus qui la pousse à s’échapper du centre. Aidé par un humain, un héros de chair et de sang, Cash va tenter de gagner un sanctuaire où les robots vivent en paix avec des humains et où elle pourra couler des jours paisibles avec son “héros”, faire du jardinage, etc.

Je ne blague pas, à la fin c’est ça. Bon, plusieurs choses sur ce film. Angelina Jolie est devenue star avec Tomb Raider (pas mal mais loin d’être un chef-d’œuvre…) donc on comprend mieux pourquoi ce Cash Reese sort alors qu’il date de 1993. Hé oui, quand même, et croyez-le, elle n’est pas aussi jolie qu’aujourd’hui, Angelina… Dans le film, on voit des passages du premier Cyborg, pour bien établir le lien avec un film vieux de neuf ans. Et c’est tout. Le reste constitue les éléments d’un nanar comme on n’en fait plus : poursuites dans des couloirs d’usines, arts martiaux de pacotille distillés par un cyborg, trois effets spéciaux pourraves, des dialogues effarants de pseudo-réflexions philosophico-post atomiques, etc. Un nanar, un vrai, un pur de dur, avec la guest-star indispensable pour faire vendre le produit (en 1993, Angelina Jolie ne faisait pas un kopeck en salles !), ici Jack Palance dont on ne voit surtout que la bouche pendant les trois quarts du film, dans un poste de télévision ! Alors, il y a quand même derrière la caméra Michael Schroeder, un petit nom qu’on avait retenu bien avant pour un slasher bien troussé, Out of the Dark (un tueur affublé d’un masque de clown qui occit les hôtesses d’un téléphone rose) et surtout pour Dead on : Relentless 2, polar noir, le meilleur de la série des Relentless (ayant pour héros Leo Rossi, le sosie de De Niro, physiquement seulement, poursuivant à chaque fois un serial-killer implacable) où le tueur était un espion soviétique interprété par Miles O’Keefe, hyper impressionnant. Bref, on avait noté Michael Schroeder dans un coin de notre mémoire. Bonne nouvelle : grâce à Cash Reese Glass Shadow, on va faire du ménage et on va le virer. Enfin, même le DVD fait dans le strict minimum, mais au vu du film, personne n’aurait été faire un tour sur les bonus !

 

Le Tueur du

vendredi

De Steve Miner

Avec Amy Steel, Warrington Gillette

Paramount Vidéo

Vente DVD

+++

 

Ca y est, la saga Vendredi 13 arrive en DVD ! Ne vous attendez cependant pas à des éditions Collector avec des reportages inédits, il s’agit juste des films, format respecté et version originale sous-titrée quand même, dans des copies moyennes. Dernière précision : cela commence par l’opus 2 chez nous. Hé oui, le premier ayant été distribué en France par Warner Bros., et non pas par Paramount comme aux USA, logiquement Paramount Vidéo commence donc la saga par Le Tueur du Vendredi. Ne vous attendez pas non plus à aller jusqu’au 9 puisque ce dernier provenait de chez New Line, donc Paramount clôturera la saga avec Jason in New York (en français, L’Ultime retour). On attend aussi impatiemment le délirant et excellent Jason Goes to Hell en DVD, pas l’édition française tronquée sortie il y a quelques mois chez Seven Sept (alors que Metropolitan Films, distributeur français, avait passé l’intégrale au 1er festival de Gerardmer… Parfois, on a du mal à comprendre des choses à priori évidentes…) mais celle bourrée de bonus que nous avait confirmé son réalisateur, Adam Marcus l’an dernier à Deauville. Bon, terminé pour les potins et considérations diverses, passons au Tueur du vendredi. Qui est donc le premier film de la saga Vendredi 13 à réellement créer le personnage du plus increvable des psycho-killer du cinéma d’horreur, Jason Voorhees. Parce que dans le premier, le tueur c’était… Sa maman ! Bravo, il y en a qui ont vu Scream, c’est bien, les enfants ! Malheureusement, ce Tueur du vendredi est aussi un des moins bons de la série. C’est le slasher le plus basique qu’on puisse imaginer (dans un camp de vacances, des jeunes sont massacrés par un tueur cagoulé avec un sac de toile qui veut venger la mort de sa maman tuée par d’autres jeunes un an plus tôt : on ne peut pas faire plus simple !), réalisé par un jeune inconnu qui s’est largement rattrapé par la suite. Faut dire qu’avant, il n’avait jamais tenu une caméra, ceci explique cela. Depuis, on doit à Steve Miner House (excellent), Halloween 20 ans après (très bien) et Lake Placid (hyper fun), plus d’autres qu’on peut facilement oublier dont Vendredi 13 n° 3, sous-titré à l’époque Meurtres en 3D. Aujourd’hui, on l’appelle Le Tueur du Vendredi 2. Ouais, par moments, l’originalité dans les Vendredi 13, c’est pas vraiment ça… Pour revenir à cette première séquelle, ce n’est pas encore ici que Jason arborera son célèbre masque de hockey mais dans l’épisode suivant. Comme la plupart des autres films, celui-ci est coupé questions scènes gores, et paradoxalement, le premier, pourtant très hard visuellement (les maquillages étaient de Tom Savini, qui n’y revint plus) fut certainement le film le plus complet. Donc, ces scènes étant les cerises sur le gâteau de chaque film, si on les enlève, il ne reste plus grand chose à se mettre sous la dent. Mais pour l’amateur, un Vendredi 13 reste regardable (malgré des acteurs qui jouent quasiment tous comme des pieds, aucun film n’est nullissime !), et celui-ci ne sera qu’un épisode dans la saga, celui où Jason arrive, renaît plutôt, on n’a jamais compris comment mais bon, c’est Vendredi 13. Alors, en attendant les meilleurs de la série que sont (dans l’ordre) Jason le mort-vivant (n° 6, gothique, drôle, génial !), Un Nouveau défi (n° 7, avec une télékynésiste, donc assez fantastique) et Le Chapitre final (n° 4, où Jason meurt… Le n° 5, c’est un copycat qui prend sa place !), ce Tueur du Vendredi reste à revoir avec un petit brin de nostalgie pour certains, par (petite) curiosité pour d’autres. Et puis bon, on peut aimer les Vendredi 13 : après tout, il y en a bien qui délirent sur Star Trek !

 

Obsession

De Brian de Palma

Avec Cliff Robertson, Geneviève Bujold, John Lithgow

Film Office Vidéo

Vente DVD édition Collector

+++++

 

En ce début de troisième millénaire, il est bon de revoir, via les DVD, les films de metteurs en scène qu’on avait installés sur des piédestaux et qui depuis quelque temps ont tendance à chuter grave pour se retrouver en bas de l’échelle. Donc, dans le lot des cas les plus dramatiques, on trouve George A. Romero qui avec son dernier film, Bruiser, a laissé tout le monde sans voix : c’est nul, vraiment ça fait mal de dire ça d’un Romero mais bon, c’est ainsi. Lui par contre, s’en montre grandement satisfait. Ensuite, on trouve aussi Dario Argento. Lui, on ne sait plus quoi faire : chaque nouveau film est jugé mauvais mais il devient meilleur quand sort le suivant ! Enfin, il y a Brian De Palma. Le virtuose, le Maître, qui se ridiculisa avec L’Esprit de Cain avant de remonter la pente avec L’Impasse, Mission : Impossible et Snake Eyes pour mieux se prendre une gamelle avec le pathétique Mission to Mars. Bon, on reconnaît quand même que comparé à ses collègues cités précédemment, sa situation est moins grave. Mais quand même, il y eut un temps où De Palma était un ténor du suspense dans le septième art, celui qui ne cachait pas son admiration pour Hitchcock au point de refaire quasiment certains de ses films. Et Obsession appartient à cette époque, c’est même le film de De Palma le plus proche de ce que le grand Alfred aurait pu réaliser.

Suite au drame qui lui enleva sa femme, Michael Courtland s’exile en Italie. Là, il rencontre Sandra. Il la ramène chez lui mais le jour du mariage, Sandra est enlevée, et une rançon est exigée. 20 ans auparavant, Michael avait perdu sa femme dans des circonstances analogues…

Revoir Obsession aujourd’hui, c’est replonger avec plaisir dans ce que Brian de Palma fait de mieux : jouer avec sa caméra dans des situations émotionnellement très fortes qui basculent soudain dans la peur, la menace et la mort. Le suspense s’installe progressivement mais inexorablement, emprisonnant autant les protagonistes que le spectateur dans un maelström d’images vertigineuses dont on a du mal à se sortir. Dans cet exercice de style, Obsession est un fleuron du Maître de Palma, auquel la musique envoûtante de Bernard Herrman (encore un emprunt à Hitchcock) s’accorde parfaitement pour livrer un modèle du genre. Regarder après ça Mission to Mars, ça fout une claque ! Ce DVD est donc indispensable dans la DVDthèque de De Palma, servi par une copie superbe (le film a 25 ans quand même), et agrémenté d’un bonus de taille : un documentaire inédit sur le film, un retour aux sources pour les protagonistes, orchestré par Laurent Bouzereau. Ça fera patienter en attendant Blow Out et surtout l’édition Collector (même que le zone 1, sous-titres en plus) de Pulsions, sorties prévues pour mars 2002, et Outrages qui suivra juste après. Pour l’instant, savourez Obsession, un excellent cru 1975 signé Brian De Palma.

 

 

 

Un Frisson dans la nuit

De Clint Eastwood

Avec Clint Eastwood, Jessica Walter, Donna Mills

Universal Vidéo

Vente DVD

+++++

Cela fait maintenant 30 ans que Clint Eastwood a réalisé son premier film, Un Frisson dans la Nuit. À l’époque, John Cassavetes lui fit même remarquer que ce long-métrage aurait pu avoir la signature d’Alfred Hitchcock tant il se rapprochait de ces suspenses qui donnèrent ses lettres de noblesses à la carrière de Sir Alfred. Concernant le DVD, on peut être étonné, au vu de la richesse de ce qui nous est proposé, en plus d’une très belle copie, qu’aucune indication “Édition Anniversaire” ou “Édition Collector” ne soit apposée sur la jaquette. Car côté bonus, ce n’est pas l’avarice loin de là : pour cette ressortie événementielle, Laurent Bouzereau, spécialiste des documentaires sur les films qu’on ne présente plus (c’est un poulain de Spielberg, c’est grâce à lui qu’il a débuté), a demandé à Clint Eastwood, Jessica Walter et Donna Mills de se replonger 30 ans en arrière pour revenir sur ce tournage. Pendant 45 minutes, on en apprend un peu plus sur le gars Eastwood, sur son professionnalisme, et sur la passion qu’il mit dans ce projet. Aujourd’hui, Un Frisson dans la Nuit est un classique, que certains trouveront un peu “cul-cul la praline” lors de séquences romantiques stéréotypées mais qui, comme le fait si bien remarquer Eastwood, avaient parfaitement leurs places à l’époque, dans un film qui bouleversa pas mal de clichés.

Dave est disc-jockey dans une station locale. Tous les soirs jusque tard dans la nuit, il séduit son auditoire avec son choix de musiques lancinantes, très portées sur le jazz. Une auditrice lui demande systématiquement un morceau, Misty, que Dave lance rien que pour elle. Un soir, il rencontre une jeune femme, Evelyn. Il découvre que c’est elle qui adore Misty. Après une nuit d’amour, Evelyn s’incruste dans la vie de Dave au point de croire qu’il est l’amour de sa vie. Le refus de ce dernier transformera la tranquille fan de Misty en une implacable psychopathe qui préférera voir Dave mort plutôt que dans les bras d’une autre.

Une histoire qui rappelle… Liaison Fatale ? Et pour cause : dans l’interview Eastwood, ne se gêne pas pour qualifier ce film de remake d’Un Frisson dans la nuit. Et il a entièrement raison. En 1971, Eastwood bouleversera quelques habitudes : son film sera entièrement réalisé en extérieur, il n’hésitera pas à montrer plus de sang que de coutume faisant flirter son thriller avec l’épouvante, et le sexe sera bien plus présent que dans les classiques productions hollywoodiennes de l’époque. Tout cela, on l’apprend dans le reportage de Bouzereau, ainsi que d’autres anecdotes telles la présence du réalisateur, et quelque part mentor d’Eastwood, Don Siegel dans le rôle d’un barman. Et surtout, on constate qu’il y a trente ans, Clint Eastwood ne réalisait pas un film par caprice mais par envie, passion et que tout son professionnalisme, ses qualités étaient déjà bien présentes. Trente ans après, ces souvenirs sont intacts et sont un vrai cadeau pour cette édition qui mériterait vraiment le label Collector.

 

 

The Hole

De Nick Hamm

Avec Thora Birch, Laurence Fox, Keira Knightley

PATHE Vidéo

Vente DVD

++++

Lors du 19e Festival du Film Policier de Cognac, ce film obtint le Prix Spécial Police, décerné par un jury composé de professionnels de la police venant de tous horizons (il y en avait même un qui venait de Scotland Yard). Ces derniers regrettèrent qu’aucun film alors présenté ne soit vraiment un polar dans le sens le plus classique du terme. Ils donnèrent donc leur Prix à The Hole qui contenait selon eux certains de ces éléments, tout en reconnaissant aussi qu’il possédait un climax étrange, aux limites du fantastique…

Quatre étudiants d’une grande université britannique décident d’échapper à une sortie en groupe en se planquant dans une sorte de “bunker” perdu dans les bois. Ce qui au départ n’était qu’un jeu tourne au drame quand ils s’aperçoivent qu’ils sont vraiment enfermés dans leur cachette. 18 jours plus tard, seule Liz réapparaît, les vêtements déchirés, en état de choc, et maculée de sang. Une enquête démarre, qui débouchera sur la révélation d’un vrai cauchemar.

Sur le thème très en vogue dernièrement de “vie et mœurs et morts violentes chez les adolescents”, qui atteint son apogée avec la résurrection du slasher via Scream, The Hole apporte une bonne dose d’originalité. Le groupe n’est constitué que de quatre personnes, enfermées dans un endroit exigu. Ils vivent en communauté forcée, piégés dans leur trou à rats, on sait dès le départ qu’il n’y aura qu’une survivante, et qu’il y aura des morts violentes. Préférant s’intéresser à la psychologie de chacun des protagonistes pour mieux les faire basculer vers leur pendant maléfique et psychotique durant cet emprisonnement, Nick Hamm livre un suspense claustrophobe de la meilleure veine, oppressant à souhait et dont on ne peut deviner l’issue… à part l’identité de la rescapée. Mais, plus que le suspense, c’est le malaise qui est maintenu. Jusque dans l’ultime regard de Liz. Commençant donc comme un polar pour se terminer dans la terreur, The Hole se révèle une excellente découverte, une des meilleures depuis longtemps dans le cinéma britannique. L’édition DVD montre quelques efforts non négligeables sans pour autant être à la hauteur d’un quelconque collector : 9 scènes inédites d’un intérêt des plus que relatif, compensées par contre par le commentaire audio, en vostf, de Nick Hamm. Ou comment confirmer que ce film n’a jamais voulu jouer la carte d’un Scream d’outre-Manche.

 

Earth vs. the Spider

De Scott Ziehl

Avec Dan Aykroyd, Theresa Russell, Devon Gummersall

Gaumont Columbia TriStar Home Vidéo

Vente DVD & VHS

+++

Il s’agit du troisième film sorti de la collection Stan Winston Creature Feature, directement destiné à la vidéo mais bénéficiant quand même de moyens relativement conséquents. Comme les deux précédents, il s’agit là encore du remake d’une petite série b des fifties, remise au goût du jour et bénéficiant d’effets spéciaux de maquillage tout droit sortis des studios Winston.

Quentin est vigile pour un grand laboratoire de génétique. C’est aussi un fan de comics dont le rêve secret est de posséder le même genre de super-pouvoirs que les héros dont il lit les aventures en bandes dessinées. Un jour, une attaque a lieu dans le laboratoire. Son collègue se fait tuer et Quentin ne sait comment réagir. S’emparant d’un mystérieux sérum, provenant d’araignées devenues quasiment indestructibles, Quentin se l’inocule. Les effets sont rapides : sa force décuple, il prend de l’assurance, mais en même temps, il se métamorphose, et sa nourriture de prédilection devient la chair humaine.

Ça commence comme Spiderman, et ça se termine comme La Mouche. Respectant parfaitement les créneaux de la série B, Scott Ziehl livre un film sympathique dont on sent pourtant parfois les limites scénaristiques. En parallèle à l’implacable destin qui s’abat sur Quentin, on a droit à une enquête policière d’un flic qui n’y croit plus et qui délaisse sa femme : ça, c’est le couple star, Dan Aykroyd-Theresa Russell. Et c’est le point faible de Earth vs. the Spider. Car tout le reste marche : de la passion de Quentin pour les comics, avec des inserts de pages de B.D., aux progressives transformations en monstre qui l’affectent, le résultat est relativement satisfaisant. Et qu’importe si l’ombre du film de Cronenberg plane sur la dernière moitié : Earth vs. the Spider ne cherche jamais à égaler ce chef-d’œuvre mais simplement à s’en inspirer pour tirer vers le haut son statut de série B.

Une fois encore, comme pour She Creature, on regrettera que l’édition DVD ne soit pas plus riche, en s’intéressant d’une part au monde des comics, ou ne serait-ce que par une visite dans l’antre des studios Winston. Pour le reste, rien à dire, c’est parfait. Ce qui constitue déjà un bon petit bonus pour une bonne petite série B.

 

Lara Croft Tomb Raider

De Simon West

Avec Angelina Jolie, Iain Glen, Jon Voight

Paramount Vidéo

Vente DVD Collector & VHS

+++

Soyons francs et honnêtes (comme d’habitude donc !) : Lara Croft Tomb Raider fut loin d’être le retour de la grande aventure telle qu’on pouvait le rêver, malgré Angelina Jolie. Car s’il y a une seule vraie réussite dans ce film, c’est elle : collant à la peau de son personnage, parfaite athlétiquement, bref Lara Croft, c’est elle. Ouais. Mais le film, lui, ce n’est pas vraiment ça. Sans être aussi impitoyable que la grande majorité de ses détracteurs, force est de reconnaître que le film est un peu un melting-pot de tout et n’importe quoi. Incapables de cerner un vrai récit, reprenant ce qui fit le succès du jeu vidéo, la flopée de scénaristes qui se succéda sur le film n’accoucha en fait que d’un grand bazar, aux rebondissements absurdes.

Lara Croft, héritière milliardaire et grande aventurière, doit retrouver les morceaux formant le Triangle Sacré qui donnera la toute puissance à ceux qui le possèdent. Passant d’un continent à l’autre, Lara va donc tout faire pour contrecarrer les plans des méchants Illuminati, une secte dont le seul but est de détruire l’humanité.

Un résumé qui sonne un peu bas du chapeau, mais qui rend bien compte de la richesse d’inspiration du produit. Au lieu d’adapter en film un jeu vidéo bourré d’excès (comme tous les jeux vidéos), on a donc droit à… Un jeu vidéo. Alors, d’accord, on peut apprécier quand même le spectacle mais quel regret de constater que la naissance d’un tel personnage au cinéma n’eût pas été mieux inspirée. Lara Croft, la pilleuse de tombes, attend donc un second volet de ses aventures au cinéma pour redresser la barre. Maintenant, le film a remporté un certain succès public, et l’édition DVD propose une ribambelle de bonus qui lui donne le titre de Collector. Outre les inévitables making-of promotionnels, on retiendra surtout le reportage sur l’entraînement physique d’Angelina Jolie qui montre bien son investissement dans le rôle, la dissection des effets visuels, l’étude au microscope des cascades, et surtout le commentaire audio de Simon West (plus inspiré et créatif sur Les Ailes de L’Enfer ou Le Déshonneur d’Elisabeth Campbell). Croire en la sincérité de ses propos est bien difficile, car par moments, le ratage est trop flagrant. Et le spectacle, même présent, se révèle amer et frustrant.

 

Shrek

De Andrew Adamson et Vicky Jenson

Avec les voix (en vo) de Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz et Alain Chabat (en vf)

Dreamworks Vidéo

Vente DVD

++++

Produit sous la bannière de Dreamworks, le studio monté par Steven Spielberg, David Geffen et Jeffrey Katzenberg, c’est surtout ce dernier qui se devine derrière Shrek. Ancien pilier de chez Disney, Katzenberg a toujours plus ou moins en travers de la gorge d’avoir été viré de chez Mickey. Et avec Shrek, il règle ses comptes.

Shrek est un ogre, mandaté par la communauté du marais pour aller délivrer la princesse Fiona, accompagné pour cela d’un âne insupportablement bavard. Lors de ce périple, le trio vivra bien des aventures, des rencontres, et des révélations avant que tout cela finisse comme dans un conte de fées… Ou presque !

Et donc, Katzenberg s’en donne à cœur joie. Les “piques” lancées contre le géant Disney fusent, comme tout ce qui a rapport aux chansons, aux mièvreries, au respect des bonnes manières, etc. Dans Shrek, les contes de fées en prennent pour leur grade. Le langage est limite ordurier, on pète, on rote, on est bourré de défauts. C’est là la grande réussite du film, plus que l’animation qui n’est pas d’esthétisme renversant (ça risque de mal vieillir). L’humour fait mouche, le scénario est réellement inventif, et nous rappelle tous ces beaux contes édulcorés par Tonton Disney pour la plus grande joie des ligues bien pensantes. Car à la base de certains contes, que ce soient ceux de Perrault ou pire encore, ceux des frères Grimm, les histoires sont noires et brutales. Shrek remet donc un peu les pendules à l’heure, sans pour autant être le chef-d’œuvre tant annoncé. Mais le plaisir est là, et les concepteurs du DVD l’ont bien compris : le côté technique révélé est bien moins passionnant et drôle que les interviews truquées, ou les séquences de doublage international. Cerise sur le gâteau : un karaoké dans le marais en compagnie de Shrek et ses amis. Y’a pas à dire : c’est rigolo et les enfants vont adorer. Disney n’a encore jamais fait ça… sauf pour le génial Kuzco. Ce fut un échec, le studio n’y croyant pas. Shrek est par contre parmi les 5 plus gros succès de 2001. Va falloir revoir certaines recettes…

 

La Planète des singes

de Tim Burton

avec Mark Wahlberg,

FPE Vidéo

Vente VHS & DVD édition Collector

++++

Signé Tim Burton, La Planète des Singes était un des remakes les plus attendus de ce début de millénaire. L’original (on s’en tiendra juste au premier film) a acquis son statut de film-culte en révolutionnant la science-fiction de papa. Aujourd’hui, en 2002, le film de Franklin J. Schaffner a pris un sérieux coup de vieux non pas sur ses décors, son contexte, voir même son scénario mais plutôt sur… les maquillages, hé oui. Et justement, la plus grande des qualités du film de Burton, ce sont… les maquillages. Comme on peut le voir, on ferait un mélange des deux, on obtiendrait l’ultime Planète des Singes. Bon, le résultat est tout de même loin d’être catastrophique, mais de la part du créateur de Batman le Défi (le seul chef-d’œuvre de la saga), d’Edward aux Mains D’Argent, de Sleepy Hollow, on s’attendait à un résultat extraordinaire, visionnaire sur ce bond dans le temps que fait notre bonne vieille Terre. L’histoire est sensiblement la même, un astronaute est propulsé dans le futur en partant à la recherche d’un chimpanzé lancé comme cobaye dans l’espace (déjà, là, comme prologue…). Pris dans une tempête magnétique, il s’écrase sur une planète où l’homme est l’espèce primitive et le singe l’espèce dominante et “intelligente”. En un temps record, il fomente une rébellion, découvre la vérité sur la planète des singes, élimine le dictateur (!), ramène l’espoir pour l’évolution de ce monde lointain, repart à son époque et découvre… Et là, hé bien on reste stupéfait : autant la fin de la première version nous hante encore, autant celle-ci peut nous faire rire ou réfléchir à ne plus savoir que faire de ses neurones. Le projet semble donc avoir échappé au génie créateur Burtonien, dont on ne retrouve la patte qu’en de rares occasions. Les décors réduisent la planète à une seule ville, Mark Wahlberg est aussi expressif qu’un chou-fleur et le plus flagrant, c’est que le film manque de souffle, d’ampleur malgré l’incontestable réussite et la crédibilité du monde simiesque (pour son travail, Rick Baker mériterait l’Oscar sans problème). Certaines vérités sur nos sociétés actuelles sont disséminées dans le scénario, lors des discussions entre humains et singes, mais l’ensemble manque cruellement d’homogénéité, à cause certainement de la pression d’un studio voulant d’abord et avant tout un grand film de science-fiction plutôt qu’une version personnelle signée Tim Burton. Maintenant, ce fut certainement un des meilleurs spectacles de 2001 que l’édition DVD prolonge avec des bonus conséquents. Bien sûr, on se jettera sur le commentaire audio de Tim Burton, mais ne vous attendez pas à de grandes révélations. Si au détour d’une phrase, on sent une petite amertume, c’est tout ce qu’on aura sur ce que pense vraiment Burton du film. Autrement, on a droit à plusieurs reportages making-of incluant aussi les séances d’entraînement et de maquillages (énormes, et si magnifiquement expressifs), 5 scènes inédites, et surtout un gadget intéressant : voir certaines séquences du film en version multifenêtres, c’est-à-dire où vous pouvez voir et une scène et simultanément son tournage. D’accord, ça casse un peu la magie, mais le procédé vaut le coup d’œil. Un superbe produit donc, mais qui ne cachera pas complètement la relative déception de ce remake.

 

Jurassic Park III

De Joe Johnston

Avec Sam Neill, Tea Leoni, William H. Macy.

Universal Vidéo

Vente DVD, coffret Collector & VHS

+++++

Il faut bien l’avouer : Jurassic Park III est le meilleur épisode de la trilogie. Hé oui, certains vont hurler, crier à l’infamie, mais c’est ainsi. En plus, s’il avait été le premier à sortir, il aurait certainement pulvérisé les chiffres du Spielberg. Car si comme pour le premier, on y voit des dinosaures “en chair et en os”, Jurassic Park III dure moins longtemps (donc plus de séances) et se révèle beaucoup plus fun !

Huit ans après avoir été témoin de la résurrection de ces monstres préhistoriques dont il étudie à longueur de journée les ossements, le professeur Grant se voit proposer par Paul Kirby (William H. Macy, génial) et sa femme Amanda (Téa Leoni, craquante) de repartir “là-bas”, juste pour un petit safari photo vu du ciel. En réalité, après l’atterrissage, les Kirby révèlent à Grant qu’ils sont à la recherche de leur fils, Eric, disparu sur l’île qu’il visitait en compagnie de son beau-père. Coincé, Grant accepte de rechercher Eric tout en s’activant à quitter l’île aux dinos. Mais ce qu’il n’avait pas prévu, c’est que de nouveaux dinosaures sont apparus sur ce site, et que certains volent : les ptéranodons !

Jurassic Park III joue à merveille la carte du serial, ces vieux récits bourrés d’aventures, complètement invraisemblables, mais totalement fous dans une succession d’exploits incroyables. Les Tarzan, Jim La Jungle, Frank Buck, et surtout Doc Savage… Et c’est dans cette mouvance que s’inscrit Jurassic Park III. Là ou Spielberg péchait par un ton sérieux qui minait ses deux films, Joe Johnston et ses scénaristes transforment ce troisième volet en une folle course-poursuite où le but premier est d’échapper à tout ce qui n’est pas humain, mesure plus de 3 mètres, possède des dents de la taille de poignards et ne songe qu’à bouffer de la chair fraîche. Dans un tel contexte, on n’a bien sûr pas le temps de s’attarder sur le pourquoi du comment, et c’est là une des grandes forces du film. À laquelle on rajoutera un humour bienvenu, logiquement issu de la nervosité qu’une telle situation peut engendrer. Venant en plus des effets spéciaux, Johnston sait parfaitement filmer toutes les séquences de monstres, allant à l’essentiel pour nous plonger en plein cœur de l’action. Certes, tout n’est pas parfait : le combat monumental entre le T-Rex et le Spinosaure est trop bref, et la fin est assez expéditive. Mais dans le genre de pur entairtainment, distrayant, époustouflant (la séquence de l’arrivée des ptéranodons est tout simplement extraordinaire), jouissif, Jurassic Park III devance sans problème ses prédécesseurs. L’édition DVD se révèle aussi riche que les deux autres : toutes sortes de making-of y sont inclus, l’incontournable comparaison entre le story-board et les séquences du film, les commentaires audios de l’équipe des effets spéciaux (faut vraiment aimer, là…) et enfin, deux bonus un peu originaux : la visite des studios ILM et aussi, plus intéressante, celle des studios Stan Winston. On se croirait dans un magasin de jouets pour grands gamins. L’ultime DVD Collector rajoute à tout ça la bande originale, des images du story-board et le désormais classique morceau de pellicule. Mais d’abord, pour le pur spectacle, dans des conditions optimales, il y a l’excellent film Jurassic Park III, tout simplement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

<:TD>